Alpagas Fibrefine; une ferme familiale québécoise

ferme familiale d'alpagas
L’élevage de l’alpaga sur une ferme familiale était pour nous au départ une façon de s’en aller vivre à la campagne et nous permettre d’élever nos enfants dans un milieu et un environnement à notre goût.

La proximité avec la nature, un animal doux et curieux comme l’alpaga à élever, un travail parfois salissant mais gratifiant et de grands espaces… Rien pour nous ne vaut autant que le plaisir de voir les enfants aimer cette vie sur la ferme !

Et puis, ce type d’élevage est plein de défis ! L’agrotextile est méconnu, même dans le milieu agricole. L’élevage de l’alpaga est une industrie toute jeune où tout est à créer… et là, on ne parle pas encore de transformation…

C’est beaucoup de travail au prime abord, mais un travail différent et passionnant ! Même moi, je n’aurais jamais cru au départ qu’on pouvait apprendre autant de chose sur l’alpaga et tous ses à-côtés; génétique, transformation de la fibre, soins aux animaux, optimisation des bâtiments et de nos méthodes, mise en marché… et j’en passe !

Si tu souhaites te lancer dans une aventure semblable, n’hésite pas à me contacter. C’est toute une aventure; c’est gagnant d’y être accompagné et que quelqu’un puisse répondre à nos questions !

Qui sommes-nous ?

Emanuel – Élevé sur une ferme laitière, Emanuel est celui qui s’occupe de tout ce qui concerne l’infrastructure et le soin général du troupeau.

Travailleur acharné, notre entreprise est pour lui un héritage unique pour ses enfants et une belle façon de passer du temps avec moi. Les abris de nos animaux et la boutique ont été construits par lui et son père. Ce fut deux étés complets où il a non seulement pu côtoyer son père très régulièrement, mais apprendre beaucoup de lui aussi ! Ces abris sont adaptés à notre quotidien et à notre troupeau.

Karine – Dans mon monde idéal, la proximité avec les animaux allait de soi. Enfant, je disais que je voulais être gardienne de zoo ou vétérinaire; aujourd’hui, j’ai la totale !

Il faut être un peu touche-à-tout dans ce genre d’entreprise qui en est encore au niveau artisanal ( voire semi-artisanal) et non industriel. Le travail n’y est pas redondant et toujours passionnant tellement il y a de choses à apprendre ! Je travaille à temps plein pour la ferme et l’entreprise en prenant soin de nos 3 jeunes filles.

Artiste, je profite de la situation amplement pour créer des tricots uniques vendus à la boutique et conçus à partir de la fibre de nos alpagas. Les différentes techniques ne m’effraient pas, alors je touche à tout; teintures à la main, tissage et tricot. J’adore apprendre !

Comment a-t-on démarré dans l’alpaga ?

J’ai entendu pour la première fois parler de l’alpaga en 2008. La Semaine verte a éveillé la passion des alpagas chez une majorité d’éleveurs d’aujourd’hui; dont nous !

À la suite du petit reportage, je me suis dit: «si un jour je me lance dans le monde agricole, ce sera sûrement pour élever des alpagas !». Mais je n’en étais pas là dans ma vie à cette époque, alors l’idée a sombré dans l’oubli plusieurs années…

C’est en 2011 que tout a commencé véritablement pour notre ferme familiale.

En allant prendre de la photo dans une foire, j’ai croisé des alpagas pour la première fois «en vrai». Deux éleveurs différents y présentaient leurs animaux qui avaient vraiment une allure très différente, ça se voyait ! Mon premier contact avec les différentes qualités de l’alpaga ? Je ne saurais dire pour la fibre que je ne connaissais pas à l’époque, mais pour le gabarit de l’animal, c’était évident qu’il y avait quelque chose de différent !!

En revenant à la maison, j’ai montré les photos à Emanuel. Nous nous cherchions à cette époque un projet de vie commun. Il a rapidement embarqué avec moi dans l’aventure !

Nous sommes allés visiter deux fermes d’alpagas cet automne-là avant d’y acheter nos animaux; deux femelles gestantes dont une avec son cria de l’année précédente. Et nous n’avons pas lésiné sur la qualité; cette visite nous a fait rendre compte de son importance pour l’avenir de notre élevage… et maintenant que j’ai acquis plus d’expérience, je peux confirmer son extrême importance; c’est LA base de l’entreprise !

Les premières années de notre ferme familiale

Les années ont par la suite passé trop vite. L’achat de notre maison en zone agricole a d’ailleurs été toute une épopée. Puis il y a eu la construction des abris et de la boutique les deux années suivantes. Nous avons entre-temps monté un inventaire pour la boutique en passant par toutes les étapes de production; tonte, tri des toisons, l’envoi de notre fibre au moulin pour ensuite concevoir et fabriquer les produits de notre ferme. Aujourd’hui, nous sommes très fiers de ce qu’on a réalisé jusqu’ici !

Nous ne l’avons pas toujours eu facile; loin de là ! Problèmes à notre arrivée en zone agricole qui nous a demandé l’aide d’une avocate, mort prématurée de notre premier gros reproducteur (Desi) que nous venions à peine d’acheter… des coups durs qui nous ont cependant permis de nous améliorer et d’expérimenter la résilience; je crois que même le pire des événements apporte toujours quelque chose de positif, même si nous ne le voyons pas nécessairement au départ…

Comment est l’élevage de l’alpaga en famille ?

L’alpaga est un élevage plus facile que d’autres: l’investissement est moindre et le travail physique moins accaparant. Par contre, ça reste un travail agricole et on a besoin d’avoir une certaine forme physique de base pour l’accomplir.

L’élevage est intéressant du point de vue familial puisque c’est plus facile pour les enfants de nous aider au quotidien; pour nourrir les animaux ou ramasser les litières avec nous, par exemple. Nos filles sont encore trop jeunes pour aider en boutique, mais ils apprennent beaucoup en vivant tout cela avec nous, en accueillant les gens avec nous. Que ce soit la valeur de l’argent, le travail, la politesse, prendre soin des autres et des animaux, la vie, la mort…

Travailler avec des enfants autour de nous a cela de bon; leur monde est teinté différemment. Ma plus vieille, à l’âge de 2 ans, a répondu à une connaissance qui lui demandait, juste comme ça, si elle savait ce que je faisais à la maison: «elle gagne des sous avec la laine». Je ne lui avais jamais expliqué, mais elle semblait déjà comprendre ce que je faisais du quotidien. Des fois, je n’ai même pas cette compréhension par certains adultes (qui croient que je m’amuse et que ce n’est pas sérieux, par exemple). Drôle de constat !

J’aime aussi l’idée que mes filles me voient passionnée par mon travail. Parce que même si elles font totalement autre chose plus tard, elles auront compris, j’espère, qu’on peut être passionné par le travail et que l’argent n’est qu’un plus dans la vie ! Ici, le travail et la vie se mélangent allègrement; c’est pourquoi on parle véritablement d’un mode de vie.