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Formation / gestion de troupeau d'alpaga
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Prix d’un alpaga | Combien coûte un alpaga ?

Avant même de considérer la qualité de fibre de l’alpaga pour établir le prix de vente de son animal, l’éleveur doit bien se rendre à l’évidence; élever un alpaga, de base, ça coûte quelque chose.

Quand bien même, comme client, on aime payer moins cher, l’éleveur, lui, doit être rentable et considérer ce coût de base dans son calcul.

Et c’est des bribes de ce calcul de coût que je vais démontrer dans les prochains paragraphes, pour qu’on me comprenne bien.

Le prix d’un alpaga ou – même donner la vie coûte quelque chose – …

Ce n’est pas parce que la naissance a lieu naturellement que chaque nouvel animal qui atterrit au sol entre dans la colonne profit d’un élevage, loin de là !

Selon mes calculs, un alpaga coûte chaque année 250$ (minimum) en soins et nourriture au Québec. C’est sans compter le temps passé à s’occuper de lui et des frais vétérinaires, s’il y a lieu.

Et ce 250$, c’est un chiffre assez bas et c’est très variable selon les conditions d’élevage et les régions. Des collègues arrivent à des chiffres comme 450$/an ou 500$/an par alpaga.

Un animal vendu à l’âge de 2 ans (un âge respectable pour avoir une petite idée de sa qualité) va avoir déjà coûté minimalement 500$ à l’éleveur en soins de base, n’incluant pas son temps et les frais variables.

Un alpaga ou une chèvre qui naît… c’est pas mal la même chose, non ? NON !

Prix d'un alpaga | la naissance a un coût

La chèvre laitière (quand alimentée pour la production de lait) coûte environ 330$ par année, donc plus que ce que nous avons calculé minimalement pour un alpaga (250$) MAIS moins cher que pour d’autres éleveurs d’alpaga (450$). Calculons donc au même coût d’entretien qu’une chèvre, pour ce calcul.

La chèvre est prête à se reproduire plus rapidement que l’alpaga (7 mois comparativement à 2 ans pour un alpaga), la gestation est moins longue (5 mois pour la chèvre comparativement à environ 11 mois 1/2 pour l’alpaga) et a plus de chance d’avoir deux bébés à la fois (les naissances multiples sont très très rares chez l’alpaga).

La chèvre vaut facilement plusieurs centaines de dollars… l’alpaga ne peut pas, logiquement, valoir le même montant en ayant un taux de reproduction plus faible et beaucoup plus lent !

Pour avoir un bébé alpaga: une femelle doit avoir 2 ans de vie + près d’an de gestation = 990$.

Pour avoir un chevreau: la chèvre doit avoir 7 mois de vie + 5 mois de gestation = 330$

Déjà, le chevreau coûte environ 1/3 du coût du cria… si la chèvre a deux chevreaux, on peut diviser de moitié les coûts, pour environ 165$ !

Un cria, donc, c’est environ 3x à 6x le coûtant d’un chevreau !

Avec des coûts à 330$/alpaga, vendre un alpaga de 2 ans à 1650$ (990$ + 660$) (en mettant de côté la production de l’animal (fibre) comme je l’ai fait avec la chèvre (lait)), ce n’est donc pas profitable du tout pour l’éleveur.

Dans ce contexte, j’ai fait un calcul simplifié avec une femelle qui fait naitre un seul cria.

Je n’ai pas inclus dans le calcul l’investissement immobilier pour avoir les animaux et le troupeau de départ, le nombre de bébés variable qu’une femelle pourra avoir dans sa vie (l’éleveur doit pouvoir se garder une relève s’il veut continuer et donc dans ce contexte, il ne peut pas vendre tous les animaux qui naissent sur sa ferme) et je n’ai pas ajusté non plus avec le taux de mortalité plus élevé de la première année de vie des animaux. Et il y a encore beaucoup d’autres variables probablement à ajouter au calcul selon les différents contextes d’élevage.

Le coûtant réel est donc plus élevé encore !

Un alpaga de 2 ans a coûté environ 1650$ à l’éleveur… et ensuite ?

L’alpaga est un animal élevé principalement pour sa fibre qui est reconnue comme une des plus luxueuse, chaude, confortable et douce au monde… et c’est la qualité de la fibre produite qui donne en majeure partie la valeur d’avoir un alpaga.

C’est ce qui explique que les prix varient énormément; facilement de 2 500$ à 30 000$… et parfois plus !

Il y a même un alpaga mâle (un grand reproducteur) qui s’est déjà vendu…1/2 million ! Dans son cas, c’était évidemment la valeur génétique qui était tant désirée et qui a fait grimper les offres.

Le prix des femelles est très souvent supérieur à celui des mâles, compte tenu de leur état gestationnel quasi permanent. 

Leur capacité à se reproduire est évidemment précieuse lorsqu’on en fait l’élevage, expliquant aussi ce prix plus élevé; on n’a théoriquement besoin que d’un ou deux mâles reproducteurs pour accoupler à la ferme… mais de plusieurs femelles à saillir !

Le prix des mâles, pour sa part, est plus variable et vise les extrêmes.

Une très grande majorité de mâles ont une valeur moindre que les femelles et c’est souvent eux qui ont les prix les plus bas (le milieu de l’élevage n’a pas besoin d’autant de mâles qu’il n’en naît, comme je le décrivais plus haut…).

Par contre, les reproducteurs mâles de qualité peuvent valoir facilement le double ou le triple du prix d’une femelle pour leur potentiel génétique à apporter à une autre ferme. Historiquement, les plus hauts prix de vente d’alpagas proviennent de la vente de mâles.

Outre le sexe, l’âge de l’animal, les qualités de sa fibre (sa finesse, la couverture de la fibre sur l’animal, la longueur et l’uniformité de la toison, la densité de la fibre… etc.) et d’autres qualités génétiques et physiques jouent un rôle déterminant dans le prix d’un alpaga.

Dans le prix vient aussi toujours une partie plus subjective; un animal peut valoir plus pour un éleveur et moins pour un autre, dépendant ce que celui-ci possède dans son troupeau, sur quoi il mise et ce dont il a besoin actuellement.

Malgré tout, le prix doit pouvoir majoritairement s’expliquer; un éleveur consciencieux peut normalement verbaliser l’exercice à l’acheteur. Parfois, c’est la notoriété de l’animal (et de l’éleveur) qui va dicter une partie de la valeur, mais c’est très rarement seulement ça…

Acheter un « alpaga pas cher »…

Un « alpaga pas cher », (vous savez celui qu’on déniche à 1000$, 500$ même 250$ !) c’est soit…

1. Un alpaga bas de gamme.

Quand je dis «bas de gamme», je fais référence surtout à la qualité de la fibre de l’animal qui ne vaut généralement pratiquement rien (la valeur et l’intérêt de l’alpaga reposent beaucoup sur la qualité de la fibre…) mais la structure physique et la santé de l’animal peuvent aussi être problématiques.

C’est un animal de ferme qu’on dit souvent de compagnie et généralement à ce prix, vendu par un particulier qui n’offrira aucun service après vente.

Je souligne ici qu’animal bas de gamme n’a pas la qualité pour être un reproducteur; démarrer un élevage avec des alpagas de piètre qualité, c’est se tirer dans le pied royalement (j’en parle dans cet article sur la rentabilité de l’alpaga).

Pour celui qui souhaite acheter un alpaga de cette qualité afin de tricoter simplement sa fibre, je ne le conseille pas non plus. Une mauvaise qualité de la fibre de l’animal aura un réel impact sur la douceur et confort des tricots au point où certaines personnes ne pourront même pas les porter.

C’est sans compter également que la qualité de la fibre de l’animal sera en décroissance avec les années; même à ce bas prix, c’est plus rentable d’acheter un fil d’alpaga tout prêt à être tricoté qu’un alpaga de cette piètre qualité.

Si c’est seulement pour avoir des alpagas à regarder par sa fenêtre, alors c’est un contexte différent et il est peut-être plus sensé d’acheter des alpagas bas de gamme dans ce cas… même si cela signifie que ce sera indéfiniment une grande dépense annuelle de les entretenir.

2. Un alpaga qui doit être liquidé à ce prix pour une raison autre que la qualité de l’animal.

Honnêtement, c’est plutôt rare que le prix ne soit pas relié du tout à la qualité des animaux et personne n’aime dilapider son argent durement gagné: les animaux de meilleure qualité vont être en vente plus chers que ça, même en super super super liquidation.

Et s’ils sont de qualité, ils vont trouver preneur rapidement malgré leur plus haut prix. C’est le rêve de l’acheteur qui cherche un animal peu dispendieux de trouver une magnifique perle pour une bouchée de pain… mais les rêves, des fois…

Alors, un alpaga à moins de 1500$, même en super liquidation, personnellement, je me pose de très sérieuses questions sur sa qualité et sa santé.

3. Un animal problématique

Qui voudrait d’un alpaga avec un syndrome de Berseck (comportement déviant d’attaque envers l’humain) ou d’un alpaga malade qui risque de coûter très cher plus tard ?

J’ai vu régulièrement des gens acheter des alpagas à bas prix et se retrouver par la suite avec des factures de vétérinaires très élevées pour soigner les problèmes de santé que l’animal avait déjà à l’achat… Ce n’est pas avantageux, un stress supplémentaire pour le nouveau propriétaire et le prix -final-, dans ce cas, est aléatoire.

À quel prix devrait-on vendre ? Quel prix payer pour un alpaga, alors ?

Ça dépend du projet et des aspirations.

Un éleveur sincère va guider l’acheteur vers un alpaga adapté à ses besoins et saura justifier son prix.

Pour pouvoir faire simplement la transformation de la fibre de l’alpaga, l’animal doit idéalement être assez jeune pour que sa finesse soit encore là et avoir une génétique qui va permettre une bonne qualité de fibre continue pendant plusieurs d’années; c’est donc intéressant de payer un peu plus cher à ce niveau.

Pour en avoir pour son argent, l’idéal est d’acheter une femelle (même si elles sont plus dispendieuses que les mâles). Ainsi, quand la qualité de sa fibre va laisser à désirer, la femelle pourra être accouplée et donner naissance à un cria (ou plus !) qui vont donner un regain de finesse à la qualité des tricots… et une descendance pour ne pas perdre l’investissement initial.

Malgré tout, l’achat de mâles reste intéressant quand le projet n’est que pour la fibre, surtout si on ne souhaite pas avoir à gérer les risques d’une gestation. Ils sont aussi plus disponibles et moins dispendieux.

Un alpaga moyen de gamme entre 2 500$- 5 000$ pourrait faire l’affaire dans ce cas.

Pour faire des compétitions ou de la reproduction (de la vrai, qui considère la génétique animale et pas juste des naissances) et travailler une qualité de fibre exceptionnelle, il faut être prêt à mettre autour de 6 000 à 15 000$ minimum pour une femelle de bonne qualité.

Oui, c’est plus dispendieux, mais la qualité des crias (et la fibre !) en sera proportionnelle si l’animal est bien choisi.

Avec un animal d’une meilleure densité de fibre et avec une meilleure longueur de fibre, il y a plus de volume à transformer par animal. C’est donc des alpagas qui peuvent atteindre plus facilement la rentabilité, en particulier si la fibre a une excellente finesse et constance dans celle-ci.

Et c’est sans compter qu’un animal de meilleure qualité génétique portera plus facilement aussi une progéniture de qualité qui pourra être vendue à bon prix.

L’alpaga est un animal grégaire vivant en troupeau; ils doivent être au minimum 3 ensemble. Il faut donc s’attendre à débourser pour plusieurs animaux en même temps au premier achat.

Conclusion

L’alpaga est nécessairement plus dispendieux que d’autres animaux de ferme due majoritairement à la lenteur de sa reproduction.

D’autres éléments viennent par contre entrer en ligne de compte quand il s’agit du prix des animaux, en particulier la qualité de la fibre et le sexe de l’animal, mais aussi certains autres plus subjectifs.

Les animaux peu dispendieux sont souvent des cas à problèmes et n’apportent que peu d’avantages au propriétaire, comparativement aux alpagas un peu plus dispendieux.

Il vaut donc souvent la peine de payer un peu plus pour avoir service après-vente et une qualité de fibre supérieure avec laquelle travailler. Celle-ci, même dans le cas d’un animal acheté uniquement pour le plaisir, apportera un bonus plaisant, rendant même la possession de l’animal plus rentable.

Karine Caron

Propriétaire de la ferme familiale Alpagas Fibrefine, je suis une passionnée des camélidés et de leur fibre exceptionnelle. J'adore prendre soin de ces animaux unique, transformer moi-même leur fibre en de multiples accessoires ainsi que d'assouvir ma soif insatiable d'information sur eux.
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  1. Merci beaucoup pour toutes ces info!
    Savez vous combien peut coûter un alpaga ou un lama au Pérou, Argentine, Colombie?
    Merci

    • Fait plaisir ! 😊

      Aucune idée pour le prix dans ces régions du monde. Le coût change beaucoup selon la température hivernale. Quand l’alpaga peut pâturer à l’année, ça aide beaucoup !

  2. Très intéressant…merci

  3. Bonjour
    Tres bon texte, bcq de renseignements tres interessnt. Es qu’il y a une réglementation sur la grandeur de terrain?

    Merci

    • Allo Alain !
      Les règlementations sur les terrains sont plus du côté du permis d’exploitation. Ex; les distances des abris avec les fossés agricoles, le nombre d’unités animale pour le coefficient d’odeur… etc. Pour ça, il faut voir avec la municipalité qui peut évaluer selon l’emplacement et par la suite, émettre un permis qui garanti qu’il n’y aura pas de problèmes pour aller de l’avant…

  4. Plusieurs informations pertinentes dont je ne savais pas! Merci

    • Fait plaisir ! Merci pour le commentaire ! 🙂

  5. merci karine d’avoir pris le temps de me reconforté tantot!!! line

    • Fais plaisir ma chère ! 😉

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