Élevage | Pourquoi élève-t-on des alpagas au Québec ? Statistiques et réponses.

Les débuts de l’élevage au Québec

Élevage | pourquoi on élève des alpagas

L’élevage de l’alpaga au Canada n’a commencé qu’en 1992, lors des premières grosses importations, bien qu’il y ait des alpagas au pays depuis la fin des années 80. Pour le Québec, l’élevage ne date pas de beaucoup plus loin que les années 2000.

En 2017, on compte environ 70 propriétaires de troupeaux d’alpaga au Québec. La majorité n’en fait pas nécessairement leur gagne-pain.

Les Québécois ne gardent en moyenne qu’une douzaine d’alpagas par ferme selon des statistiques de 2015. Quelques troupeaux comptent plus de 100 animaux.

Selon le CLAA qui s’occupe des enregistrements canadiens, il y avait un peu plus de 1000 alpagas enregistrés au Québec à la fin de 2015.

La qualité des alpagas s’améliore rapidement depuis les premières importations !

Comme la qualité de la fibre a de grands impacts (plus que le nombre d’animaux) sur la rentabilité d’une ferme et sur l’avenir de l’industrie, il convient de reconnaître cette qualité d’emblée quand il est question de cet animal.

Plusieurs jugements d’alpagas sont faits chaque année à travers le Canada pour récompenser les meilleurs spécimens de la race. Les commentaires de juges provenant d’un peu partout dans le monde sont également un aspect positif de ces grands rassemblements.

L’alpaga et sa fibre n’ont pas peur du froid

Une fibre très recherchée

L’alpaga est très bien adapté à notre climat et sa fibre, de plus en plus recherchée. Les bas d’alpaga sont d’ailleurs très populaires pour le confort et la chaleur qu’ils procurent. La majorité des gens vont entendre pour la première fois parler de l’alpaga, d’ailleurs, grâce à cet item!

Les possibilités sont très grandes pour cette fibre naturelle de qualité; que ce soit pour des accessoires d’hiver, des vêtements, des accessoires de maison… ou des tricots printaniers ! Avec une fibre aussi polyvalente en main, les possibilités sont plus nombreuses que ce qui se fait actuellement au Québec.

Limité par la quantité d’animaux disponibles, le temps ou la technologie actuellement mise à la disposition des éleveurs, il y a plusieurs raisons au fait qu’il y a encore beaucoup de débouchés pour de nouveaux produits en alpaga.

Cet espace commercial non comblé rend le tout excessivement intéressant pour les créatifs et les gens qui ont soif d’avenues non défrichées ou même qui voudraient innover en offrant un produit unique qui n’est pas nécessairement vestimentaire.

L’animal et sa rusticité

L’animal quant à lui est assez rustique et a peu tendance à être malade. Quand la plupart des animaux d’élevage sont à l’intérieur l’hiver, l’alpaga s’en sort facilement avec des abris non chauffés. Cela occasionne moins de dépenses pour l’éleveur, mais aussi moins de coûts environnementaux pour notre province !

Non seulement l’animal n’est pas trop affecté par le froid et ni par la maladie, mais il a aussi une excellente digestion, mangeant moins que beaucoup d’autres bêtes. Étant plus petit que d’autres bétails, le 2% de leur poids qu’ils mangent quotidiennement en foin est infime ! Ces aspects positifs combinés en font des animaux qui coûtent moins chers à élever au quotidien que d’autres.

Investissements moindres et démocratisation

Un des avantages de ce type d’élevage agricole; il permet flexibilité et moins d’investissements de la part des entrepreneurs.

Les fermes d’alpagas sont généralement à échelle familiale, facilitant la gestion du troupeau et les changements de direction que voudrait prendre l’entreprise. N’importe qui peut décider de se lancer dans ce genre d’élevage; aucune formation sur l’alpaga n’est encore donnée dans les écoles d’agriculture au Québec. Ça mets tous les désireux sur le même pied d’égalité au démarrage. Ceux-ci doivent donc s’appuyer sur des formations privées, des recherches personnelles et l’aide par mentorat d’un éleveur compétent.

N’étant pas pour l’instant soumis à des réglementations sur la commercialisation au Québec, il est aisé pour le producteur agricole et éleveur de prendre un chemin inusité et faire ce qu’il lui plaît pour produire, faire connaître et promouvoir son produit final.

La diminution des investissements requis pour démarrer rend cela intéressant même pour ceux qui n’ont pas de parents en agriculture puisqu’il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup de bâtiments ou de grandes terres agricoles pour démarrer et réussir dans ce type d’élevage, ni même d’acheter des quotas.

Les abris nécessaires pour élever ces animaux n’étant pas très élaborés, il est facile pour les nouveaux éleveurs de tout bâtir ou d’utiliser de vieux bâtiments existants. Les animaux étant le plus gros investissement de ce type d’élevage, le producteur agricole décide du montant qu’il veut investir dans son entreprise par l’achat de ses animaux et les quelques accessoires vraiment nécessaires.

L’alpaga est un animal agréable à côtoyer et à prendre soin; il n’est pas agressif et il est moins dangereux que d’autres animaux plus gros qui peuvent blesser facilement. Il est aussi assez silencieux et son fumier sent très peu; le tout occasionne donc peu de problèmes de voisinage.

Bien qu’il faille s’établir en zone agricole en suivant la réglementation en place, l’alpaga ne demande aucun permis supplémentaire pour sa production.

Les options pour l’alpaga au Québec

élevage - foulard en alpaga produit d'un élevage québécois, alpagas fibrefine

Puisqu’il y a encore peu d’alpaga au Canada, l’amélioration de la génétique et la vente d’animaux occupent encore une place. Malgré tout, ce n’est pas le revenu principal des fermes actuellement en 2017.

Les dernières années ont d’ailleurs fait connaître une baisse du nombre d’alpagas vendus comparativement à la dernière décennie; la vente d’animaux était alors beaucoup plus forte. Beaucoup d’éleveurs de l’Ouest canadien ont fermé dans les dernières années puisqu’ils se concentraient uniquement à la revente d’animaux.

Principalement et ultimement, on élève des alpagas pour en récolter sa précieuse fibre chaque année par la tonte. Elle sert à faire de la laine (on devrait dire fibre filée) et des sous-produits de cette fibre (feutre, bourrure).

C’est un marché en progression au Québec bien que les produits confectionnés ici soient malheureusement souvent aux côtés de beaucoup de produits importés. Cela ralentit inévitablement la progression du développement de l’industrie de cette fibre au Québec.

La viande d’alpaga a aussi commencé à faire sa place même s’il subsiste un certain tabou. Malgré tout, environ 50% des éleveurs disent s’intéresser de près ou de loin à la chair de l’animal, que ce soit par curiosité ou pour commercialiser la viande afin d’épurer leurs troupeaux.

D’autres options de commercialisation sont possibles. Le compost ou le fumier sont d’ailleurs appréciés des jardiniers amateurs et certains éleveurs ont commencé à en faire la vente.