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Histogramme | lire et comprendre une analyse de fibre

avril 19th, 2016 by

La lecture de l’histogramme est un must pour connaître beaucoup mieux la qualité de l’alpaga que l’on évalue.

Bien que l’histogramme ne dise pas tout, n’est pas infaillible et ne présente qu’une idée de la qualité de la toison de l’animal entier (ça reste un échantillon !), il est un outil de choix pour comparer plusieurs alpagas entre eux et se faire une meilleure idée de ce qu’ils pourront devenir avec les années… c’est ainsi qu’on améliore les qualités d’un troupeau; en sélectionnant nos géniteurs avec soin, pas autrement !

Histogramme | Feuille analyse laboratoire
Feuille d’analyse OFDA 100 d’un échantillon.

Un seul histogramme donne certainement des informations très intéressantes sur un animal, mais plusieurs histogrammes sur plusieurs années permettent de mieux connaître l’évolution de ce dit animal.

En fin de compte, plusieurs analyses nous donnent un choix plus logique !

Je t’expliquerai pourquoi d’ailleurs c’est plus logique à la fin de cet article avec un exemple, mais de prime abord, voici en détail les renseignements que l’analyse du laboratoire fournit…

Tu ne comprends pas du premier coup toutes les notions ?
Tu trouves cet article aride et difficile à lire ?
Ne te décourage pas, c’est normal !

C’est un apprentissage comme tant d’autres qui demande du temps, de la logique et beaucoup de concentration au début, à mille lieues du côté artistique de la fibre. Mais comme pour le patin, on finit par y arriver !

La constitution de l’histogramme

Histogramme - exemple écrit
Un histogramme avec les différentes données, ici encadrées.

En préambule, voici ce à quoi ressemble le résumé d’un histogramme tel qu’on le voit un peu partout; un paquet de chiffres, de symboles et de lettres.

Bien que la présentation diffère parfois, c’est pratiquement toujours dans cet ordre que l’on voit les différentes données de l’histogramme (que j’ai séparé ici dans dans des carrés rouges).

Selon le test effectué, la courbure (ici: curv pour curvature) n’est pas toujours présente et d’autres données peuvent aussi y être présentes ou non, dont le spin fineness, qui est la finesse au toucher (qui est aussi calculable avec les données principales).

Les 4 principales données y sont habituellement toujours:
AFD, SD, CV et >30.

AFD

L’AFD (average fiber diameter ou moyenne du diamètre des fibres) est l’une des données principales de l’histogramme, soit le diamètre moyen des fibres de l’échantillon analysé.

C’est calculé en micron ( 1 micron = 0,001 millimètre). En moyenne, pour l’alpaga, ce chiffre se situe entre 15 et 35 microns.

Plus le chiffre est petit, mieux c’est, puisque la finesse de la fibre est intimement liée à la douceur.

La douceur associée au micron compte pour environ 70 à 80% de la valeur totale que l’on attribue à la fibre 1. C’est-à-dire que plus une toison est fine (et douce!) plus elle peut valoir cher sur le marché !

Pour référence, sache qu’un globule rouge est de 8 microns environ et qu’un cheveu humain est situé entre 50-100 microns.

La vicuna (ancêtre sauvage de l’alpaga encore vivant) et la soie de grande qualité ont environ 12 et 10 microns de diamètre.

Certains alpagas ont commencé à atteindre aux États-Unis le 10 microns, bien que ce soit encore très rare.

Pour une fibre à partir de 21 microns, il peut commencer à y avoir certaines réactions mais à 25 microns, la moyenne des gens vont commencer à ressentir de légers picotements sur la peau si l’item est porté dans des zones sensibles du corps, comme le cou.

Chaque personne ayant une sensibilité différente, l’effet peut varier d’une personne à l’autre, d’une région à l’autre sur leur corps et d’une circonstance à une autre (s’il fait trop chaud, par exemple, le picotement peut être accentué).

À 30 microns, la fibre est considérée comme étant aussi corsée qu’un poil de garde; tu vas voir d’ailleurs plus loin que la proportion de poils au-dessus de 30 microns est aussi inscrite dans l’histogramme pour l’échantillon analysé.

La finesse a donc un impact sur ce qu’on va faire de la fibre. Il est à noter que l’écaille sur la fibre de l’alpaga est beaucoup moins perceptible au toucher que celle du mouton; cela rend la fibre d’alpaga de 25 microns plus douce au toucher que la laine pour une analyse identique.

Cette particularité fait que porter de l’alpaga est plus agréable et dérange moins certaines personnes à la peau plus sensible.

SD

Le SD (standard deviation) représente la variabilité du diamètre des fibres autour de la donnée moyenne (AFD), en microns.

On vise ici encore le chiffre le plus près de 1 possible pour que les fibres soient les plus uniformes dans l’échantillon.

L’uniformité améliore la qualité des produits conçus, évidemment, mais aussi la sensation de douceur générale au toucher, la résistance à la traction de la fibre 2  et les animaux avec un bas SD présentent généralement moins de variabilité de microns dans l’entièreté de la toison (et non seulement dans l’échantillon).

Dans une population moyenne des fibres, 66% des fibres mesurées se situent dans le premier SD de la moyenne (un micron avant la moyenne et l’autre après), 95% dans un total de 2 SD et 99% dans 2.6 SD 3.

Le SD est une donnée difficile à utiliser pour la comparaison entre plusieurs alpagas qui n’ont pas nécessairement le même micron puisque le SD tend à augmenter avec l’AFD.

C’est pourquoi plusieurs utilisent souvent le CV pour la comparaison entre les animaux.

Malgré tout, le SD est de plus en plus demandées par les acheteurs commerciaux; il est insensé de ne pas s’en préoccuper et elle donne des pistes que le CV ne peut pas donner sur la fibre.

CV

Le CV est une donnée combinée de l’AFD et du SD et se présente en pourcentage.

Pour obtenir le CV sans l’avoir, on peut le calculer simplement comme suit:
(SD / AFD) x 100 = CV

La moyenne de distribution de la fibre donne généralement un CV de 24%. 

Il est préférable d’avoir le plus bas CV possible pour une meilleure uniformité de la fibre et un CV toujours en deçà de 24%. 

À chaque tranche d’en moyenne 5% en deçà de 24%, on ressent une amélioration d’environ 1 micron au toucher (la douceur au toucher est la donnée du spin fineness, qui se retrouve sur la feuille d’analyse du laboratoire, mais pas toujours inscrit dans l’histogramme diffusé).

Pour être précis (hum!)…

histogramme: formule du spin fineness
Dans la formule ci-contre, le MFD est la même donnée que l’AFD et CVD% est le CV.

Le Spin fineness est une bonne mesure à utiliser pour comparer la finesse des alpagas entre eux, justement parce qu’ils comprennent les données du CV et de l’AFD.

Si on prend l’exemple ci-haut avec le calcul simple: AFD 18.5 SD 3.3 CV 18.0% >30 0.6% curv 55.2 Un CV de 18%  (24%-18%= 6) équivaut donc à un peu plus d’un micron de moins pour cet animal au toucher, donc environ 17.3 microns.

>30

Ce pourcentage équivaut à ce que l’échantillon contient en fibres qui sont au-dessus de 30 microns.

On souhaite évidemment que ce chiffre soit le plus bas possible même si les meilleurs animaux ont quand même tous quelques poils de garde dans leur toison. 

Un pourcentage trop élevé va affecter la douceur et le confort associé à la fibre, mais aussi la rentabilité de la toison.

CURV

La courbure (curvature) est une donnée qui n’est pas toujours présente dans l’histogramme, mais que j’aime de plus en plus observer au fil de mes recherches.

Elle donne comme information le degré de la courbe à chaque vague dans la fibre (crimp) en millimètre.

Malgré ce que certains pensent, le crimp n’est pas seulement un critère d’appréciation personnelle, mais une donnée très intéressante pour l’amélioration de la qualité de la fibre puisqu’une fois filée, cette courbure va modifier non seulement le volume du fil (pour qu’il soit bien spongieux au toucher!), sa mémoire (sa capacité à reprendre sa forme), mais aussi son coefficient de chaleur.

De façon générale, surtout pour l’alpaga puisqu’il tend à avoir une courbure beaucoup moins prononcée comparativement à d’autres fibres de qualité, plus le degré de courbure est élevé, plus c’est positif !

Il faut savoir cependant que plus ce chiffre est élevé et moins généralement la fibre aura de la longueur (mais sera plus élastique par contre).

Un alpaga qui a une belle longueur ET un degré de courbure élevé; c’est le paradis ! 🙂

Comparaison d’histogrammes

C’est après cela que ça devient amusant et intéressant !

Parce qu’une fois que nous savons lire les analyses (et que les maux de tête associés à la compréhension ont disparu !), on peut comparer plus facilement les animaux entre eux.

Même si nous n’avons pas tous les renseignements sur les animaux, ces histogrammes peuvent faire influencer notre intérêt réel pour un animal ou nous aider à choisir entre deux animaux très similaires.

Il faut noter évidemment l’âge que l’animal avait lors de l’histogramme; parce qu’en comparant des animaux qui n’ont pas le même âge, on compare évidemment des pommes et des oranges !
Animal #1, 1 an: AFD 19.6 SD 3.7 CV 19.0% >30 1.3%, curv 41.0
Animal #2, 1 an: AFD 20.7 SD 4.9 CV 23.8% >30 2.4%

Ici, par exemple, on remarque que le premier animal a une meilleure finesse (AFD) que le second d’environ 1 micron.

Si on regarde le CV, on remarquer 5 pourcents en bas de 24% pour le 1er animal ce qui lui donne environ 1 micron de douceur supplémentaire au toucher pour un total de 2 microns plus doux que le 2e animal.

Le nombre de poils de garde pour le premier animal est aussi en deçà par rapport au 2e.

Plusieurs histogrammes valent mieux qu’un seul !

Un seul histogramme en dit beaucoup sur la fibre pour un moment bien précis dans le temps.

Par contre, rien de mieux que de comparer plusieurs histogrammes d’un même animal puisqu’il nous présente l’évolution de la toison sur plusieurs années, donc également une idée de comment celle-ci va évoluer dans le futur.

Je te fais donc ici une analyse personnelle de deux animaux…un exemple va te convaincre !

Animal #1
1 an: AFD 19.6 SD 3.7 CV 19.0% >30 1.3%, curv 41.0
2 ans: AFD 20.9 SD 3.5 CV 16.9% >30 1.3%, curv 44.9
3 ans: AFD 25.1 SD 4.0 CV 15.8% >30 6.4%, curv 40.7
4 ans: AFD 23.1 SD 3.9 CV 16.9% >30 3.3%, curv 39.3

Animal #2
1 an: AFD 20.7 SD 4.9 CV 23.8% >30 2.4%
2 ans : AFD 20.2 SD 4.3 CV 21.5% >30 2.0%
3 ans: AFD 22.8 SD 5.2 CV 22.9% >30 6.3%
4 ans: AFD 24.9 SD 4.9 CV 19.8% >30 11.8%

Tu retrouves ici les mêmes 2 animaux que nous avons évalués précédemment.

Par contre, dans ce cas, avec plusieurs histogrammes, on peut faire une analyse beaucoup plus intéressante.

Par exemple, dès la 2e année, on remarque que la toison du 2e animal n’a presque pas changé. 

En ce qui concerne la 2e toison du premier animal, son AFD (micron) a augmenté de 1.3 point. On pourrait de prime abord dire que le 2e animal est meilleur parce qu’il a su conserver sa finesse, mais avant toute déduction facile, il faut observer le CV qui a changé également…

Pour le premier animal, en réalité, la douceur au toucher est d’environ 1.5 points inférieurs à l’AFD (CV24%-16.9%= 7.1/5 = 1.42 micron de moins), donc de 19.5 microns tandis qu’il ne change que de 0.5 micron pour le deuxième animal (19.7 microns).

Le 1er animal est donc, encore à mon avis, à sa 2e année, le plus intéressant du point de vue de l’histogramme, même si la finesse moyenne a bougé un peu plus que celle du deuxième animal.

À la 3e année, on remarque un changement drastique du 1er animal avec un AFD de 25.1 microns et un CV de 15.8%. Il a toujours un toucher de 23 microns environ tout comme le 2e animal à cause de son CV.

Normalement, il faut noter les changements brusques dans l’histogramme; si c’était le dernier histogramme disponible du premier animal, on pourrait croire à un blow out à sa 3e année (un changement brusque de qualité de la fibre), mais le 4e histogramme confirme que ce n’est pas le cas puisque le micron diminue de nouveau à l’âge de 4 ans et que la différence de micron est toujours de 1 micron par année environ.

Il est à noter qu’un surpoids peut faire monter de plusieurs microns le diamètre de la fibre de l’animal; c’est ici le cas.

On remarque qu’à 4 ans, le 2e animal reste à labour du 1er malgré une évolution normale de sa fibre. Le poil de garde du 2e animal s’est d’ailleurs développé beaucoup plus rapidement que celui du premier animal qui était toujours à 3.3% à 4 ans comparativement à 11.8% pour le 2e animal.

En moyenne, il y a une augmentation d’environ 2 microns au maximum entre la 1re et la 2e année et d’un micron par année par la suite bien qu’il y ait des exceptions.

Des animaux qui n’augmentent pas avec les années (et même dont la finesse s’accentue!), ça existe, mais c’est très rare !

Pour ce qui est du CV en général sur ces deux animaux, le premier animal semble avoir une meilleure uniformité de micron dans son échantillon, ce qui signifie que ça risque d’être le cas dans sa toison également… ce qui est somme toute doublement intéressant vu la belle progression de la finesse que nous avons analysée !

L’histogramme n’est pas infaillible

Oui, même si l’histogramme est une façon très pratique de comparer deux animaux entre eux, il y a un lot de pièges qu’il faut éviter et prendre les résultats pour ce qu’ils sont…

1. N’achetes pas seulement en te servant d’un histogramme

Même s’ils sont TRÈS pratiques, ils ne donnent aucune information sur l’état de santé de l’animal, sur l’état de ses dents, les pattes, les onglons… etc.

La densité et la longueur de fibre sont aussi une partie très importante de l’évaluation de la fibre d’un animal et les histogrammes ne donnent pas ces renseignements.

N’oublies pas qu’un histogramme ne reste qu’un outil parmi tant d’autres…

2. Maigre ou gras, ton alpaga ?

L’état de chair de l’animal a beaucoup d’impact sur l’histogramme. Un animal trop maigre va avoir un histogramme particulièrement alléchant (faible micron) mais ne vous donne pas nécessairement un animal en santé.

Et une fois son poids santé repris, l’histogramme montre la vraie face de l’animal… avec peut-être quelques problèmes physiques supplémentaires créés par ce laps de temps où l’animal n’avait pas ce dont il avait besoin en nutriments…

Un animal trop gras va avoir un histogramme souvent de plusieurs microns plus élevés par rapport à ce qu’il peut avoir; savoir que l’animal est en surpoids peut aider puisque la comparaison n’est pas la même que si son état de chair était correct !

Nous voulons évaluer ce que l’animal a intrinsèquement comme qualité, non ce qu’il a en réalité sur son histogramme coûte que coûte… il faut donc faire un biais parfois à certaines données récoltées !

3. L’histogramme, ça se triche aussi…

Certaines méthodes de calcul par les laboratoires peuvent être contournées quand on sait exactement à quel moment «on doit faire jeûner l’alpaga»…

Oui, je sais, tu peux lever les yeux au ciel; c’est déprimant de lire ça… Est-ce que des éleveurs le font réellement ? Ça reste à voir…

Il existe différentes machines pour tester la fibre et les plus utilisées sont le Laserscan et l’OFDA 100.

Pour l’analyse, ces machines demandent un échantillon de moins de 2 mm de longueur de la fibre qui est coupée dans l’échantillon que l’éleveur a envoyé…à une distance bien précise… qui correspond aussi à un moment bien précis de la pousse de la fibre.

Cette mesure correspond à peine à quelques semaines de vie dans une année et c’est pourquoi on sait que théoriquement, l’analyse peut être truquée…

Contrairement à ces machines, l’OFDA 2000 donne un rapport basé sur toute la longueur de la fibre envoyée, donc sur toute la croissance de la fibre.

Pour en savoir plus sur l’histogramme et tous les autres outils disponibles actuellement pour évaluer un animal;

Sources: 1.A definitive guide to alpaca fiber, Cameron Holt. | 2.http://www.aaft.com.au/guide.html | 3.http://www.alpacas.com/AlpacaLibrary/Html/FiberTesting.htm

Prix d’un alpaga | Combien coûte un alpaga ?

mars 30th, 2016 by

Avant même de considérer la qualité de fibre de l’alpaga pour établir le prix de vente de son animal, l’éleveur doit bien se rendre à l’évidence; élever un alpaga, de base, ça coûte quelque chose.

Quand bien même, comme client, on aime payer moins cher, l’éleveur, lui, doit être rentable et considérer ce coût de base dans son calcul.

Et c’est des bribes de ce calcul de coût que je vais démontrer dans les prochains paragraphes, pour qu’on me comprenne bien.

Le prix d’un alpaga ou – même donner la vie coûte quelque chose – …

Ce n’est pas parce que la naissance a lieu naturellement que chaque nouvel animal qui atterrit au sol entre dans la colonne profit d’un élevage, loin de là !

Selon mes calculs, un alpaga coûte chaque année 250$ (minimum) en soins et nourriture au Québec. C’est sans compter le temps passé à s’occuper de lui et des frais vétérinaires, s’il y a lieu.

Et ce 250$, c’est un chiffre assez bas et c’est très variable selon les conditions d’élevage et les régions. Des collègues arrivent à des chiffres comme 450$/an ou 500$/an par alpaga.

Un animal vendu à l’âge de 2 ans (un âge respectable pour avoir une petite idée de sa qualité) va avoir déjà coûté minimalement 500$ à l’éleveur en soins de base, n’incluant pas son temps et les frais variables.

Un alpaga ou une chèvre qui naît… c’est pas mal la même chose, non ? NON !

Prix d'un alpaga | la naissance a un coût

La chèvre laitière (quand alimentée pour la production de lait) coûte environ 330$ par année, donc plus que ce que nous avons calculé minimalement pour un alpaga (250$) MAIS moins cher que pour d’autres éleveurs d’alpaga (450$). Calculons donc au même coût d’entretien qu’une chèvre, pour ce calcul.

La chèvre est prête à se reproduire plus rapidement que l’alpaga (7 mois comparativement à 2 ans pour un alpaga), la gestation est moins longue (5 mois pour la chèvre comparativement à environ 11 mois 1/2 pour l’alpaga) et a plus de chance d’avoir deux bébés à la fois (les naissances multiples sont très très rares chez l’alpaga).

La chèvre vaut facilement plusieurs centaines de dollars… l’alpaga ne peut pas, logiquement, valoir le même montant en ayant un taux de reproduction plus faible et beaucoup plus lent !

Pour avoir un bébé alpaga: une femelle doit avoir 2 ans de vie + près d’an de gestation = 990$.

Pour avoir un chevreau: la chèvre doit avoir 7 mois de vie + 5 mois de gestation = 330$

Déjà, le chevreau coûte environ 1/3 du coût du cria… si la chèvre a deux chevreaux, on peut diviser de moitié les coûts, pour environ 165$ !

Un cria, donc, c’est environ 3x à 6x le coûtant d’un chevreau !

Avec des coûts à 330$/alpaga, vendre un alpaga de 2 ans à 1650$ (990$ + 660$) (en mettant de côté la production de l’animal (fibre) comme je l’ai fait avec la chèvre (lait)), ce n’est donc pas profitable du tout pour l’éleveur.

Dans ce contexte, j’ai fait un calcul simplifié avec une femelle qui fait naitre un seul cria.

Je n’ai pas inclus dans le calcul l’investissement immobilier pour avoir les animaux et le troupeau de départ, le nombre de bébés variable qu’une femelle pourra avoir dans sa vie (l’éleveur doit pouvoir se garder une relève s’il veut continuer et donc dans ce contexte, il ne peut pas vendre tous les animaux qui naissent sur sa ferme) et je n’ai pas ajusté non plus avec le taux de mortalité plus élevé de la première année de vie des animaux. Et il y a encore beaucoup d’autres variables probablement à ajouter au calcul selon les différents contextes d’élevage.

Le coûtant réel est donc plus élevé encore !

Un alpaga de 2 ans a coûté environ 1650$ à l’éleveur… et ensuite ?

L’alpaga est un animal élevé principalement pour sa fibre qui est reconnue comme une des plus luxueuse, chaude, confortable et douce au monde… et c’est la qualité de la fibre produite qui donne en majeure partie la valeur d’avoir un alpaga.

C’est ce qui explique que les prix varient énormément; facilement de 2 500$ à 30 000$… et parfois plus !

Il y a même un alpaga mâle (un grand reproducteur) qui s’est déjà vendu…1/2 million ! Dans son cas, c’était évidemment la valeur génétique qui était tant désirée et qui a fait grimper les offres.

Le prix des femelles est très souvent supérieur à celui des mâles, compte tenu de leur état gestationnel quasi permanent. 

Leur capacité à se reproduire est évidemment précieuse lorsqu’on en fait l’élevage, expliquant aussi ce prix plus élevé; on n’a théoriquement besoin que d’un ou deux mâles reproducteurs pour accoupler à la ferme… mais de plusieurs femelles à saillir !

Le prix des mâles, pour sa part, est plus variable et vise les extrêmes.

Une très grande majorité de mâles ont une valeur moindre que les femelles et c’est souvent eux qui ont les prix les plus bas (le milieu de l’élevage n’a pas besoin d’autant de mâles qu’il n’en naît, comme je le décrivais plus haut…).

Par contre, les reproducteurs mâles de qualité peuvent valoir facilement le double ou le triple du prix d’une femelle pour leur potentiel génétique à apporter à une autre ferme. Historiquement, les plus hauts prix de vente d’alpagas proviennent de la vente de mâles.

Outre le sexe, l’âge de l’animal, les qualités de sa fibre (sa finesse, la couverture de la fibre sur l’animal, la longueur et l’uniformité de la toison, la densité de la fibre… etc.) et d’autres qualités génétiques et physiques jouent un rôle déterminant dans le prix d’un alpaga.

Dans le prix vient aussi toujours une partie plus subjective; un animal peut valoir plus pour un éleveur et moins pour un autre, dépendant ce que celui-ci possède dans son troupeau, sur quoi il mise et ce dont il a besoin actuellement.

Malgré tout, le prix doit pouvoir majoritairement s’expliquer; un éleveur consciencieux peut normalement verbaliser l’exercice à l’acheteur. Parfois, c’est la notoriété de l’animal (et de l’éleveur) qui va dicter une partie de la valeur, mais c’est très rarement seulement ça…

Acheter un « alpaga pas cher »…

Un « alpaga pas cher », (vous savez celui qu’on déniche à 1000$, 500$ même 250$ !) c’est soit…

1. Un alpaga bas de gamme.

Quand je dis «bas de gamme», je fais référence surtout à la qualité de la fibre de l’animal qui ne vaut généralement pratiquement rien (la valeur et l’intérêt de l’alpaga reposent beaucoup sur la qualité de la fibre…) mais la structure physique et la santé de l’animal peuvent aussi être problématiques.

C’est un animal de ferme qu’on dit souvent de compagnie et généralement à ce prix, vendu par un particulier qui n’offrira aucun service après vente.

Je souligne ici qu’animal bas de gamme n’a pas la qualité pour être un reproducteur; démarrer un élevage avec des alpagas de piètre qualité, c’est se tirer dans le pied royalement (j’en parle dans cet article sur la rentabilité de l’alpaga).

Pour celui qui souhaite acheter un alpaga de cette qualité afin de tricoter simplement sa fibre, je ne le conseille pas non plus. Une mauvaise qualité de la fibre de l’animal aura un réel impact sur la douceur et confort des tricots au point où certaines personnes ne pourront même pas les porter.

C’est sans compter également que la qualité de la fibre de l’animal sera en décroissance avec les années; même à ce bas prix, c’est plus rentable d’acheter un fil d’alpaga tout prêt à être tricoté qu’un alpaga de cette piètre qualité.

Si c’est seulement pour avoir des alpagas à regarder par sa fenêtre, alors c’est un contexte différent et il est peut-être plus sensé d’acheter des alpagas bas de gamme dans ce cas… même si cela signifie que ce sera indéfiniment une grande dépense annuelle de les entretenir.

2. Un alpaga qui doit être liquidé à ce prix pour une raison autre que la qualité de l’animal.

Honnêtement, c’est plutôt rare que le prix ne soit pas relié du tout à la qualité des animaux et personne n’aime dilapider son argent durement gagné: les animaux de meilleure qualité vont être en vente plus chers que ça, même en super super super liquidation.

Et s’ils sont de qualité, ils vont trouver preneur rapidement malgré leur plus haut prix. C’est le rêve de l’acheteur qui cherche un animal peu dispendieux de trouver une magnifique perle pour une bouchée de pain… mais les rêves, des fois…

Alors, un alpaga à moins de 1500$, même en super liquidation, personnellement, je me pose de très sérieuses questions sur sa qualité et sa santé.

3. Un animal problématique

Qui voudrait d’un alpaga avec un syndrome de Berseck (comportement déviant d’attaque envers l’humain) ou d’un alpaga malade qui risque de coûter très cher plus tard ?

J’ai vu régulièrement des gens acheter des alpagas à bas prix et se retrouver par la suite avec des factures de vétérinaires très élevées pour soigner les problèmes de santé que l’animal avait déjà à l’achat… Ce n’est pas avantageux, un stress supplémentaire pour le nouveau propriétaire et le prix -final-, dans ce cas, est aléatoire.

À quel prix devrait-on vendre ? Quel prix payer pour un alpaga, alors ?

Ça dépend du projet et des aspirations.

Un éleveur sincère va guider l’acheteur vers un alpaga adapté à ses besoins et saura justifier son prix.

Pour pouvoir faire simplement la transformation de la fibre de l’alpaga, l’animal doit idéalement être assez jeune pour que sa finesse soit encore là et avoir une génétique qui va permettre une bonne qualité de fibre continue pendant plusieurs d’années; c’est donc intéressant de payer un peu plus cher à ce niveau.

Pour en avoir pour son argent, l’idéal est d’acheter une femelle (même si elles sont plus dispendieuses que les mâles). Ainsi, quand la qualité de sa fibre va laisser à désirer, la femelle pourra être accouplée et donner naissance à un cria (ou plus !) qui vont donner un regain de finesse à la qualité des tricots… et une descendance pour ne pas perdre l’investissement initial.

Malgré tout, l’achat de mâles reste intéressant quand le projet n’est que pour la fibre, surtout si on ne souhaite pas avoir à gérer les risques d’une gestation. Ils sont aussi plus disponibles et moins dispendieux.

Un alpaga moyen de gamme entre 2 500$- 5 000$ pourrait faire l’affaire dans ce cas.

Pour faire des compétitions ou de la reproduction (de la vrai, qui considère la génétique animale et pas juste des naissances) et travailler une qualité de fibre exceptionnelle, il faut être prêt à mettre autour de 6 000 à 15 000$ minimum pour une femelle de bonne qualité.

Oui, c’est plus dispendieux, mais la qualité des crias (et la fibre !) en sera proportionnelle si l’animal est bien choisi.

Avec un animal d’une meilleure densité de fibre et avec une meilleure longueur de fibre, il y a plus de volume à transformer par animal. C’est donc des alpagas qui peuvent atteindre plus facilement la rentabilité, en particulier si la fibre a une excellente finesse et constance dans celle-ci.

Et c’est sans compter qu’un animal de meilleure qualité génétique portera plus facilement aussi une progéniture de qualité qui pourra être vendue à bon prix.

L’alpaga est un animal grégaire vivant en troupeau; ils doivent être au minimum 3 ensemble. Il faut donc s’attendre à débourser pour plusieurs animaux en même temps au premier achat.

Conclusion

L’alpaga est nécessairement plus dispendieux que d’autres animaux de ferme due majoritairement à la lenteur de sa reproduction.

D’autres éléments viennent par contre entrer en ligne de compte quand il s’agit du prix des animaux, en particulier la qualité de la fibre et le sexe de l’animal, mais aussi certains autres plus subjectifs.

Les animaux peu dispendieux sont souvent des cas à problèmes et n’apportent que peu d’avantages au propriétaire, comparativement aux alpagas un peu plus dispendieux.

Il vaut donc souvent la peine de payer un peu plus pour avoir service après-vente et une qualité de fibre supérieure avec laquelle travailler. Celle-ci, même dans le cas d’un animal acheté uniquement pour le plaisir, apportera un bonus plaisant, rendant même la possession de l’animal plus rentable.

Cria | 3 raisons majeures de ne jamais acheter un bébé alpaga !

février 5th, 2016 by

Les bébés alpagas sont au summum du cute et dans toute leur splendeur.

Les joues touffues à souhait, la petite bouille sympathique, ils sont curieux de ce qui les entoure, ils jouent beaucoup entre eux, attirent les regards et sont aussi tout doux au toucher…

Et puis on est tellement habitués à acheter des bébés chats, des bébés chiens… quand on se lance dans la reproduction de l’alpaga ou qu’on veut transformer leur fibre, pourquoi ne pas acheter un ou des bébés alpagas pour démarrer ?

Est-ce seulement une technique pour vendre les « vieux » reproducteurs que de conseiller de ne pas acheter de bébés ? Non.

Acheter un alpaga avant l’âge de 2 ans, c’est jouer à la loterie en ce qui a trait à la qualité de l’animal en devenir et ce n’est pas des plus efficace sur le plan financier pour se démarrer un projet, loin de là.

1. Personne ne connaît la qualité d’un bébé alpaga au final

Achètes de la qualité; celui qui s’est le moindrement renseigné pour faire de la reproduction (ou de la transformation !) de l’alpaga l’aura probablement entendu plus d’une fois.

On peut regarder l’arbre généalogique de l’animal et ses ancêtres pour avoir une idée de la qualité de l’animal, mais ça ne dit pas tout; ce n’est qu’un indice de ce qu’on peut trouver dans les gènes de l’animal et les qualités tant recherchées des parents peuvent se développer… ou non.

La règle des 5 ans pour mieux prédire

La règle dit qu’on ne peut prédire à 100% la qualité du phénotype d’un alpaga que vers l’âge de 5 ans environ. Avant 5 ans, on ne le fait qu’à une fraction.

Pourquoi ? Parce qu’on a accumulé assez de matériel statistique et de visu à ce moment-là pour évaluer son développement (conformité et fibre) et prédire assez justement le développement de la toison dans l’avenir.

L’alpaga de 5 ans peut aussi déjà avoir des descendants de 2 ans, ce qui permet de prédire un peu plus encore son potentiel, cette fois, comme reproducteur.

L’âge le plus intéressant pour acheter un alpaga reproducteur est à environ 3-4 ans et à 2 ans si ce n’est que pour faire de la transformation à mon avis.

L’animal reste jeune à cet âge, mais il est déjà plus facile d’évaluer ses qualités physiques parce qu’il a passé le cap le plus critique de son développement (dont le plus grand développement de ses follicules pileux, qui va déterminer la quantité de fibre qu’il va porter).

Un éleveur consciencieux aura déjà acquis aussi beaucoup d’informations sur lui à cet âge (des histogrammes, une biopsie de peau, des statistiques, des échantillons… et l’animal sera peut-être déjà prouvé également dans le cas d’un reproducteur…).

La première toison de l’animal (celle du bébé alpaga) est, en règle générale, sa plus belle à vie (côté finesse) mais est peu lourde, parfois fragile (limitant la transformation) et souvent plus contaminée; elle n’est donc pas plus avantageuses à avoir que la 2e ou 3e toison de l’animal où l’alpaga produit alors plus de fibre qui est généralement aussi plus saine et moins contaminée.

La première toison donne un indice de base sur la qualité à venir de l’animal, MAIS… malgré une belle première toison, des défauts majeurs peuvent venir entacher la qualité des suivantes. La 2e toison est souvent beaucoup plus révélatrice.

L’évaluation du prix est difficile

Pour évaluer un alpaga, un éleveur chevronné en connaît plus qu’un jeune acheteur mais il reste difficile de mettre un prix sur un cria.

Comment va-t-il évoluer ?

Allez savoir; l’éleveur n’est pas devin même s’il décèle plus facilement le potentiel chez les alpagas et les génétiques qu’il possède qu’un néophyte dans le domaine.

Est-ce qu’il est vendu trop peu cher ou trop cher pour sa qualité ? Vendre un cria ou acheter un cria, c’est la même loterie; parfois on gagne, parfois on perd.

La différence entre le vendeur et l’acheteur, c’est que le premier n’aura plus de risque à supporter après la vente et aura fait de l’argent quand bien même ça aurait pu être plus.

L’acheteur, de son côté, va vivre avec les risques de perte et de maladie au quotidien et investir de l’argent / du temps sur l’animal acheté pendant de nombreuses années avant d’en voir un fruit.

La croissance et le développement

Nous avons parlé plus haut de la qualité de la fibre, mais…

Comment le bébé alpaga va-t-il grandir ?

Normalement, si les parents ont une belle conformité, il y a de bonnes chances que le cria en ait une belle aussi.

Personne ne peut prédire par contre ce qu’un mix génétique va donner; comme la croissance n’est pas terminée encore,  il y a toujours un risque de mauvais développement.

Il pèse moins que le minimum pour être conforme et reste tout petit à 2 ans ?
Ses testicules ne se développent pas comme il faut ?
Il ne pourra jamais être enregistré !

La fibre est une chose, mais il y a aussi des paramètres chez un reproducteur qu’on ne peut connaître qu’une fois adulte, comme la fertilité.

2. Acheter un bébé alpaga et payez finalement plus cher

Les bébés alpaga ne sont pas moins dispendieux que les adultes.

En pratique, peut-être, c’est vrai dans certains cas… en réalité JAMAIS.

Un bébé alpaga ne peut pas s’accoupler avant quelques années (2 ans chez les femelles et généralement 3 ans chez les mâles) et il faut une année supplémentaire avant de voir naître un premier cria.

Il faut non seulement donner les soins de base pendant ces années, mais aussi leur donner des soins vétérinaires quand ils vont en avoir besoin (un montant qui est difficile à prévoir).

Les risques de décès sont toujours d’actualité même si les alpagas sont jeunes; un alpaga qui meurt avant la naissance de son premier cria, c’est perdre son investissement.

Dans une façon de faire les choses; se procurer une femelle gestante au lieu d’un cria permet d’avoir un descendant de la même génétique peu de temps après l’achat, épargnant la perte totale de l’investissement en cas de décès.

Et en prime… un adulte qui se sera reproduit est prouvé, réglant le cas des risques d’infertilité génétique.

Attendre toutes ces années (et plusieurs de plus en essais) pour avoir un cria du bébé préalablement acheté et se rendre compte que l’animal est stérile; c’est frustrant ! Très frustrant !

Et même avec compensation de l’éleveur qui a vendu l’animal (s’il est encore en affaire) reste que ça ne rembourse pas les années d’attente perdues ni l’argent investi pendant ce temps sur l’animal.

3. Le bébé alpaga va changer… et parfois pas comme souhaité !

Ce n’est pas un secret; le petit cria va devenir grand et assez rapidement. Les joues se dégarnissent avec le temps, il devient plus grand et peut-être moins sympathique. S’il voulait jouer, il va vouloir bientôt passer presque tout son temps à manger et à ruminer…

Les comportements aberrants

Si le but était d’acheter un bébé alpaga pour le mettre à sa main pour des projets particuliers (comme un projet agrotouristique / de zoothérapie) ou seulement pour le plaisir de le côtoyer et de le flatter pendant qu’il est jeune… Prenez garde !

Avez-vous entendu parler du syndrome de Berseck et des comportements aberrants du lama et de l’alpaga ?

Ce syndrome du camélidé agressif (qui se voit aussi chez les lamas) rend l’alpaga, en particulier le mâle, dangereux à côtoyer une fois adulte parce qu’il va tenter d’attaquer l’humain dès qu’il en a l’occasion. Ce désordre comportemental mis au jour une fois l’animal à maturité, se développe par une trop grande imprégnation à l’humain lorsqu’il y a des rapprochements trop grand avec le bébé alpaga ou que ce dernier est isolé de son troupeau / de son espèce.

Ce n’est pas tous les alpagas qui côtoient les humains de près qui vont le développer (ou du moins, pas dans sa forme la plus sévère).

Le comportement peut être seulement embêtant dans certains cas ou à l’extrême, créer un véritable danger dès qu’un humain rentre dans l’enclos de l’animal.

Un alpaga qui connaît les règles de son espèce va être beaucoup moins dérangeant et agréable qu’un alpaga avec des problèmes comportementaux, aussi léger soit-ils. C’est donc à prendre sérieusement en considération.

Il est possible d’entraîner un alpaga et de faire beaucoup de choses avec lui, mais il est préférable de le faire quand il a appris à se comporter comme un alpaga au préalable, pour éviter ce genre de problèmes.

On ne devrait donc jamais cajoler ou tenter d’entraîner un alpaga en bas de l’âge de 7-8 mois; l’alpaga peut être aisément entraîné facilement tout au long du reste de sa vie.

Conclusion

Vous souhaitez entrer dans le vif de la reproduction rapidement et avoir rapidement un bébé alpaga ?Acheter une femelle gestante au printemps est vraiment la meilleure alternative.

5 raisons pourquoi il est préférable d’acheter un alpaga au printemps

février 2nd, 2016 by

Pourquoi acheter un alpaga au printemps ?

Les alpagas sont sales, le ménage printanier n’est pas fait (dans sa cour et dans celle des éleveurs !), le temps est bouetteux (surtout sur une ferme!) et la carte de crédit est souvent encore remplie des récents cadeaux des fêtes.

Pourtant, c’est la période de l’année la plus propice pour acheter un alpaga ! Vraiment !

Je présente ici les 5 raisons principales qui expliquent pourquoi il est préférable d’acheter un alpaga au printemps.

D’ordre économique ou qualitatif, ces raisons surpassent à coup sûr certaines des défaites qu’on peut se donner pour attendre à l’automne.

Et si l’argent n’est pas tout amassé encore pour cet achat ou que les pâturages ne sont pas prêts encore à recevoir les animaux, la plupart des éleveurs peuvent souvent offrir de financer pendant une période et de garder les animaux en pension un temps… ça permet généralement d’acheter facilement au printemps pour les recevoir plus tard l’été ou à l’automne… 🙂  

1. Les alpagas ont toute leur toison

Dans le milieu, on parle souvent de «full fleece» pour parler de cet espace-temps, vers avril, où la toison de l’animal a presque exactement une année de repousse.

C’est LE moment où il est possible de voir la qualité de la toison sur toute sa longueur (et de voir cette longueur !).

Ce n’est pas pour rien que la majorité des compétitions d’alpaga sont faites durant cette période.

Une belle longueur de repousse sur les pattes ou dans le cou ? Ça ne se voit souvent que sur l’animal parce que ces statistiques sont rarement prises en note par l’éleveur.

Attention cependant à la longueur sur les pattes; certains tondeurs gardent une bonne partie de la fibre sur celles-ci pendant la tonte ce qui pourrait fausser l’analyse au printemps suivant ! Dans le doute, on s’informe sur la façon dont ont été tondues les pattes.

La densité est une des choses qu’il est extrêmement difficile d’évaluer d’un animal, surtout si la toison n’est pas sur le corps de l’animal ! À moins bien sûr que l’éleveur ait fait faire une biopsie pour obtenir la densité des follicules de la peau vers 24 mois d’âge (ce qui est relativement rare au Canada), une visite avant la tonte est l’occasion idéale d’avoir l’heure juste et ne pas se fier à des ouï-dire avant d’acheter l’alpaga.

Certains se fient sur le poids de la fibre récoltée à la tonte pour avoir une idée de la densité de l’animal. Selon la technique de tonte et la fibre gardée dans la toison (ou non !), le résultat peut être trompeur.

Le meilleur atout de l’acheteur pour la densité reste donc, à moins d’avoir une biopsie sous la main ou de pouvoir comparer d’autres données, d’aller voir l’alpaga en personne pour l’évaluer soi-même…

La constance de la finesse ou du crimp sur le corps entier de l’animal est aussi beaucoup plus facile à apprécier quand l’animal est devant nous. Trouver le centre de la cuisse sur une toison ensachée est parfois une épreuve de force et la fibre du cou ne sera peut-être même pas disponible.

Certains éleveurs gardent des échantillons de la fibre des cuisses et des épaules en plus de la toison principale, mais c’est loin d’être le cas de tous et surtout loin d’être le cas pour tous les animaux (il faut imaginer l’espace et la gestion requise pour conserver ça pour un gros troupeau !)

2. Quand on va acheter un alpaga, on le voit mieux… tout nu ! 🙂

La tonte a lieu souvent au milieu mai, parfois un peu plus tard, selon les disponibilités et le contexte météorologique régional. Les éleveurs des régions les plus au nord sont souvent les derniers à tondre et parfois, ce n’est fait qu’en juin.

Après avoir vu un alpaga avec toute sa toison, quoi de mieux que de le voir… tout nu un mois ou deux plus tard !

Ça permet non seulement d’apprécier d’autres de ses qualités (ou de voir des défauts cachés !), mais aussi de le voir une seconde fois avec un regard nouveau.

La tonte fraîchement faite permet en premier lieu d’apprécier certaines statistiques de tonte de l’année (bien qu’il faut prendre le poids de la toison d’un alpaga avec un gros bémol, elle peut nous donner quelques indices supplémentaires sur le niveau de densité de l’animal).

Voir l’animal tondu ensuite permet une inspection plus méticuleuse de son état de chair qui est souvent plus difficile à voir quand la fibre est longue (et dense !) ainsi que son état général.

Des lésions ?
Un problème de parasite ?
On a l’heure juste !

La tonte fraîchement faite permet d’examiner plus facilement la conformité de l’animal dont celle des pattes, bien que certains tondeurs laissent parfois beaucoup de fibre sur celles-ci et rendent l’examen d’un angle un peu plus difficile à voir.

Courbure du dos ou dos bien droit ?
Largeur du devant de l’alpaga ?

Des petites choses qu’on regarde plutôt en aveugle quand la toison est présente… et qui peuvent nous conforter sur notre choix ou nous faire changer d’idée !

3. Tout frais et prêt à se reproduire

Si la transaction se conclus rapidement, il y aura peut-être un cria à peine quelques mois après l’achat (si c’est une femelle gestante).

La femelle était ouverte lors de la vente? Elle sera prête pour la saison des accouplements dès son arrivée (ou presque !) et va permettre de l’accoupler tôt (ou de l’accoupler, simplement; ce qu’on ne peut pas faire si elle est ouverte et achetée en septembre !).

Pour les éleveurs aguerris, acheter un alpaga reproducteur au printemps permet de profiter immédiatement de ses services de reproduction.

Acheter un mâle à l’automne et devoir le nourrir tout l’hiver sans avoir pu l’accoupler est un peu moins sécuritaire comme méthode; nous travaillons avec des êtres vivants et les décès sont possibles.

Un achat au printemps est donc moins risqué côté investissement puisqu’on sait qu’il va se rentabiliser certainement avec les crias à naître et qu’il n’y aura pas de mauvaises surprises.

4. Acheter un alpaga… et une toison pour commencer…

Pour quelqu’un qui est plutôt certain de lui et qui ne souhaite pas voir l’animal après la tonte (ou qui a déjà vu l’animal précédemment), acheter avant la tonte permet de conserver la toison de l’année.

En transformant cette fibre, c’est peut-être un 1000$ en profit supplémentaire sans avoir eu à soigner et nourrir l’animal toute l’année… donc un bon bonus !

5. Les éleveurs font le ménage… c’est le printemps !

Une des raisons principales et non la moindre d’acheter un alpaga au printemps… c’est le printemps !

Il y a beaucoup de changements de statut dans les troupeaux le printemps venu… Les jeunes mâles vont retrouver enfin le troupeau des grands reproducteurs (ou non !).

Les crias, s’ils étaient à part, vont rejoindre les femelles ou les jeunes mâles et vont être divisés à jamais.

Les femelles qui vont donner naissance pendant l’été sont parfois mises dans un troupeau à part pour un suivi plus serré pour la criation.

Et c’est souvent à ce moment que l’éleveur d’alpagas se rend compte qu’il commence à manquer de place, qu’il a beaucoup de femelles avec la même génétique ou qu’il va se résigner sur le fait qu’un de ses jeunes mâles ne va jamais se reproduire à la ferme malgré qu’il soit superbe parce qu’il est lié à une bonne partie du troupeau…

Le printemps est donc souvent l’occasion de dénicher des perles chez les éleveurs et souvent, ces animaux viennent à peine d’être mis en vente.

Conclusion

Que ce soit pour mieux évaluer l’alpaga devant nous ou pour profiter d’un -bonus- comme la toison de l’année ou le cria porté sans avoir eu à débourser pour l’entretien de l’animal pendant un an; il y a beaucoup de raisons d’acheter un alpaga au printemps au lieu d’une autre saison.

Et cela, c’est sans compter qu’on pourra plus facilement profiter de nos nouveaux alpagas et faire les constructions qui s’imposent pour les accueillir avec l’été qui suit.

Reproducteur | Choisir et acheter un alpaga pour la reproduction

septembre 25th, 2015 by

Acheter un alpaga reproducteur est plus complexe que d’acheter un alpaga pour la production de fibre, en ce sens que l’on ne doit plus alors seulement se fier à l’animal devant nous, mais aussi à tout le potentiel (et défauts!) qu’il peut transmettre à sa progéniture.

Bien que l’on recherche majoritairement certains traits chez un alpaga reproducteur de qualité, ton plan d’affaires et les buts de ton élevage va peut-être faire en sorte que tu vas accorder plus ou moins d’intérêt à certains traits.

Je te fais ici un survol de diverses caractéristiques qu’il faut surveiller…

La fibre d’un alpaga géniteur

La fibre d’un alpaga qui va se reproduire doit non pas être bonne, mais excellente.

Tu as donc tout intérêt à vérifier les principaux paramètres de la fibre lors de tes recherches avant d’acheter. On recherche le top 25% ou mieux pour devenir reproducteur dont les 5% supérieur sont considérés comme des reproducteurs d’élite.

Les mâles sont d’autant plus surveillés puisqu’ils vont mettre à terre plusieurs crias par année contrairement aux femelles.

Malgré tout, un excellent mâle ne fait pas de miracles accouplé avec une femelle bas de gamme qui va transmettre aussi une partie de sa génétique au cria à naître;

Acheter des bonnes femelles reproductrice est donc aussi important.

Pour sélectionner un alpaga reproducteur d’excellente qualité, plusieurs outils et paramètres peuvent t’aider.

Je te les présente bièvement ici; apprends à les apprivoiser, c’est la clé !

Histogramme

L’histogramme, c’est une analyse d’un échantillon de la fibre de l’animal, une année donnée et qui donne une panoplie d’informations sur la fibre avec une extraordinaire précision.

Finesse, variation de cette finesse dans l’échantillon, proportion de poils de garde et même, dans certains histogrammes, tu pourras voir inclus d’autres données dont l’angle du crimp de l’animal.

Un outil précieux qui va t’aider à comparer des animaux entre eux… et à voir comment vieilli un animal !

Doit-on se référer seulement à un histogramme avant d’acheter ?

Non, l’histogramme n’est qu’une donnée parmi tant d’autres qui peut être d’ailleurs faussé lorsque l’animal est amaigri (ou trop gras !); il est important d’avoir plus de données pour faire un choix !

Déjà, il est souhaitable d’avoir PLUS d’un histogramme pour voir l’évolution de l’animal. Ensuite, il faut considérer le résultat avec d’autres paramètres.

Gabarit de l’animal

Le gabarit de l’animal fait varier le poids de la toison… et puisqu’on choisi un reproducteur, le gabarit va faire varier celui de la descendance aussi.

C’est une raison de plus de bien sélectionner la grosseur de l’animal. Une toison plus légère, c’est moins de fibre et c’est également moins de profits possible par animal.

De plus, le gabarit va avoir un impact sur la facilité de la reproduction. Une petite femelle va peut-être avoir plus de difficultés avec ses grossesses/accouchements si le mâle est plus gros et un mâle va probablement avoir plus de difficulté aussi à accoupler une femelle beaucoup plus grosse que lui.

Densité de la fibre

La densité de la fibre est mesurable objectivement par une biopsie de la peau à environ 24 mois d’âge.

Peu d’éleveurs font cette analyse… et encore moins systématiquement sur tous les animaux parce que le test est assez coûteux.

Une biopsie va te renseigner sur la densité (quantité de poil par mm/carré), mais aussi sur la proportion de fibres primaires et de fibres secondaires (plus fines) dont le ratio est un autre indice de la qualité de la toison de l’animal.

S’il n’y a pas de biopsie effectuée sur l’animal convoité, tu vas devoir te fier à l’éleveur pour la densité, aller évaluer toi-même l’animal ou demander les services d’un juge pour une évaluation.

La densité est cependant le paramètre qui est le plus difficile à évaluer objectivement sans analyse.

Poids de la toison à la dernière tonte

Si tu n’as pas vu l’animal en personne, cette donnée va te donner un indice de la quantité de fibre que produit l’animal ( finesse, longueur de repousse et densité confondue).

C’est une donnée qu’on doit prendre à la légère puisqu’elle n’est pas excessivement fiable.

Ne te fies pas seulement là-dessus puisque les techniques changent d’un tondeur à un autre et que ça peut faire varier le poids.

Vérifier aussi la date de la dernière tonte pour connaître le nombre de jours de repousse.

Longueur de la fibre

La longueur de la fibre de l’animal est importante pour la production de la fibre, donc ça l’est pour un alpaga reproducteur également.

La longueur est liée à la génétique, à l’âge de l’animal, mais aussi à l’alimentation.

Gros primaires (parfois poils de garde)

En plus de la donnée sur la proportion de gros primaires ou/et des poils de garde dans la toison qu’on retrouve dans l’histogramme, il est possible de s’intéresser également à la quantité de ceux-ci que porte l’animal sur son corps entier. Cela notamment parce que la section envoyée pour analyse est l’endroit où se trouve la meilleure qualité de fibre de l’animal… tandis qu’on utilise beaucoup plus de surface de fibre quand on transforme.

Le but étant d’en avoir le moins possible puisqu’ils influencent grandement le confort ressentit dans un produit en alpaga.

La conformité d’un alpaga reproducteur

Une bonne conformité, c’est beaucoup une question de proportions et de l’allure générale de l’animal.

Grosseur de l’animal, proportion des parties du corps, largeur du bassin, largeur du devant de l’animal, angle des pattes, grosseur des os, droiture de la colonne vertébrale, démarche, alignement des dents, conformité des organes génitaux… etc.

Est-ce si important ? OUI

Un problème de conformité chez la femelle, par exemple un dos arqué, influence l’angle du bassin et la capacité de cette femelle à bien mettre au monde ses crias.

Reproduire des animaux avec des incapacités ou des problèmes physiques qui ne semblent que superficiels à première vue peuvent avoir plus de conséquences qu’on ne le croit de prime abord sur leur santé à eux et leur capacité à reproduire… mais aussi perpétuer ces problèmes de santé chez les nouvelles générations !

Quelques exemples sur la conformités…

♦ Les pattes avant (vues de devant) doivent être le plus droites possible. Des problèmes de pattes vont non seulement raccourcir la vie de l’animal qui va avoir plus de difficulté à s’alimenter, mais ça amènent aussi des frais vétérinaires dans les cas les plus graves, à causes d’inflammations.

♦ On recherche un animal aux dents les plus alignées possible avec la gencive supérieure. De bonnes dents aident à une meilleure santé de l’animal, tout comme nous, puisque ce sont elles qui leur permettent de s’alimenter convenablement. Des dents mal alignées demandent aussi plus de soins (être coupées beaucoup plus régulièrement).

♦Chez les mâles, on cherche en particulier des testicules bien descendus dans le scrotum et de grosseurs égales; les défauts des organes génitaux se transmettent assez bien d’une génération à l’autre et peuvent faire en sorte de diminuer la fertilité des animaux.



Si tu as envie d’aller plus loin et d’avoir toutes les cartes en main pour mieux choisir un alpaga, je t’encourage fortement à te procurer le livre que j’ai écris sur le sujet;