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Pâturage multi-espèces | Le pâturage et le parasitisme

Le propriétaire d’alpagas a tout avantage à diminuer le parasitisme du pâturage utilisé par ses animaux pour qu’ils soient le moins possible la proie de petits vampires. Comme le Barberpole, par exemple, qui peut être mortel.

La qualité de la fibre étant liée à la santé des animaux et à leur alimentation, même un parasite non mortel et non traité a des impacts sur la rentabilité, les résultats d’un élevage et la santé des animaux.

Les crias développent en grande partie leur densité (qu’ils gardent à vie) avant l’âge de 6 mois; c’est aussi pendant ce jeune âge qu’ils sont également les plus susceptibles d’être parasités et affectés vu l’immaturité de leur système immunitaire et leurs habitudes de vie.

Il convient donc d’essayer le plus possible de limiter le parasitisme dans tout le troupeau, notamment pour épargner les plus jeunes, qui sont les plus vulnérables.

Mais attention, il n’est pas souhaitable de complètement éliminer les parasites qui vivent avec les alpagas, mais en diminuer le nombre pour que ça n’affecte plus la santé générale de nos animaux.

Ainsi, l’alpaga jouit d’une meilleure santé générale tout en utilisant son système immunitaire qui peut ainsi «rester alerte et fonctionnel».

Les vermifuges classiques qui sont utilisés pour traiter les animaux ont deux défauts principaux; ils sont dispendieux à la longue et leur utilisation élevé les rend de moins en moins efficaces (résistance).

C’est pourquoi il faut trouver d’autres alternatives pour régler les problèmes à la source au lieu de toujours se fier aux traitements pour solutionner les dégâts causés par nos pratiques.

Le pâturage multi-espèces ou cross-grazing est-elle une solution pour l’alpaga ?

Pâturage multi-espèces

L’idée de faire pâturer plusieurs espèces (normalement deux) sur un même espace a plusieurs avantages dans la littérature, dont celui de limiter les clôtures/espaces, d’assurer une diversité de la flore et de limiter le fameux parasitisme chez chacune des espèces. On le voit surtout dans le cas des vaches et des moutons pâturant ensemble.

En interchangeant les hôtes sur le pâturage par une autre espèce d’hôte non compatible aux parasites du premier, on contribue inévitablement à une réduction du nombre de parasites semblables sur la terre en paissance, pour une plus grande diversité de ceux-ci.

Je ne prétends pas être vétérinaire ni même experte de tous les différents animaux de la ferme pour évaluer les bénéfices chez les uns et chez les autres de ce type de partage des pâturages.

Pour certains, assurément, c’est bénéfique.

Par contre, mes lectures, ma connaissance de l’alpaga et de ses comportements généraux me font croire très fortement que ce type de partage n’est que rarement bénéfique à l’alpaga lui-même en matière de réduction du parasitisme.

J’explique pourquoi…

Pourquoi le co-grazing n’est pas avantageux chez l’alpaga

L’alpaga, grand sensible niveau parasitaire

L’alpaga est particulièrement sensible aux parasites gastro-intestinaux (puisqu’il est originaire d’endroits hostiles aux parasites) contrairement à d’autres animaux de fermes qui y sont plus résistants naturellement, comme les chèvres, et qui peuvent porter plus de parasites sans impact sur leur santé.

La chèvre est aussi réputée pour porter des parasites eux-mêmes beaucoup plus résistants que ceux de l’alpaga, augmentant le risque de rendre l’alpaga très malade puisque chèvre et moutons partagent leurs parasites avec celui-ci.

Normalement, il est déconseillé de mettre les alpagas avec des chèvres ou des moutons pour cette raison principale.

L’alpaga et les litières communes au pâturage

Côté comportement, les alpagas ont la particularité de faire des litières communes comparativement aux petits ruminants. C’est à dire qu’ils vont choisir un lieu où déféquer et s’y tenir. Et ce comportement a un impact ÉNORME sur le parasitisme du milieu !

Les litières communes gardent le pâturage beaucoup plus propre en concentrant les oeufs des parasites à un endroit qui est généralement boudé des alpagas; les risques d’en ingérer à la sortie de l’oeuf sont donc moindres quand l’herbe est aussi verte et luxuriante ailleurs au pâturage.

En partageant l’espace avec d’autres ongulés qui ont les mêmes types de parasites qu’eux mais qui ne font pas de litières, les alpagas vont se contaminer plus facilement et grandement que s’il n’y avait pas eu de partage du territoire. Et ça, ça vaut même dans le cas où ils ne pâturent pas en même temps mais en succession.

Parasites, oui… mais aussi maladies !

On parle surtout de parasites ici, mais je souligne aussi que certaines autres espèces animales ont des maladies qui sont aussi transmissibles à l’alpaga.

Par exemple; BVD (Bovine Viral Diarrhoea), Corynebacterium pseudotuberculosis (très contagieux et difficile à se débarrasser une fois qu’on le retrouve sur une ferme, les moutons et chèvre peuvent être porteurs), Bluetongue (mortel en 24h chez l’alpaga), herpès équin… etc.

Le cross-grazing favorise la transmission de ces maladie entre espèces.

La cohabitation et les blessures

La cohabitation amène aussi plus de risques de blessures, notamment à cause des cornes, des différences de grosseur des animaux et des comportements différents. Et ça, c’est en plus du stress possible de voir un animal plus gros qu’eux leur bloquer le chemin ou se promener autour d’eux. C’est ce qui élimine une autre partie des animaux potentiels pour un cross-grazing avec l’alpaga.

Le cheval en est un exemple parmi d’autres.

Contrairement à la chèvre ou au mouton, le cheval a des parasites qui diffèrent totalement de ceux des alpagas parce que c’est un mono-gastrique.

Par contre, les deux animaux ne doivent jamais pâturer ensemble pour éviter les risques de blessure évidentes, notamment à cause de la différence de grosseur et des risques de coup avec les sabots du cheval.

De plus, la relation avec leur environnement est très différent; l’alpaga demande un pâturage relativement court (mais pas trop !) et jeune pour bien consommer et il ne brise pas le pâturage contrairement au cheval.

À noter aussi que le cheval peut être porteur de l’herpès équin, un virus commun hautement transmissible propagé par les chevaux et qui est transmissible à l’alpaga; c’est à surveiller même si les deux animaux ne font que se côtoyer à la clôture ou utilisent les mêmes bâtiments.

Une diversité animale bénéfique

Poules wyandottes pâturage cross-grazing

Même si le pâturage n’est pas partagé par des brouteurs, la biodiversité peut quand même avoir son rôle à jouer dans la réduction des parasites du pâturage des alpagas.

Je donne l’exemple des pintardes, des poules ou d’autres oiseaux, qui en cohabitant un pâturage plutôt humide avec les alpagas, peuvent aider à éliminer les limaces (vecteurs du ver méningé) ou des mites transportant des parasites (Moniezia, par exemple).

Les poules peuvent aussi manger certains parasites au travers des litières ou bouger les excréments permettant à ceux-ci de mieux sécher et de favoriser le déssèchement des oeufs de parasites.

Comment diminuer le parasitisme chez l’alpaga

Le parasitisme chez l’alpaga est presque essentiellement gastro-intestinal même si certains parasites vont affecter la peau (comme les mites).

Les règles actuelles les plus répétées qui limitent la propagation du parasitisme chez l’alpaga sont:

1- Propreté du pâturage (ramasser les excréments régulièrement)

Comme les alpagas font des litières communes, il est plus aisé de ramasser leurs excréments que d’autres animaux et il faut en profiter puisque ça limite la propagation du parasitisme.

Les très jeunes alpagas, qui n’utilisent pas toujours les litières, sont les plus susceptibles d’étendre les parasites et les jeunes de moins de 2 ans sont ceux qui souvent en pâtissent le plus puisqu’ils n’ont pas développé entièrement leur système immunitaire.

Idéalement, les excréments devraient être ramassés tous les 48 à 72h, pour limiter la quantité d’éclosions d’œufs de parasites.

2- Nombre limité d’alpagas par surface donnée

La quantité d’alpagas joue sur la propagation des parasites; plus les alpagas sont populeux, plus il est difficile de ramasser rapidement les excréments pour éviter que les alpagas agrandissent la litière.

De plus, l’herbe aura plus de difficulté à pousser à cause de la coupe plus agressive et rapide du troupeau, augmentant les risques de manger plus près des litières et de s’y parasiter entre les rotations de pâturage.

Finalement, le rapprochement des animaux sur un espace favorise le passage des parasites de peau à d’autres alpagas, donc la potentielle viralité de ceux-ci.

3- Rotation fréquente des pâturages

Établir une bonne rotation et gestion des pâturages (repousse de l’herbe) peut grandement aider à limiter les parasites.

Tout d’abord, si l’herbe est en quantité suffisante, ça évite aux alpagas d’aller manger trop près des litières.

Ensuite, une période de repos sur un pâturage permet non seulement à celui-ci de reprendre de la vigueur mais le laps de temps sans animaux aide à éliminer également la présence de parasites qui ont besoin d’hôtes pour survivre (3 mois d’été sans animaux est considéré comme un pâturage nettoyé).

Finalement, le fait de garder le pâturage à une bonne longueur (la majorité des parasites se tiennent plus près de terre, dans le premier 2 pouces) et plutôt sec va limiter la présence d’infestations.

4- Quarantaine de tous les animaux entrant sur la ferme

Les animaux provenant de l’extérieur sont de puissants vecteurs pour le parasitisme et l’introduction de nouveaux parasites ou des parasites plus résistants.

En ayant des pâturages séparés et sans contact avec les autres animaux de la ferme (soit des pâturages de quarantaine qui sont utilisés pendant une période définie à l’entrée), on établit une zone tampon pour épurer les nouveaux arrivant de petits problèmes potentiels.

On limite également les risques de transmettre d’autres maladies plus sérieuses qu’ils pourraient avoir contractés à l’extérieur.

Les animaux entrants peuvent être de nouveaux animaux, mais aussi des animaux qui ont passé du temps à l’extérieur de la ferme pour y être soigné, pour accoupler (mâles reproducteurs faisant des accouplements externes), se faire accoupler (femelles) ou pour participer à des compétitions.

Conclusion

Bien que ça puisse être une bonne idée pour d’autres espèces de faire du cross-grazing ou des pâturages multi-espèces, l’alpaga ne semble pas le meilleur des candidats pour ça et sera assurément un grand perdant. Il est donc mieux d’adopter une autre technique pour limiter le parasitisme des alpagas.

Exception près pour les oiseaux, qui semblent aider à limiter le parasitage et certains petits mono-gastriques (lapins ?), tous les autres ruminants devraient pâturer dans un autre espace que les alpagas.

Karine Caron

Propriétaire de la ferme familiale Alpagas Fibrefine, je suis une passionnée des camélidés et de leur fibre exceptionnelle. J'adore prendre soin de ces animaux unique, transformer moi-même leur fibre en de multiples accessoires ainsi que d'assouvir ma soif insatiable d'information sur eux.
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  1. Bonjour, et si nous traitons et vaccinons les moutons, est-ce bon pour la cohabitation moutons / alpagas ? Merci à vous.

    • Bonjour !
      C’est toujours très risqué; le but avec les anti-parasitaires, c’est de -diminuer- la charge parasitaire afin qu’elle n’affecte pas la santé de l’animal et sa production.

      C’est illusoire de penser qu’on peut tout éliminer les parasites d’un animal et il restera toujours un pourcentage de parasites qui vont survivre au traitement. Ces parasites, qui sont toujours là, peuvent être déjà résistants à l’anti-parasitaire ou ont survécu au traitement et vont perpétuer des générations plus résistantes à l’avenir. C’est pourquoi, d’ailleurs, qu’il faut traiter seulement au besoin et en ciblant bien ce qu’on veut réduire comme parasite et non pas donner des antiparasitaires selon le calendrier; ça éviter d’augmenter la population de parasites résistants.

      Les moutons et les chèvres portent déjà généralement des parasites plus résistants aux anti-parasitaires que ceux des alpagas.
      Avec seulement des alpagas dans un troupeau, il faut être à l’affût des populations de parasite pour ne pas créer trop de parasites résistants afin de ne pas perdre le contrôle; avec des moutons, on se rajoute donc un risque supplémentaire plus élevé puisqu’on introduit en partant des -super parasite- plus résistants dans l’équation et qu’ils seront disséminés partout dans le pâturage. Plus il y a de parasites résistants, et moins bien marchent les traitements. À un moment donné, on diminue d’efficacité. Un anti-parasitaire qui a fonctionné à 95%, c’est excellent… mais quand on descend à 70-60%… outch !

      Comme les parasites qui sont résistants aux antiparasitaires, les animaux peuvent également devenir plus résistants à la présence des parasites dans leur organisme. C’est le cas des moutons qui sont généralement plus résistants que les alpagas à leur présence.

      Donc la cohabitation va essentiellement bien marcher un bout; jusqu’au moment où ça va déraper solidement à cause d’une température idéale pour la croissance des larves de parasites, d’un anti-parasitaire qui va avoir fonctionné juste un peu en bas d’un point de bascule ou d’une inattention lors d’un traitement, par exemple. À ce moment, ce qui arrivera probablement, c’est que la population de parasites résistants aux antiparasitaires va être trop élevée pour l’alpaga (même s’il ne l’est pas encore pour le mouton). Les alpagas vont être les premiers à en souffrir. Il faudra être alors très créatif pour sauver les alpagas malades du groupe parce que les familles d’anti-parasitaires disponibles sont limités, en particulier quand il y a une résistance à une famille d’anti-parasitaire.

      Donc réponse courte; c’est pas IMPOSSIBLE que ça fonctionne bien. Mais c’est très risqué. 😉

  2. Bonjour donc il y en a pas des autres animal qui sont bien pour avoir le même pastorage avec les alpagas ?

    • Oui, il y en a; quelques petits monogastriques, comme le lapin, par exemple, et la plupart des oiseaux (poules, canards, pintardes). Il faut par contre toujours veiller à avoir un équilibre; trop de poules, c’est pas mieux.

  3. Merci très bonnes informations

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