Il est difficile de faire un choix quant aux outils essentiels dans l’élevage de l’alpaga parce que chaque petit article semble tellement pratique quand on l’a sous la main au moment opportun !
Même s’il est possible de s’équiper sommairement pour environ 3000$, j’ai pourtant cumulé dans mes armoires nombre de petits «outils bonus» qui me semblent tellement pratiques !
J’ai tenté malgré tout de faire un tri pour ne garder que l’essentiel, à savoir sans quoi il est vraiment difficile de bien démarrer l’élevage et d’y être efficace.
Certains s’en sont passés… mais avec les risques qui vont avec !
La balance dans un monde de proie comme les alpagas est l’outil ultime pour tout savoir (ou presque !) sur ses animaux.
Il sert non seulement à monter des statistiques sur la production de fibre, mais plus important encore, à savoir si les animaux semblent en santé… et le restent !
C’est l’outil central de l’élevage à bien des égards. Une perte de poids est souvent le premier indice d’un problème de santé dans un monde de proie (comme l’alpaga). L’animal va cacher sa faiblesse jusqu’à ce qu’il ne puisse plus le faire… et quand la détresse paraît, il est trop tard.
Une grosse perte de poids ou une perte deux mois de suite sans raison ? On commence à s’inquiéter.
Un gain de poids combiné à un (état de chair) trop élevé ? Peut-être qu’il est temps de rectifier les rations de moulée ou de vérifier le comportement de cet alpaga avec les autres quand la nourriture est devant eux; il y en a peut-être un autre qui pâtit de l’attitude de cet alpaga vorace.
Un alpaga trop gras, contrairement à ce qu’on pourrait penser, amène d’autres problèmes, dont beaucoup du côté de la reproduction (taux de réussite moins élevé) ainsi qu’une fibre parfois de moins bonne qualité (moins fine).
Pour tous les vermifuges et les médicaments, on a aussi besoin d’une balance pour doser la quantité à donner à l’animal… à moins de vouloir risquer sa santé ! Les alpagas sont des animaux rustiques, mais qui restent sensibles à certains médicaments qui sont pourtant anodins pour d’autres espèces.
Comme je disais plus tôt, la balance sert aussi à peser des toisons…ainsi que les crias qui viennent de naître pour contrôler leur santé plus fragile pendant leurs premiers jours. On s’assure ainsi qu’ils boivent bien à leur mère.
Un petit truc facile pour peser un cria avec une grosse balance pour animaux;
Ce truc est simple et nous évite d’acheter une balance pour bébé animal dont le prix est à mon avis relativement trop élevé pour le nombre de fois où on peut s’en servir dans une année dans l’élevage de l’alpaga.
«Mais est-ce assez précis pour un cria ?» Les grosses balances sont précises au 0,1lb ce qui est amplement suffisant pour suivre une «courbe de croissance» de jour en jour.
Fait à noter; c’est souvent beaucoup plus stressant de voir les petites variations qui sont normales (est-ce qu’il vient d’uriner, de boire du lait?) que de suivre seulement la montée constante globale du poids pour se rassurer sur la croissance.
Coût approximatif d’une bonne balance à animaux; entre 500$ et 1000$

L’alpaga n’a pas besoin d’abris chauffés, mais l’eau ne doit pas geler pour qu’ils puissent bien s’abreuver en hiver… Les chaudières chauffantes, qui évitent simplement que l’eau gèle, sont donc un must.
Non seulement elles sont pratiques l’hiver, mais elles permettent de changer l’eau de place facilement pendant l’été (même à mettre dehors des abris ou à traîner lorsqu’on amène les alpagas ailleurs, comme en compétition), ce qui n’est pas le cas des abreuvoirs toujours connectés.
Oublions tous les abreuvoirs pour animaux où une action précise doit être effectuée par l’animal pour que l’eau jaillisse; ça marche rarement assez bien pour l’alpaga avec son nez fragile.
Le seul défaut de la chaudière chauffante est l’effort requis pour la remplir et la laver… mais ça !
Coût approximatif; environ 70$ par chaudière (1 par troupeau ou plus, selon la grosseur du troupeau)
On sous-estime souvent la quantité de travail quotidien à effectuer avec les animaux et l’importance de celui-ci. Un de ceux-là, c’est le nettoyage et la gestion du fumier… Il en va de la santé des animaux !
Même s’il existe quelques machines qui demandent moins d’efforts (mais il faut aussi mettre la main dans sa poche (et même très creux!) pour se les procurer), l’outil de base reste toujours la bonne vieille pelle carrée, la binette et la barouette.
Et pas besoin d’être récents ou neufs pour être efficace; de toute façon, c’est là pour se salir…
On peut s’en servir pour couper les onglons des alpagas (quoiqu’un coupe-onglons est plus efficace), mais sur notre ferme, elles ont des fonctionnalités multiples; ouvrir les sacs de moulée récalcitrants, couper les cordes des balles de foin… elles servent à tous les jours !
Une naissance sans serviette et/ou séchoir à cheveux ? Connais pas !
Même dans les périodes les plus chaudes de l’été, le cria a aussi besoin de se sécher et de se réchauffer s’il veut survivre.
C’est comme quand on sors de la piscine; même quand il fait 25C dehors, il fait soudainement plus froid !
Pour certaines naissances, dépendant des conditions, le séchoir est plus essentiel que pour d’autres, mais je fini par toujours minimalement sécher le cria avec une serviette pour l’aider à garder son énergie.
Parfois, même si ce n’est pas nécessaire, un petit coup de séchoir à cheveux permet de donner un petit coup de main bénéfique au cria qui n’aura pas besoin d’user son énergie à se réchauffer; un geste qui va avoir assurément des répercussions positives puisqu’un cria vif est un cria qui prends plus facilement du poids et qui nous rassure rapidement sur son état de santé.
Parce que même si nos alpagas sont tous beaux et qu’on les aime profondément, il y a des choses qu’on ne veut pas et qu’il est mieux de ne pas toucher.
Que ce soit lors des naissances avec les liquides et matières biologiques (dont le placenta qu’il faut examiner et dont il faut disposer) ou pour soigner un animal malade. Pour un petit problème de peau ou pour éviter une contaminations, les gants jetables style «gants médicaux» sont l’outil à avoir sous la main.
Même moi qui n’est pas très dédaigneuse, j‘ai fini par trouver de nombreuses occasions assez lève-coeur pour m’en servir…
Ils sont disponibles un peu partout, dont les pharmacies.
On veut que tout se passe toujours bien lors des naissances, mais ce n’est pas toujours le cas.
Le temps est compté pour que le cria ait accès à du colostrum. Par chance, il est possible de s’en procurer déshydraté que l’on peut garder au congélateur.

Pour les tétines/seringue, c’est un peu la même chose; s’il tète bien avec la tétine et boit son colostrum, c’est génial… s’il ne veut pas, la seringue (pas d’aiguille, évidemment !) est peut lui sauver la vie !
Les tétines utilisées sont des tétines pour agneaux ou chevreaux, mais il n’est pas nécessairement évident de les faire accepter par le cria au tout début quand il cherche l’odeur de sa mère; il lui faut souvent bien du temps pour s’adapter !
Les seringues ont aussi leur utilité pour les vermifuges, qu’ils soient injectables (avec aiguille) ou qu’ils doivent être donnés par la bouche (sans aiguille). Une raison de plus, donc, de toujours en avoir sous la main !
Le Nutri-drench pour alpaga est un mélange d’un riche supplément de nutriments sucré qui est absorbé rapidement pour donner de l’énergie à un animal en détresse. Face à un nouveau-né amorphe, c’est une solution rapide pour l’aider à se remettre sur pied et avoir l’énergie nécessaire pour aller boire. Un alpaga retrouvé mal en point pourrait aussi en avoir besoin pour récupérer. C’est un remède coup de fouet !
Il faut cependant faire attention de profiter de cette bouffée d’énergie rapidement pour aider l’animal à s’en sortir et utiliser le liquide avec parcimonie parce qu’il a un effet «élastique»…
J’aurais pu mettre le Nutri-drench dans une liste de pharmacie, mais l’urgence dans laquelle il est souvent indispensable pour aider un animal à reprendre du mieux m’a fait le placer plutôt dans cette liste d’essentiels à avoir toujours sous la main.