Compétitions d’alpagas | reconnaissance et apprentissage

competition d'alpagas - Alpaga Québec 2014Si tu connais les compétitions de chiens ou que tu as déjà assisté comme moi à des présentations d’animaux dans des foires ou expositions agricoles, tu ne seras pas surpris de savoir que ça existe aussi chez l’alpaga.

Dans cet article, je veux te faire un portrait de ces événements nécessaires et te montrer les différences des compétitions chez l’alpaga comparativement à un autre animal de ferme.

Les raisons de participer à une compétition d’alpaga

1.L’avancement de la qualité de nos troupeaux

Ces compétitions jouent pour l’élevage et l’avancement de la qualité de nos troupeaux un rôle évident; on y cherche à comparer et classer les alpagas pour en arriver à reconnaître les meilleurs spécimens de la race, ceux qui auront une plus grande chance d’améliorer les cheptels.

Bien entendu, le résultat reste subjectif; le juge en place, les animaux présents et d’autres conditions externes peuvent faire varier les résultats. Le champion mâle suprême d’une compétition n’est pas LE meilleur reproducteur connu, c’est simplement LE mâle qui a été décerné comme étant le meilleur par le juge comparativement aux alpagas en place à cette date particulière.

Mais à quoi sert les compétitions si c’est si subjectif ? Malgré cette subjectivité, reste qu’un animal qui est coup sur coup décerné champion suprême dans plusieurs compétitions et sous le jugement de juge professionels différents n’est certainement pas un 2 de pique et mérite notre attention !

2.La notoriété

La deuxième raison la plus logique de participer à ces compétitions, c’est qu’elles sont pour l’éleveur une façon de faire voir ses animaux et d’établir une certaine notoriété pour son élevage.

Bien qu’il puisse être frustrant de ne pas nécessairement finir premier, réussir à décrocher une belle place est une façon assurée pour que les autres respecte la qualité de nos animaux et nous catégorise plus facilement comme un éleveur sérieux. Plus le ruban est difficile à obtenir, plus il a de valeur, évidemment ! Un 6e ruban sur 6 n’est pas vraiment prestigieux. Plus il y a d’animaux contre qui compétitionner et plus le ruban a une valeur.

Les comparaisons côte-à-côte entre animaux sont plus aisé et il y est aussi plus facile de comparer nos animaux à ceux des autres. Pour planifier des achats, c’est une occasion idéale parce qu’on peut coup sur coup voir certains des animaux des éleveurs et prendre rendez-vous avec lui en face à face pour en voir d’autres si ça nous intéresse.

3.Socialiser

Comme les compétitions réunissent une grande quantité d’éleveur faisant exactement le même travail au quotidien, ces événements sont une place de choix pour développer les contacts et de socialiser.

Finalement, c’est un peu comme un gros 5 à 7… mais encore plus intéressants ! On y parle de sujets qui concernent tout le monde, on y raconte des anecdotes qu’un néophyte ne comprendrais pas et on se fait des amis. L’isolement, surtout dans le monde agricole est une assurément une faiblesse et avoir des amis dans le milieu peut améliorer notre quotidien.

4.Formation et éducation

Finalement, les compétitions ont aussi un rôle éducatif absolument nécessaire.

Pourquoi un animal a-t-il terminé 1er dans sa classe ? Pourquoi un autre a-t-il été sorti du «ring» ? Dire que le premier a terminé premier parce qu’il est «le meilleur» et celui qui a été sorti l’a été parce qu’il n’est «pas bon» est vraiment superficiel.

Une première place l’est parfois parce que tous les autres animaux présentés étaient moyen, d’autres fois, parce qu’un élément en particulier de sa fibre était exceptionnel comparativement aux autres animaux sur place et que le juge porte une attention particulière à ce point. Quelques fois, la lutte est tellement serrée que les rubans peuvent s’interchanger; mais le juge a dû trancher.

Un alpaga sorti du ring l’est peut-être pour une question bien particulière qui fait que l’animal ne devrait pas se reproduire même si sa fibre pourrait surclasser les autres animaux présents. D’autres fois, c’est une simple compétition particulièrement féroce dans la classe qui fait que l’animal doit être sorti. On ne peut pas donner un ruban à tous, sinon ils n’auraient plus de valeur !

Comprendre les raisons en écoutant la juge expliquer ses choix est UN des éléments éducatifs. Mais certaines fois, l’événement est aussi conjointement associé à d’autres activités éducatives comme des séminaires, des évaluations privés, des ateliers… qui nous pousse, comme éleveur à ajouter à nos connaissances.

Et là, je n’ai pas parlé non plus de tous les apprentissages que l’on peut faire simplement en se côtoyant, en parlant avec d’autres de nos connaissances, de nos lectures… etc.

Qu’y a-t-il de différent entre une compétition de vache et une compétition d’alpaga ?

L’alpaga est un animal qui n’est pas élevé pour les mêmes raisons que la vache.

Tandis que cette dernière occupe une place sur les fermes pour leur faculté à donner du lait ou à servir pour la boucherie, l’alpaga a pour principale fonction de produire une toison luxueuse qu’on récolte annuellement par la tonte.

La fibre de l’alpaga a donc une place très importante pour l’élevage et elle est prise en grande considération dans les jugements.

Dans une compétition au licou, par exemple, le juge va au départ examiner la conformité des animaux avant de se concentrer sur la fibre de chaque animal présenté en ouvrant différentes sections de la fibre sur le corps (épaules, cuisse, toison principale, derrière de la tête et cou). Il va ensuite noter l’animal sur ses particularité par rapport aux autres en place.

Compétition: première étape

Tu veux participer à une compétition d’alpaga au Canada ?  La première étape est d’avoir des alpagas au préalable enregistrés.

Pour pouvoir enregistrer au Canada, il faut normalement que les deux parents le soient à moins que le père, dépourvu d’enregistrement canadien, soit inscrit au Breed-up program, un programme d’amélioration génétique (alpaga inscrit 0%).

Les défauts génétiques comme avoir des oreilles en forme de banane (comme les lamas), plus ou moins de deux doigts par pied, avoir des cataractes, avoir plus ou moins de deux testicules pour les mâles, avoir plus ou moins de 4 mamelles fonctionnelles chez les femelles, être hermaphrodite… etc. sont proscrits chez les alpagas enregistrés et peuvent faire en sorte qu’un alpaga soit immédiatement sorti au début du jugement d’une classe.

Les standards de la race demandent également à ce que l’alpaga ait une grosseur minimale à l’âge de 2 ans, soit 105 lbs et une hauteur de 32 pouces.

Genres de compétitions

Il existe deux genres de compétitions qui fonctionnent différement. Elles sont parfois associé dans un même événement.

Halter ou compétition au licou; le juge note autant la conformité de l’animal qui parade devant lui que la fibre sur son dos (soit à 50-50% ou à 40-60%). Il fait un classement des animaux, donc c’est une compétition comparative. Le classement d’un animal va changer selon les animaux présents à la compétition. Au final, le classement de l’animal va beaucoup varier selon la compétition auquel il participe.

Fleece ou compétition de toison; le juge note la toison qui lui a été envoyée dans un sac. La toison est notée (pointage de 100) mais n’est pas comparée aux autres toisons (système absolu). Théoriquement donc, les toisons devraient avoir le même pointage d’un jugement à un autre. Les rubans sont ensuite distribuées en commençant par les toisons les mieux notées.

Sous-genre de compétitions

Composite; le juge note l’animal rasé (partie comparative) ET la toison dans un sac à part (système absolu). Les score sont comptabilisés et les places sont ensuite décernées.

Get-of-Sire; La classe se compose d’entrées de groupes de 3 alpagas qui sont la progéniture d’un mâle avec trois différentes femelles. Les critères pour juger cette classe est la similarité de la progéniture d’un mâle. Le juge doit donc déterminer quel groupe est de plus grande qualité en ayant en tête la constance de cette qualité chez les 3 alpagas présents.

Produce of Dam; La classe se compose d’entrées d’au plus de 2 alpagas descendant de la même femelle. Comme le Get-of-sire, c’est le groupe de plus grande qualité avec une constance entre les différents sujets qui remporte.

♦ Breeders Best Three; La classe se compose de trois alpagas qui représentent les meilleurs sujets du troupeau de l’éleveur. Contrairement au Get-of-Sire et au Produce of Dam, les alpagas ne sont pas notés sur leur similarité mais bien sur leurs qualités individuelles. C’est le groupe qui a le plus de qualitées combinées avec ses trois alpagas qui remporte.

Walking fleece (nouveau en 2017); le juge note seulement la toison sur le dos de l’animal. La toison est notée (pointage) mais n’est pas comparée aux autres (système absolu). C’est fait sous les mêmes règles que la compétition de toison, en réalité, à la différence que la toison est encore sur le dos de l’animal. Ça permet dans un même temps de pouvoir faire une compétition au licou (comparative) et une compétition avec système absolu (walking fleece) sur un même animal. C’est différent du composite parce que l’animal est évalué différement dans les compétitions halter et que les résultats ne seront pas additionnés.

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