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Viande d’alpaga | L’alpaga, ça se mange ?

mars 28th, 2020 by

Même s’il est possible de consommer la viande de l’alpaga, l’animal est (et restera) élevé principalement pour sa fibre (son poil) et non sa chair. 

Cette fibre dont on se sert pour les textiles est considérée d’ailleurs comme une des plus luxueuses au monde et c’est cette particularité qui nous pousse à élever et prendre soin de cet animal.

La longue gestation, la croissance qui s’étire (18 mois au minimum avant d’avoir un animal assez gros pour qu’il vaille la peine de faire l’abattage) et le faible poids d’un adulte font en sorte que ce ne sont pas des animaux qu’on élève dans le but ultime d’en faire de la viande.

Malgré tout, l’alpaga est une source de protéine d’excellente qualité si l’animal doit être réformé pour une raison ou une autre. 

Alors oui, l’alpaga se mange; cette viande est non seulement très agréable au goût, mais aussi appréciée pour ses qualités nutritives.

Dans les paragraphes qui vont suivre, on va faire ensemble un petit tour du sujet en passant par l’histoire de la consommation de la viande d’alpaga, les raisons qui poussent l’éleveur d’aujourd’hui à faire abattre une bête pour la consommation, les valeurs nutritives de la viande d’alpaga ainsi que les façons de la cuisiner.

L’histoire de la viande d’alpaga

La consommation de l’alpaga au Pérou

La consommation de la chair de l’alpaga dans les Andes fait partie de la culture et des traditions.

Traditionnellement, celle-ci est consommée fraîche, frite ou en ragoûts. 

C’est d’ailleurs aussi commun de retrouver de la viande séchée d’alpaga ou de lama, le Charqui, dans les marchés locaux péruviens. Elle est soit mangée telle quelle sans aucune autre préparation ou réhydratée pour en faire un repas.

Selon des statistiques de 2018, quelque 28 000 tonnes de viande d’alpaga sont produites annuellement dans ce pays dont au moins 80% ne le seraient pas au travers des abattoirs officiels. 

La population animale pour produire cette viande consommée au Pérou serait d’environ entre 10 et 15% de leur cheptel.

Il y a un intérêt renaissant pour cette viande là-bas; après un peu de réticence à en consommer dans les grandes villes (à cause de préjugés; parce que considérée comme «bonne pour les pauvres»), on la retrouve maintenant assez facilement dans les restaurants et les hôtels à la mode.

La consommation de la viande d’alpaga ailleurs dans le monde

Tout comme on retrouve l’animal maintenant sur tous les continents, la chair de l’alpaga est aussi consommée partout dans le monde.

En Australie, LaViandé (terme utilisé pour désigner la viande d’alpaga là-bas) est une des 4 viandes les plus demandées dans les grands restaurants. 

La commercialisation se fait d’ailleurs par ce canal à la suite des efforts dans ce pays pour mieux rentabiliser l’élevage des petits camélidés.

Aux États-Unis, l’alpaga n’étant pas considéré officiellement comme un animal à chair, la commercialisation de la viande d’alpaga est plus difficile. Cela notamment à cause du transport entre les états qui ont des réglementations différentes. 

La vente au détail se fait malgré tout un peu partout au pays malgré ces difficultés.

En Europe, l’abattage n’y est pas encore permis partout même si la viande d’alpaga et de lama y est importée pour être consommée.

La raison ? Le statut de l’alpaga au travers de ce continent y est parfois celui d’un animal domestique et non un animal d’élevage, ce qui limite son abattage.

Pourquoi consommer une telle viande ?

Les raisons principales de l’abattage de l’alpaga

Comme je le disais plus tôt; l’alpaga n’est pas élevé dans le but d’être un animal à chair. C’est donc dans une optique de réformer (de trouver une nouvelle finalité à un animal) qu’on procède généralement à l’abattage.

Que ce soit au Pérou, en Australie ou au Canada, on réforme principalement les alpagas pour des raisons financières; l’abattage permet d’équilibrer la balance. 

Qu’est-ce que je veux dire ?

Les animaux avec une moins belle fibre, un surplus de mâles / femelles non utilisés pour la reproduction ou des sujets avec une génétique / des caractéristiques moins productives peuvent devenir une lourde charge financière pour le producteur; ces animaux deviennent des boulets.

Sélectionner et réformer ces bêtes permet une rentrée d’argent supplémentaire grâce à la vente de viande. Sinon, ça peut être aussi vu comme une économie familiale quand il y a consommation de cette protéine au lieu d’une autre achetée en commerce. 

Une baisse des dépenses en nourriture / soins des animaux pour le producteur ainsi qu’un gain de temps pour mieux prendre soin du troupeau restant ont lieu par la suite.

Cette sélection permet également une amélioration sur le long terme de la qualité et de la santé des animaux du troupeau si c’est fait avec soin.

Réformer des alpagas, finalement, c’est un sacrifice pour le bien de la majorité. 

Ce meilleur équilibre budgétaire a des impacts sur la qualité de vie du producteur et de sa famille ainsi que sur la bonne santé et des soins supérieurs possibles pour les animaux restants du troupeau.

Les valeurs nutritives de l’alpaga

L’alpaga est considéré comme une chair meilleure à consommer pour rester en santé que d’autres et c’est une des raisons pourquoi elle est tant appréciée. 

Adulte, l’alpaga produit environ 60 lb de viande, soit à peu près l’équivalent d’un cerf.

C’est une viande rouge, peu persillée. 

Très maigre, cette chair est aussi tendre et certains la considèrent comme presque sucrée. Le goût est entre le veau et l’agneau. 

Belle alternative au bœuf, certains consommateurs pourraient ne pas noter de différences, en particulier si elle est servie avec des aromates au goût plus fort qu’elle.

On considère les valeurs nutritives de l’alpaga comme suit;

♦ Haute teneur en protéine (21% à 24%) et en fer.

♦ Peu de matières grasses (5,7g/100g environ) et de gras saturés (3,1g/100g environ)

♦Tout ça pour environ 150 calories par 100g, donc moins de calories que le poulet. Le bœuf en contiendrait entre 220 et 290 par 100g).

Les alpagas sont généralement élevés au pâturage; le goût peut donc changer un peu selon les conditions d’élevage et la nourriture qu’ils consomment dans les jours précédents l’abattage.

L’alpaga ne reçoit pas d’hormones ni d’antibiotiques de manière préventive; un bon point pour l’environnement et la santé humaine.

Cuisiner la viande d’alpaga

Au Québec, la viande d’alpaga se vend sous-vide et surgelée, souvent directement sur les fermes d’élevage qui détiennent un permis de vente.

On peut la dégeler en la mettant dans l’eau tiède pendant quelques heures ou au réfrigérateur toute une nuit.

Comme c’est une viande très maigre, elle doit être cuite rapidement, à feu vif. Pour un meilleur résultat, on sert les pièces rare à médium.

On laisse également reposer quelques minutes les pièces sur une assiette tiède avant de servir afin de permettre au muscle de se détendre après la cuisson.

On peut se servir de l’alpaga comme substitut dans presque toutes les recettes où on utilise du boeuf ou même du poulet.

Son goût est assez délicat pour être discret et bien s’adapter aux autres ingrédients; c’est la raison pourquoi il est aussi versatile.

Il peut être cuit de différentes façons selon la pièce; rôti, grillé, braisé, en ragoût ou frit.

Il est aussi souvent servi en tartare pour en apprécier le goût subtil et particulier.

Conclusion

Bien que l’alpaga ne soit pas un animal à chair, on retrouve de la viande un peu partout au Québec, en petite quantité.

La consommation de cette viande se fait dans le monde entier et est appréciée des fins palais. Personne ne sait cependant si sa consommation ira en augmentant ou non. Malgré tout, il est peu probable qu’elle deviennent excessivement populaire et largement démocratisée.

On a vu que la réforme des alpagas en viande permet au producteur de mieux vivre, mais aussi de mieux prendre soin de son troupeau en équilibrant les choses. C’est un sacrifice pour le bien commun même si ça reste un sujet quand même tabou pour certains.

Nutritivement, l’alpaga est une viande de grande qualité, riche en protéine, riche en fer et faible en gras. Les animaux sont élevés au pâturage, sans hormones ou antibiotiques, un plus pour l’environnement.

Elle a un goût délicat qui lui permet d’être excessivement versatile et utilisée de multiples façons.

Sources:

Peru exported 30 tons of alpaca fiber so far in 2018 | The Peruvian Alpaca Meat and Hide Industries | La viande | Nutritionix

Préparation tonte | Sur la tonte des alpagas

mai 8th, 2018 by

J’ai eu l’occasion d’entendre d’assez drôles histoires par rapport à la tonte d’alpagas avec les années.

Dans une d’entre elles, le «tondeur» lui demandait de laver son alpaga au moins 48 heures avant la tonte (déjà là, c’est risible !)… pour éviter que la tonte ne dure 5 heures ! Dans le n’importe quoi, il n’y a pas mieux !!!

Non seulement le lavage risque de faire feutrer la fibre (rendant le tout encore plus difficile à tondre), mais pourrait rendre malade l’animal puisqu’il va sécher très lentement avec toute cette fibre sur le dos.

De plus, la fibre humide se tond très mal (ce qui risque d’arriver si l’alpaga n’a pas eu le temps de sécher comme il faut jusqu’à la peau)… et non, la tonte d’un alpaga ne prend pas 5h !

La tonte des alpagas requiert des conditions qui sont très différentes par rapport à d’autres animaux.

Bien qu’il soit un peu illusoire d’enseigner ici en détail comment tondre un alpaga (il y a trop de choses à apprendre), je veux par ce texte te guider sur tout ce qui entoure la tonte de ces animaux. Ça va te permettre de savoir où tu t’en vas et de mieux reconnaître les «besogneux» en ayant un minimum de connaissances sur le sujet.

(suite…)

Pâturage multi-espèces | Le pâturage et le parasitisme

avril 5th, 2017 by

Le propriétaire d’alpagas a tout avantage à diminuer le parasitisme du pâturage utilisé par ses animaux pour qu’ils soient le moins possible la proie de petits vampires. Comme le Barberpole, par exemple, qui peut être mortel.

La qualité de la fibre étant liée à la santé des animaux et à leur alimentation, même un parasite non mortel et non traité a des impacts sur la rentabilité, les résultats d’un élevage et la santé des animaux.

Les crias développent en grande partie leur densité (qu’ils gardent à vie) avant l’âge de 6 mois; c’est aussi pendant ce jeune âge qu’ils sont également les plus susceptibles d’être parasités et affectés vu l’immaturité de leur système immunitaire et leurs habitudes de vie.

Il convient donc d’essayer le plus possible de limiter le parasitisme dans tout le troupeau, notamment pour épargner les plus jeunes, qui sont les plus vulnérables.

(suite…)

Rentabilité | 3 scénarios d’élevage à éviter dans l’alpaga !

mars 2nd, 2017 by

La rentabilité de l’alpaga est sur toutes les lèvres.

D’un sondage que j’ai effectué, 75% des gens ayant des intérêts au démarrage dans l’élevage de l’alpaga se questionnent sur la rentabilité d’une telle activité.

La rentabilité est bien réelle pour certains éleveurs, mais d’autres ont pris des chemins un peu plus tortueux et se sont enfoncés.

Pour éviter que des erreurs ne se répètent et pour le bien-être des animaux, voici 3 scénarios catastrophes à éviter dans l’alpaga.

1. L’élevage pour l’animal de compagnie et le bas de gamme; pour être certain de ne pas atteindre la rentabilité

Avant tout, un peu d’explications…

L’alpaga a un taux de naissance mâle et femelles de 50-50. C’est-à-dire qu’en moyenne, dans la population d’alpaga, il va naitre autant de mâles que de femelles.

Évidemment, ça ne veut pas dire qu’il naîtra autant de femelles que de mâles dans un troupeau donné et la quantité de naissance d’un genre en particulier en pratique peut être plus élevé.

alpaga bas de gamme
Alpaga bas de gamme dont la tenue des poils sur la tête et la forme de son museau laisse imaginer sa piètre qualité de fibre

Constat est que nous avons réellement besoin que de quelques mâles reproducteurs dans un élevage pour accoupler les femelles positivement et éviter la consanguinité.

Cela a pour conséquence que dans un soucis d’amélioration, les mâles de moins bonne qualité ont donc toujours été des laissés pour compte.

Historiquement, avant que l’abattage commence à être un peu plus d’actualité au Québec, les alpagas non désirés par les éleveurs étaient vendus comme animal de compagnie aux petites fermettes qui voulaient eux aussi partager leurs installations avec cet animal plus exotique.

Bien vite, voyant une occasion d’affaire, des gens se sont lancés dans la reproduction intensive presque uniquement pour satisfaire à cette demande. On a ainsi vu naître des usines à alpagas. 

À ces endroits, les alpagas n’y sont pas sélectionnés et accouplés pour améliorer leur qualité (ou même la conserver), mais accouplés simplement pour grossir un troupeau afin d’avoir plus d’individus de couleurs différentes à vendre.

Les défauts de ce genre de projet sont multiples. En plus d’être un modèle qui n’est pas rentable, il est loin d’être éthique.

En premier lieu, il faut comprendre que l’alpaga se reproduit lentement et que le seul cria qu’une femelle va voir naître chaque année coûte beaucoup plus cher à l’éleveur qu’aurait pu l’être d’autres types animaux.

Ainsi, quand un alpaga comme animal de compagnie bas de gamme se vend environ 500$ à 1000$, il en aura coûté plus cher au propriétaire pour le rendre où il en est dans sa vie à la vente.

Et ce manque de rentabilité va être combiné dans l’entreprise au fait qu’il ne se vend pas autant d’alpaga que de chiens et chats.

La prise de possession d’un alpaga est beaucoup plus complexe pour l’acheteur qu’un chien ou un chat. Cela rend le marché de l’alpaga comme animal de compagnie beaucoup moins gros et profitable pour ceux qui voudraient se lancer là-dedans !

Pour démontrer un peu les particularités assez précise que les acheteurs doivent démontrer pour pouvoir se procurer des alpagas, on peut mentionner qu’il faut être en zone agricole pour avoir un alpaga (qui est légalement un animal de ferme au Québec) ou avoir un droit de mini-fermette dans le zonage du domicile.

De plus, l’alpaga demande des clôtures assez hautes pour le protéger des dangers environnants (que les municipalités n’aurorisent pas toujours) et beaucoup plus d’installations qu’un chien, ce qui hausse encore les déboursés pour acquérir un tel animal.

Il est donc pratiquement impossible, vu le prix d’un alpaga bas de gamme et une clientèle si précise, d’être rentable avec ce genre d’activités.

Les alpagas à vendre comme animal de compagnie sont également de plus en plus nombreux sur les sites de petites annonces.

La majorité des éleveurs d’alpagas moyens de gamme qui font de la reproduction un peu plus sélective et qui ne procèdent pas à l’abattage en ont eux aussi beaucoup à vendre… même plus que ce qu’il est possible de vendre chaque année sur le marché des animaux de compagnie, de toute façon…

alpaga bas de gamme - rentabilité
Alpaga bas de gamme dont la dentition est aussi négligée…

Finalement, d’un point de vue éthique, l’alpaga est souvent mal compris par les nouveaux propriétaires qui n’ont aucune connaissance de l’animal ni d’aide extérieure pour les maintenir dans des conditions décentes et combler leurs besoins de base.

Puisque l’alpaga est encore méconnu, peu de ressources et de services externes existent en ce moment pour aider les propriétaires. Les gens qui vendent des alpagas comme animal de compagnie n’offrent généralement aussi pas de service après-vente ou n’ont que peu d’expertise dans le domaine, ce qui accentue le problème.

Ces mêmes propriétaires/vendeurs risquent d’ailleurs d’être plus enclins, malheureusement, à offrir le minimum de soin à leurs alpagas afin de rentabiliser le plus possible leurs activités.

Le risque pour l’acheteur de devoir payer un supplément pour faire soigner un animal de problèmes qui sont déjà présents à l’achat est donc plus élevé dans ce cas.

2. L’élevage pour la fibre brute, encore un problème de rentabilité

Il y a des gens qui se lancent dans l’alpaga avec l’idée en tête que la fibre qui pousse sur le dos de ces animaux est de l’or en barre et qu’il ont juste à se pencher pour la récolter.

Ils voient le prix des articles tricotés dans une boutique ou dans une foire et ça les motive pour démarrer dans l’élevage…

Malheureusement, ils ont oublié que le tricot qu’ils voient en boutique est une série de diverses étapes et manipulations, tout en étant beaucoup de travail.

Le filage ajoute énormément de valeur à la fibre et la transformation du fil en produit également. C’est majoritairement le travail de transformation qui augmente la valeur de la tuque ou du foulard en alpaga.

Brute, la fibre d’alpaga vaut souvent 3x rien versus le travail réel qu’elle représente en soins aux animaux et en coûts annuels;

Bien qu’ayant une plus grande valeur que la laine de mouton grâce à ses qualités, la valeur d’une toison vendue brute ne permet pas habituellement de rembourser toutes les dépenses relatives à l’animal qui l’a porté et encore moins le temps pour les soins.

Le prix de vente de la fibre d’alpaga brute est souvent calculé à la livre. Le prix dépend beaucoup des étapes de nettoyage, tri et gradation qui ont été faites sur la fibre, la partie de l’animal vendue (toison ou 1re qualité, 2e qualité, 3e qualité…), le grade de la fibre, sa qualité générale et l’entreposage (condition et temps d’entreposage).

Actuellement, les prix donnés pour la fibre brute d’un alpaga payent souvent à peine le tarif de la tonte annuelle par un tondeur professionnel !

3. L’élevage pour la vente d’animaux seulement

Raphael, alpaga huacaya fauve clair à vendre

On m’a déjà fait part de l’anecdote d’un visiteur.

Il s’était fait dire d’un foetus de cria avorté qu’il «valait» cher; les mythes nous donnent la vie dure !

À une certaine époque, je disais d’emblée combien m’avaient coûté mes animaux à qui voulait bien l’entendre, simplement pour faire comprendre aux gens que mon entreprise était sérieuse et n’était pas simplement une activité de «fin de semaine» pour moi.

Quand je parlais du prix de mes animaux ou d’animaux étasuniens qui se sont vendus jusqu’à 1/2 million de dollars, j’ai toujours eu droit à des yeux ronds et à un certain respect par la suite.

Maintenant, je mentionne moins souvent ce genre d’anecdote… parce que je me suis rendu compte que dans la tête de certaines personnes, ça contribue au renforcement du mythe que l’alpaga est un investissement comme n’importe quelle transaction boursière et que seul leur présence nous suffit.

Comme si chaque bébé naissant avait déjà une valeur bien précise parce qu’il venait d’un certain utérus et qu’il pouvait être vendu en un claquement de doigts.

Il y a une réelle différence entre:
1. Faire des investissements financiers et attendre que l’argent fructifie par lui-même.
2. Investir dans son entreprise (animaux, infrastructures…) pour être capable d’avoir ce qu’il faut pour y travailler correctement et atteindre plus facilement la rentabilité et les profits par le travail.

L’utérus, la génétique et la loterie; un excellent calcul pour établir la possible rentabilité

J’aime donner ce calcul en exemple pour faire comprendre la rentabilité possible d’une femelle alpaga par la reproduction…

Une femelle reproductrice d’une qualité et valeur de 10 000$ accouplée à un mâle d’une qualité et valeur supérieure devrait, avec un peu de chance, donner un bébé de la valeur de la femelle.

Par contre, pour y arriver, le cria doit démontrer une qualité supérieure à sa mère en grandissant (dans l’optique où la qualité générale des alpagas au Canada s’améliorent d’année en année).

La nature est ce qu’elle est et puisque la génétique n’est pas une science exacte, il se peut que le cria n’ait pas gagné à la loterie de la vie en terme de génétique donnée, malgré la valeur de ses parents; Il se peut aussi que la mère ait été malade pendant sa grossesse et n’ait pas rendu cette grossesse si fructifère avec un cria malade ou physiquement de piètre qualité.

Dans les premiers mois de vie, le cria peut également ne pas se développer correctement à cause d’une maladie, d’un stress ou d’une mauvaise alimentation.

C’est aussi une qualité que certains animaux ont d’être plus constant dans la distribution de leur meilleur potentiel génétique à leurs crias… ce n’est pas le cas de toutes les femelles et de tous les mâles !

Alors… combien de grossesses doit avoir une femelle pour rendre à la perfection cette qualité supérieure d’elle-même afin qu’un cria ait réellement sa valeur de reproductrice ?

Il y a un travail suivant l’investissement initial de l’achat de la mère et c’est ce travail qui nous rapporte. On a acheté un animal, pas des actions qui se multiplient d’eux-mêmes.

Mais que se passe-t-il si j’achète une femelle pour faire de la reproduction à 1000$? 2000$ ?  

Il y a les mêmes risques que cette femelle n’ait pas un cria de sa valeur. La seule différence, c’est qu’on joue avec de plus petits montants.

Et ces montants sont selon moi insuffisant pour accéder à la rentabilité d’une entreprise, en particulier si l’objectif est la revente d’animaux uniquement.

Je m’explique… La seule vente d’un animal à 2000$, comparativement à 10 000$, couvre plus difficilement les frais de soins de la mère et du reste de sa progéniture non vendu pendant toutes ces années d’essais-erreur, rendant le retour sur l’investissement plutôt bas, voire inexistant.

Les animaux bas de gamme et de moyenne gamme étant plus nombreux que les animaux d’élite et haut de gamme, la guerre des prix est également plus présente, rendant la revente plus difficile.

Je ne dis pas qu’il est nécessairement aisé de vendre des animaux plus dispendieux, mais la valeur du profit lorsqu’on vend est beaucoup plus en accord avec les dépenses et permet plus facilement d’atteindre la rentabilité.

Un animal ayant une meilleure qualité qu’un autre pourrait faire le travail de façon encore plus rentable pour la production de fibre EN PLUS d’être de meilleurs sujets pour la revente d’animaux…

C’est pourquoi je suggère très fortement de payer pour la meilleure qualité possible au démarrage d’une ferme.

Un marché fluctuant comme n’importe quel autre…

La vente d’animaux a également diminué depuis les dernières années; il est difficile de connaître la raison précise de ce changement, mais je parie que la valeur du dollar canadien n’est pas étranger à ce phénomène.

Dans les années 2000, la vente d’alpagas avait le vent dans les voiles. Les éleveurs de l’Ouest canadien avaient alors tout misé sur les animaux, bien peu faisant la transformation de la fibre de l’alpaga.

L’exportation vers les États-Unis d’alpagas aussi enregistrés là-bas avait alors atteint un point culminant et permettait aux éleveurs canadiens de bien vivre avec seulement comme occupation, l’élevage de leurs bêtes.

Aujourd’hui, plusieurs de ces éleveurs ont fermé leurs portes.

Le prix des animaux a aussi baissé un peu partout dans le monde.

Les excellents reproducteurs (haut de gamme et élite), par exemple, ne semble pas vraiment avoir perdu beaucoup de leur valeur (ils sont toujours recherchés pour améliorer les troupeaux), mais les animaux moyen et bas de gamme n’ont plus beaucoup de valeur parce qu’il y en a de plus en plus sur le marché.

Conclusion

Une entreprise oeuvrant avec les alpagas peut être rentable, mais il y a certaines façon de faire qui décidément ne le sont pas et qui, même, vont freiner la progression de l’industrie.

La vente d’alpagas de compagnie en est une de celles-là puisqu’en plus de nuire à la qualité de l’animal, elle mise sur une clientèle et un prix qui ne permetteront jamais d’obtenir une rentabilité.

L’élevage pour la fibre brute est aussi voué à l’échec, en particulier ici, au Québec, vu les coût plus élevés d’entretien de l’alpaga pendant la saison hivernale.

L’élevage axé uniquement sur la revente d’animaux pourraient éventuellement être une option dans d’excellentes conditions externes, comme ça a déjà été le cas par le passé. Malheureusement, ce n’est plus le cas actuellement et c’est une structure d’entreprise fragile qui ne permettra jamais de développer une entreprise sur le long terme.

Élevage | Pourquoi élève-t-on des alpagas au Québec ? Statistiques et réponses.

février 3rd, 2017 by

Les débuts de l’élevage au Québec

Un peu d’histoire et de statistiques

L’élevage de l’alpaga au Canada n’a commencé qu’en 1992, lors des premières grosses importations provenant d’Amérique du Sud, bien qu’il y ait des alpagas au pays depuis la fin des années 80.

Pour le Québec, l’élevage ne date pas de beaucoup plus loin que les années 2000.

En 2017, on comptait environ 70 propriétaires de troupeaux d’alpaga au Québec; la majorité des propriétaires n’en font pas nécessairement leur gagne-pain.

Les Québécois ne gardent en moyenne qu’une douzaine d’alpagas par ferme selon des statistiques de 2015, ce qui est relativement très peu si on se compare aux fermes péruviennes. Quelques troupeaux comptent plus de 100 animaux.

Selon le CLAA (Canadian Llama & Alpaca Association), qui s’occupe des enregistrements canadiens, il y avait un peu plus de 1000 alpagas au total enregistrés au Québec à la fin de 2015. Depuis, leur nombre a sans aucun doute beaucoup augmenté face à l’engouement pour l’animal. Malheureusement, de nouvelles statistiques manquent et tous les alpagas ne sont pas nécessairement enregistrés, rendant la progression du nombre d’alpagas difficile à évaluer.

La qualité des alpagas s’améliore également rapidement depuis les premières importations. Comme la qualité de la fibre a de grands impacts (plus que le nombre d’animaux) sur la rentabilité d’une ferme d’alpaga et sur l’avenir de l’industrie, il convient de reconnaître d’emblée la qualité de la fibre à l’achat d’animaux.

Plusieurs jugements d’alpagas sont faits chaque année à travers le Canada pour récompenser les meilleurs spécimens de la race qui y sont présentés.

Les commentaires de juges provenant d’un peu partout dans le monde sont également un aspect positif de ces grands rassemblements puisqu’ils permettent de mieux comprendre l’orientation des améliorations de la race réalisées ailleurs au pays et même un peu partout dans le monde.

Élever pour produire une fibre luxueuse; l’alpaga et la fibre qui n’a pas peur du froid

Une fibre très recherchée

L’alpaga est très bien adapté à notre climat et sa fibre, de plus en plus recherchée.

Les bas d’alpaga sont très populaires pour le confort et la chaleur qu’ils procurent. La majorité des gens vont d’ailleurs entendre pour la première fois parler de l’alpaga grâce à cet item.

Les possibilités sont très grandes pour cette fibre naturelle de qualité; que ce soit pour confectionner des accessoires d’hiver, des vêtements, des accessoires de maison… ou même des tricots printaniers.

Tricotée, tissée, feutrée ou servant de bourrure: avec une fibre aussi polyvalente en main, les possibilités sont plus nombreuses que ce qui est actuellement commercialisé.

Limités par la quantité d’animaux de qualité, le temps, les outils disponibles et/ou les services actuellement mis à disposition; il y a plusieurs raisons pourquoi il y a encore beaucoup à faire pour développer notre industrie.

Ces espaces commerciaux non comblés rend le tout excessivement intéressant pour les créatifs, les gens qui ont soif d’avenues non défrichées et ceux qui veulent innover en offrant un produit unique qui n’est pas nécessairement vestimentaire.

L’animal et sa rusticité

L’animal est assez rustique et a peu tendance à être malade.

Quand la plupart des animaux d’élevage sont à l’intérieur l’hiver dans des bâtiments chauffés, l’alpaga s’en sort facilement avec des abris rudimentaires non chauffés.

Cela occasionne moins de dépenses, mais aussi moins de coûts environnementaux.

Non seulement l’animal n’est pas trop affecté par le froid ni par la maladie, mais il a aussi une excellente digestion et mange moins que beaucoup d’autres bêtes.

Étant plus petit que d’autres types de bétail, l’équivalent de 2% de leur poids qu’ils mangent quotidiennement en foin est vraiment infime.

Ces différents aspects positifs combinés en font des animaux qui coûtent moins cher à nourrir et à soigner au quotidien que d’autres.

Investissements d’élevage moindres et démocratisation

Un des avantages de ce type d’élevage; il permet une meilleure flexibilité et moins d’investissements de la part des entrepreneurs agricoles.

Les fermes d’alpagas sont généralement à échelle familiale au pays. Ça facilite la gestion du troupeau et les changements de direction soudains dans l’entreprise.

Il est aisé pour quiconque de se lancer dans ce type d’élevage; aucune formation sur l’alpaga n’est encore donnée dans les écoles d’agriculture au Québec, mettant tous les désireux sur le même pied d’égalité au démarrage.

Ceux-ci doivent donc essentiellement s’appuyer sur des formations privées, des recherches personnelles et l’aide par mentorat d’un éleveur compétent pour progresser.

N’étant pas pour l’instant soumis à des réglementations sur la commercialisation au Québec, c’est facile pour le producteur agricole / éleveur de prendre un chemin inusité et de faire ce qu’il lui plaît pour produire, faire connaître et promouvoir son produit final.

La diminution des investissements requis pour démarrer rend cela intéressant même pour ceux qui n’ont pas de parents en agriculture; il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup de bâtiments ni de grandes terres agricoles pour démarrer et réussir dans ce type d’élevage. Il n’y a pas de quotas non plus.

Les abris nécessaires pour ces animaux résistants ne sont pas très élaborés et il est facile pour les nouveaux producteurs de tout bâtir ou d’utiliser de vieux bâtiments existants.

Les animaux étant le plus gros investissement pour ce type d’élevage, le producteur agricole décide du montant qu’il veut investir dans son entreprise par l’achat de ses animaux et les quelques accessoires qui sont vraiment nécessaires pour débuter.

L’alpaga est un animal agréable à côtoyer et à prendre soin; il n’est pas agressif et il est moins dangereux que d’autres animaux plus gros. Il est aussi assez silencieux et son fumier sent très peu; le tout occasionne donc peu de problèmes de voisinage.

Bien qu’il faille s’établir en zone agricole en suivant la réglementation en place pour posséder des alpagas, ceux-ci ne demandent aucun permis supplémentaire pour leur production.

Les options pour l’alpaga au Québec

Foulard alpaga infini pêcheur gris clair ( couleur naturelle sans teinture)

Puisqu’il y a encore peu d’alpaga au Canada, l’amélioration de la génétique et la vente d’animaux occupent encore une place importante. Malgré tout, ce n’est pas le revenu principal des fermes actuellement.

Les dernières années ont d’ailleurs fait connaître une baisse du nombre d’alpagas vendus comparativement à la dernière décennie où la vente d’animaux était alors beaucoup plus forte.

Beaucoup d’éleveurs de l’Ouest canadien qui se concentraient uniquement à la revente d’animaux ont par ailleurs fermé dans les dernières années pour cette raison.

Principalement et ultimement, on élève des alpagas pour en récolter sa précieuse fibre chaque année, à la tonte. Elle sert à faire de la laine (on doit dire de l’alpaga ou un fil d’alpaga) et des sous-produits de cette fibre (feutre, bourrure).

C’est un marché en grande progression au Québec bien que les produits confectionnés ici soient malheureusement souvent présentés aux côtés de beaucoup de produits importés de moindre qualité et moins chers. Cela ralentit inévitablement la progression du développement de l’industrie de cette fibre au Québec.

La viande d’alpaga a aussi commencé à faire sa place même s’il subsiste un certain tabou. Malgré tout, de nombreux éleveurs s’intéressent de près ou de loin à la chair de l’animal, que ce soit par curiosité ou pour véritablement commercialiser la viande afin d’épurer leurs troupeaux.

D’autres options de commercialisation sont possibles: le compost ou le fumier sont d’ailleurs appréciés des jardiniers amateurs et certains éleveurs ont commencé également à en faire la vente. L’agrotourisme a aussi la cote bien que ce ne soit pas particulier à l’alpaga et assez généralisé dans le monde agricole d’aujourd’hui.

Objectifs | 5 réflexions pour un projet d’élevage réussi !

avril 13th, 2016 by

Objectifs; viser à atteindre quelque chose nous fait littéralement vivre !

Pour l’apprenti éleveur, les premiers objectifs sont souvent ceux d’avoir sa terre ou de recevoir enfin ses premiers animaux.

Ensuite, c’est de vivre les premières naissances et de passer par dessus les premiers défis avec succès.

Quand on atteint un objectif, on est doublement motivé et notre entreprise prend du gallon. Sans défis, on finit par se lasser, invariablement.

Est-ce que faire de l’argent est un objectif ? Oui, ça peut. Mais ce n’est pas le genre d’objectif qui va te faire avancer véritablement personnellement et professionnellement…

En voici cinq autres beaucoup plus concrets et parfaitement adaptés pour réussir dans l’alpaga !

Objectifs de l'élevage d'alpaga

1. Objectif ultime; un premier but !

Comme toute autre entreprise, lorsqu’on fait l’élevage de l’alpaga, on doit avoir un but en tête si on souhaite avancer sans nous éparpiller et réussir quelque chose.

Dans le monde des affaires, on suggère très fortement de faire un plan pour mettre toutes nos idées sur papier.

Et ce «plan d’affaires» fait peur et semble souvent une corvée inutile à celui qui ne veut pas nécessairement se présenter devant un banquier (j’ai tellement été cette fille-là à une certaine époque !!!).

Pourtant, ce «plan», c’est surtout pour nous que nous devrions le faire; pour s’y référer quand on est débordé et qu’on ne sait plus où mettre nos priorités… ou pour se rendre compte simplement, dans les moments de désespoir, qu’on a pourtant avancé et qu’on a fait un bon bout de chemin depuis les débuts. Sur papier, nos buts sont clairs; en les suivant, on élimine le superflu qui rend nos journées trop folles inutilement et on se remotive  !

Tu peux commencer simplement ton «plan» par mettre sur papier cette «mission d’entreprise» (le terme exact officiel !); une seule phrase qui englobe tout ton projet. Ce n’est pas le «plan d’affaires» complet, mais un excellent début puisqu’il permet d’en faire la synthèse.

C’est ton objectif principal, ta raison d’être.

POURQUOI est la question à se sauver pour trouver ta mission. Quand tu sais ce que tu souhaites faire exactement dans ta vie (ton projet!), tu vas vouloir continuer à réfléchir et mettre sur papier comment tu vois ton entreprise, à décrire avec précision ce qu’elle est, comment tu souhaites réaliser telle ou telle chose… et ainsi remplir au complet ton plan d’affaires.

C’est le premier pas qui coûte ! Et je te rassure, c’est normal de ne pas trouver exactement cette mission d’entreprise en 2 minutes !

Une chose par contre que je te conseille fortement; ne travaille pas un plan d’affaire pendant des mois dans ton coin, c’est inutile. Tu dois toujours valider tes réflexions et pour ça, tu dois être dans l’action.

Un plan, ce n’est pas statique mais en mouvement. Pour en revenir à l’écriture de cet objectif ultime; il doit se faire en toute franchise et transparence. Ça demande de plonger en soi et de te demander ce que tu souhaites faire et ne pas faire, de reconnaître tes valeurs, tes goûts, tes intérêts et d’exprimer ta personnalité par la créativité de ton entreprise.

Tu vas vivre cet objectif que tu mets sur papier; inutile de parler d’aller monter l’Everest ou voyager pendant 1 an si tu aimes profondément le cocooning et détester quitter la maison trop longtemps… n’inscris donc pas une mission d’entreprise qui ne respecte pas tes aspirations et goûts simplement pour épater la galerie ou parce que c’est «ce qu’il faut faire pour faire de l’argent».

Oui, il faut savoir se dépasser pour être entrepreneur, mais sans se trahir.

Permets-toi de rêver à ton monde entrepreunarial idéal, mais saches que certains objectifs vont peut-être difficiles à réaliser, parfois impossibles et qu’ils ne sont pas nécessairement tous rentables. C’est la même chose dans le monde de l’alpaga; tous les projets ne sont pas nécessairement rentables.

C’est après avoir couché sur papier ses plans qu’on peut se mettre à réfléchir sur ces questions et analyser si ça vaut la peine de se lancer de cette façon; aussi bien le savoir tout de suite !

Tu as le choix d’abandonner avant de t’être épuisé à créer cette entreprise ou de modifier ton projet vers une autre direction qui pourrait te plaire aussi.

2. Quel est le nombre maximum d’alpagas que tu souhaites élever ?

Il est TOUJOURS possible de changer d’avis, tout comme il est possible de changer la mission d’entreprise de son élevage en cours de route.

Pourquoi alors se fixer ce genre d’objectif ?

Parce que les limites aident à avancer et à réfléchir. Parce que si tu te dis: «je ne monte pas le troupeau au-dessus de 25 parce que je crois que j’en aurai assez pour mon projet actuel», tu vas te demander ce que tu vas faire quand tu vas arriver à ce chiffre.

Cette réflexion t’empêche non seulement d’accumuler des animaux dans tes pâturages et de te réveiller un matin avec un problème sur les bras (monétaire et de gestion), mais peut te permettre aussi de développer de nouvelles idées et de nouveaux objectifs pour ce moment précis où tu vas avoir tes 25 alpagas.

Ça fait grandir ton entreprise davantage et permet de mieux l’enrichir… Et à la longue, de toute façon, nous avons tous besoin de nouveaux défis pour rester intéressés !

En réfléchissant, tu vas peut-être changer tes plans, mais ton objectif va déjà avoir fait son travail; celui de structurer efficacement ton élevage, t’avoir fait réaliser quelque chose et t’avoir aidé à établir de nouveaux défis !

3. Quelle quantité de fibre mes animaux porteront-ils à l’avenir ?

La fibre est le but ultime de l’élevage de l’alpaga; c’est ce qui donne la valeur à cet animal et c’est pourquoi les prochains objectifs portent beaucoup sur cette fibre recherchée.

De prime abord, ça paraît présomptueux; comme si on pouvait décider de ça, de la quantité de fibre que ses animaux vont porter ! Pourtant oui !

La densité, la longueur de repousse, la couverture de la fibre sur l’animal, la grosseur de l’alpaga… ce sont tous des paramètres que l’on peut améliorer au fil des accouplements et avec la qualité de l’alimentation. Et c’est en faisant les bons choix qu’on améliore la quantité de fibre par animal.

Pourquoi un tel objectif ? J’avoue que c’est un objectif un peu moins commun parce que la majorité des éleveurs veulent «la finesse».

Mais parce que chaque animal coûte sensiblement la même chose à entretenir et à nourrir, passer de 5 lb par animal à plus de 10lb peut éventuellement doubler les profits par animal !

Ce n’est pas un objectif proprement monétaire, mais ça a un impact sur les revenus de l’entreprise et sa croissance… tout en étant beaucoup plus concret !

4. Quelle finesse mes animaux auront-ils à 5 ans ? Quelle longueur de fibre ?

Pourquoi 5 ans ? Parce que c’est entendu que c’est vers l’âge de 5 ans qu’on peut prédire à 100% la destinée de nos alpagas au niveau de leur fibre.

Nous pouvons aussi établir à 1 an quelle finesse nous voulons avoir, tout comme celle à 10 ans, si c’est souhaité.

Nous pouvons décider d’avoir comme objectif un troupeau à moins de 25 microns à vie.

La valeur de la fibre de l’alpaga étant établie à 75-80% avec la finesse de la fibre, c’est un objectif assez incontournable comme je disais plus tôt !

La longueur, quant à elle, influence la transformation et les soins aux animaux; quand l’animal n’a plus une assez longue fibre, il a souvent besoin de soins particuliers quand il fait plus froid et sa fibre ne peut plus être transformée en fil…

De là l’idée que nos animaux aient toujours une longueur acceptable et qu’ils gardent cette longueur le plus longtemps possible ! Les particularités de nos ambitions dépendent toujours de notre objectif ultime !

5. Quel trait de caractère ou trait physique est-ce que je veux accentuer ; objectifs louables !

Les vaches d’aujourd’hui sont ÉNORMES comparativement à celles des colonies en Amérique !

Les chiens ont été sélectionnés pour leurs particularités physiques ou comportementales pour finalement créer des races distinctes.

La sélection des graines de plantes l’est pour garder les spécimens qui résistent le mieux à la sécheresse, qui donnent plus de fruits ou de plus gros fruits.

Je ne parle pas ici de laboratoires et d’une joute de scientifiques fous, mais d’une sélection pour une évolution des espèces qui existe bel et bien naturellement.

D’ailleurs, les alpagas ont beaucoup changé depuis les Incas (tout comme nous!) ! Mais c’est inutile de gérer ça, non ? Non, pas du tout !

Un alpaga qui ne donne pas de lait à son bébé parce qu’il n’en a pas et qui se reproduit pourtant à outrance risque de rendre l’élevage beaucoup plus difficile et coûteux à l’avenir… et même nuire à la reproduction de l’espèce !

Un comportement très agressif peut coûter cher en soins vétérinaires et complexifier les soins aux animaux.

Choisir de reproduire des alpagas qui ont des caractéristiques positives qui sont autres que la qualité de la fibre (sans l’oublier, bien entendu !) ne fait qu’améliorer la rentabilité de ton élevage, va peut-être te permettre de te spécialiser, mais aussi de faire profiter d’avancées à tous les troupeaux d’alpagas autour de toi !

Peut-être même que cette sélection va faire de l’alpaga un animal plus adapté à la survie !

Oui, il y a toujours des questions éthiques à se poser avec ce genre d’objectifs puisque ça a un impact très significatif autour de nous. Mais puisque ce sont les éleveurs qui prennent les décisions d’accoupler tel animal avec un autre dans un environnement qui reste limité, ces derniers sont aussi responsables du positif que du négatif qui en ressort; aussi bien que ce soit positif !

Des objectifs à la pelle !

Ce ne sont que quelques exemples d’objectifs que nous pouvons avoir comme éleveur d’alpagas, mais il y en a des tonnes qui peuvent avoir un impact sur ta spécialisation, ton élevage, ton milieu de travail comme éleveur… et ta rentabilité !

Outils | 7 accessoires essentiels pour démarrer un élevage d’alpagas

avril 5th, 2016 by

Il est difficile de faire un choix quant aux outils essentiels dans l’élevage de l’alpaga parce que chaque petit article semble tellement pratique quand on l’a sous la main au moment opportun !

Même s’il est possible de s’équiper sommairement pour environ 3000$, j’ai pourtant cumulé dans mes armoires nombre de petits «outils bonus» qui me semblent tellement pratiques !

J’ai tenté malgré tout de faire un tri pour ne garder que l’essentiel, à savoir sans quoi il est vraiment difficile de bien démarrer l’élevage et d’y être efficace.

Certains sont essentiels, mais non listés ci-dessous parce que tu vas finir rapidement par en avoir sous la main dès le début de ton élevage, comme des licous et des laisses par exemple (les alpagas vendus chez nous viennent avec leur licou et laisse).

1.Une balance

Outils essentiels | outils pour récurrer; pelle carrée, binette et barouette
Pelle carrée, binette et barouette !

Certains s’en sont passés… mais avec les risques qui vont avec !

La balance dans un monde de proie comme les alpagas est l’outil ultime pour tout savoir (ou presque !) sur tes animaux.

Il sert non seulement à monter des statistiques sur la production de fibre, mais plus important encore, à savoir si tes animaux semblent en santé… et le restent !

C’est l’outil central de ton élevage. Une perte de poids est souvent le premier indice d’un problème de santé dans un monde de proie (comme l’alpaga).

L’animal va cacher sa faiblesse jusqu’à ce qu’il ne puisse plus le faire (et souvent, il est trop tard pour sa survie quand il montre enfin sa détresse).

Une grosse perte de poids ou une perte deux mois de suite sans raison ? On commence à s’inquiéter !

Un gain de poids combiné à un (état de chair) trop élevé ? Peut-être qu’il est temps de rectifier les rations de moulée ou de vérifier le comportement de cet alpaga avec les autres quand la nourriture est devant eux…

Il y en a peut-être un autre qui pâtit de l’attitude de cet alpaga vorace. Et un alpaga trop gras, contrairement à ce qu’on pourrait penser, c’est d’autres problèmes, dont beaucoup du côté de la reproduction (taux de réussite moins élevé) ainsi qu’une fibre de moins bonne qualité.Si tu veux faire toi-même tes injections (vermifuges) ou que tu as à donner un médicament, tu vas avoir besoin assurément d’une balance pour doser la quantité à donner à l’animal… à moins de vouloir jouer à la roulette russe !

Les alpagas sont des animaux rustiques, mais qui restent sensibles à certains médicaments qui sont pourtant anodins pour d’autres espèces.

Comme je disais plus tôt, la balance sert aussi à peser des toisons…ainsi que les crias qui viennent de naître pour contrôler leur santé plus fragile pendant leurs premiers jours.

On s’assure ainsi qu’ils boivent bien à leur mère.Un petit truc facile pour peser un cria avec une grosse balance pour animaux.

  1. Embarquer sur la balance (et fermer les yeux si on ne veut pas voir son propre poids !) et mettre la balance à zéro.
  2. Prendre le cria et se peser avec lui; le chiffre qui apparaît est son poids, sans le vôtre.

Ce truc est simple et nous évite d’acheter une balance pour bébé animal dont le prix est à mon avis relativement élevé pour le nombre de fois où on peut s’en servir dans une année. «Mais est-ce assez précis pour un cria ?»

Les grosses balances sont précises au 0,1lb ce qui est amplement suffisant pour suivre une «courbe de croissance» de jour en jour.

D’ailleurs, c’est souvent beaucoup plus stressant de voir les petites variations qui sont normales (est-ce qu’il vient d’uriner, de boire du lait?) que de suivre seulement la montée constante globale du poids pour se rassurer sur la croissance.

Coût approximatif d’une bonne balance à animaux; entre 500$ et 1000$

2. Chaudières chauffantes

Outils essentiels | Chaudière chauffante
Chaudière chauffante

L’alpaga n’a pas besoin d’abris chauffés, mais l’eau ne doit pas geler pour qu’ils puissent bien s’abreuver en hiver… Les chaudières chauffantes, qui évitent simplement que l’eau gèle, sont un must.

Non seulement elles sont pratiques l’hiver, mais elles permettent de changer l’eau de place facilement pendant l’été (même à mettre dehors des abris ou à traîner lorsqu’on amène les alpagas ailleurs, comme en compétition) ce qui n’est pas le cas des abreuvoirs toujours connectés.

Oublie tous les abreuvoirs pour animaux où une action précise doit être effectuée par l’animal pour que l’eau jaillisse; ça marche rarement pour l’alpaga.

Le seul défaut de la chaudière chauffante est l’effort requis pour la remplir et la laver… mais ça !

Coût approximatif; environ 70$ par chaudière (1 par troupeau ou plus, selon la grosseur du troupeau)

3. Pelle carrée, binette et barouette

On sous-estime souvent le travail quotidien à effectuer avec les animaux et l’importance de celui-ci. Un de ceux-là, c’est le nettoyage quotidien et la gestion du fumier… Il en va de la santé de tes animaux !

Même s’il existe quelques machines qui demandent moins d’efforts (mais il faut aussi mettre la main dans sa poche (et même très creux!) pour se les procurer), l’outil de base reste toujours la bonne vieille pelle carrée, la binette et la barouette.

Et pas besoin d’être récents ou neufs pour être efficace; de toute façon, c’est là pour se salir…

4. Cisailles de jardin

Normalement, on s’en sert surtout pour couper les onglons des alpagas, mais sur notre ferme, elles ont des fonctionnalités multiples; ouvrir les sacs de moulée récalcitrants, couper les cordes des balles de foin… je finis par m’en servir non pas mensuellement, mais quotidiennement !

Ça en fait un outil pratique à peu de frais !

5. Séchoir à cheveux

Une naissance sans serviette et/ou séchoir à cheveux ? Connais pas !

Même dans les périodes les plus chaudes de l’été, le cria a aussi besoin de se sécher et de se réchauffer s’il veut survivre.

Rappelle-toi quand tu sors de la piscine; même quand il fait 25C dehors, il fait soudainement plus froid !

Pour certaines naissances, dépendant des conditions, le séchoir est plus essentiel que pour d’autres, mais on fini par toujours minimalement sécher le cria avec une serviette pour l’aider à garder son énergie.

Parfois, même si ce n’est pas nécessaire, un petit coup de séchoir à cheveux permet de donner un petit coup de main bénéfique au cria, geste qui va avoir assurément des répercussions pour les jours à venir; un cria vif est un cria qui prends plus facilement du poids et qui nous rassure rapidement sur son état de santé.

6. Gants de latex

Parce que même si nos alpagas sont tous beaux et qu’on les aime profondément, il y a des choses qu’on ne veut pas et qu’il est mieux de ne pas toucher.

Que ce soit lors des naissances avec les liquides et matières biologiques (dont le placenta qu’il faut examiner et dont il faut disposer) ou pour soigner un animal malade. Pour un petit problème de peau ou éviter les contaminations, les gants jetables style «gants médicaux» sont l’outil à avoir sous la main. Ils nous servent pendant les accouplements aussi.

Et crois-moi, si tu n’es pas friands de ces gants comme moi je l’étais au début (je ne suis pas très dédaigneuse! ), tu vas bien finir par trouver une occasion assez lève-coeur pour t’en servir, crois-moi !…

Pour les allergiques au latex, il existe aussi des gants de nitrile disponibles un peu partout dont les pharmacies.

7. Colostrum, Nutri-drench et tétines/seringue

On veut que tout se passe toujours bien lors des naissances, mais ce n’est pas toujours le cas.

Et s’il est facile de se débrouiller les jours suivant une naissance pour trouver du lait à donner au cria, par exemple, il faut toujours être prêt à donner quand même du colostrum dans les 24h si le cria n’en a pas bu.

Tout ça pour éviter le risque que ce dernier soit plus faible et plus vulnérable par la suite aux maladies. Le temps est compté !

Par chance, il est possible de s’en procurer déshydraté que l’on peut garder au congélateur.

Outils essentiels | Pritchard nipple ou tétine de latex universelle
Tétine en latex

Pour les tétines/seringue, c’est un peu la même chose; s’il tète bien avec la tétine et boit son colostrum, c’est génial… s’il ne veut pas, la seringue (pas d’aiguille, évidemment) est un sauveur !

Les tétines utilisées sont des tétines pour agneaux ou chevreaux, mais il n’est pas nécessairement évident de les faire accepter par le cria au tout début quand il cherche l’odeur de sa mère; il lui faut du temps pour s’adapter !

Les seringues ont aussi leur utilité pour les vermifuges, qu’ils soient injectables (avec aiguille) ou qu’ils doivent être donnés par la bouche (sans aiguille). Une raison de plus, donc, de toujours en avoir sous la main !

Le Nutri-drench pour alpaga est un mélange d’un riche supplément de nutriments sucré qui est absorbé rapidement pour donner de l’énergie à l’animal en détresse. Face à un nouveau-né amorphe, c’est une solution rapide pour l’aider à se remettre sur pied et avoir l’énergie nécessaire pour aller boire. Sinon, un alpaga retrouvé mal en point pourrait en avoir besoin pour récupérer. C’est un remède coup de fouet !

Il faut cependant faire attention à profiter de cette bouffée d’énergie pour aider l’animal à s’en sortir et utiliser le liquide avec parcimonie parce qu’on a remarqué un effet «élastique»…

J’aurais pu mettre le Nutri-drench dans une liste de pharmacie, mais l’urgence dans laquelle il est souvent indispensable pour aider un animal à reprendre du mieux m’a fait le placer plutôt dans cette liste d’essentiels à avoir toujours sous la main.

Cria | 3 raisons majeures de ne jamais acheter un bébé alpaga !

février 5th, 2016 by

Les bébés alpagas sont au summum du cute et dans toute leur splendeur.

Les joues touffues à souhait, la petite bouille sympathique, ils sont curieux de ce qui les entoure, ils jouent beaucoup entre eux, attirent les regards et sont aussi tout doux au toucher…

Et puis on est tellement habitués à acheter des bébés chats, des bébés chiens… quand on se lance dans la reproduction de l’alpaga ou qu’on veut transformer leur fibre, pourquoi ne pas acheter un ou des bébés alpagas pour démarrer ?

Est-ce seulement une technique pour vendre les « vieux » reproducteurs que de conseiller de ne pas acheter de bébés ? Non.

Acheter un alpaga avant l’âge de 2 ans, c’est jouer à la loterie en ce qui a trait à la qualité de l’animal en devenir et ce n’est pas des plus efficace sur le plan financier pour se démarrer un projet, loin de là.

1. Personne ne connaît la qualité d’un bébé alpaga au final

Achètes de la qualité; celui qui s’est le moindrement renseigné pour faire de la reproduction (ou de la transformation !) de l’alpaga l’aura probablement entendu plus d’une fois.

On peut regarder l’arbre généalogique de l’animal et ses ancêtres pour avoir une idée de la qualité de l’animal, mais ça ne dit pas tout; ce n’est qu’un indice de ce qu’on peut trouver dans les gènes de l’animal et les qualités tant recherchées des parents peuvent se développer… ou non.

La règle des 5 ans pour mieux prédire

La règle dit qu’on ne peut prédire à 100% la qualité du phénotype d’un alpaga que vers l’âge de 5 ans environ. Avant 5 ans, on ne le fait qu’à une fraction.

Pourquoi ? Parce qu’on a accumulé assez de matériel statistique et de visu à ce moment-là pour évaluer son développement (conformité et fibre) et prédire assez justement le développement de la toison dans l’avenir.

L’alpaga de 5 ans peut aussi déjà avoir des descendants de 2 ans, ce qui permet de prédire un peu plus encore son potentiel, cette fois, comme reproducteur.

L’âge le plus intéressant pour acheter un alpaga reproducteur est à environ 3-4 ans et à 2 ans si ce n’est que pour faire de la transformation à mon avis.

L’animal reste jeune à cet âge, mais il est déjà plus facile d’évaluer ses qualités physiques parce qu’il a passé le cap le plus critique de son développement (dont le plus grand développement de ses follicules pileux, qui va déterminer la quantité de fibre qu’il va porter).

Un éleveur consciencieux aura déjà acquis aussi beaucoup d’informations sur lui à cet âge (des histogrammes, une biopsie de peau, des statistiques, des échantillons… et l’animal sera peut-être déjà prouvé également dans le cas d’un reproducteur…).

La première toison de l’animal (celle du bébé alpaga) est, en règle générale, sa plus belle à vie (côté finesse) mais est peu lourde, parfois fragile (limitant la transformation) et souvent plus contaminée; elle n’est donc pas plus avantageuses à avoir que la 2e ou 3e toison de l’animal où l’alpaga produit alors plus de fibre qui est généralement aussi plus saine et moins contaminée.

La première toison donne un indice de base sur la qualité à venir de l’animal, MAIS… malgré une belle première toison, des défauts majeurs peuvent venir entacher la qualité des suivantes. La 2e toison est souvent beaucoup plus révélatrice.

L’évaluation du prix est difficile

Pour évaluer un alpaga, un éleveur chevronné en connaît plus qu’un jeune acheteur mais il reste difficile de mettre un prix sur un cria.

Comment va-t-il évoluer ?

Allez savoir; l’éleveur n’est pas devin même s’il décèle plus facilement le potentiel chez les alpagas et les génétiques qu’il possède qu’un néophyte dans le domaine.

Est-ce qu’il est vendu trop peu cher ou trop cher pour sa qualité ? Vendre un cria ou acheter un cria, c’est la même loterie; parfois on gagne, parfois on perd.

La différence entre le vendeur et l’acheteur, c’est que le premier n’aura plus de risque à supporter après la vente et aura fait de l’argent quand bien même ça aurait pu être plus.

L’acheteur, de son côté, va vivre avec les risques de perte et de maladie au quotidien et investir de l’argent / du temps sur l’animal acheté pendant de nombreuses années avant d’en voir un fruit.

La croissance et le développement

Nous avons parlé plus haut de la qualité de la fibre, mais…

Comment le bébé alpaga va-t-il grandir ?

Normalement, si les parents ont une belle conformité, il y a de bonnes chances que le cria en ait une belle aussi.

Personne ne peut prédire par contre ce qu’un mix génétique va donner; comme la croissance n’est pas terminée encore,  il y a toujours un risque de mauvais développement.

Il pèse moins que le minimum pour être conforme et reste tout petit à 2 ans ?
Ses testicules ne se développent pas comme il faut ?
Il ne pourra jamais être enregistré !

La fibre est une chose, mais il y a aussi des paramètres chez un reproducteur qu’on ne peut connaître qu’une fois adulte, comme la fertilité.

2. Acheter un bébé alpaga et payez finalement plus cher

Les bébés alpaga ne sont pas moins dispendieux que les adultes.

En pratique, peut-être, c’est vrai dans certains cas… en réalité JAMAIS.

Un bébé alpaga ne peut pas s’accoupler avant quelques années (2 ans chez les femelles et généralement 3 ans chez les mâles) et il faut une année supplémentaire avant de voir naître un premier cria.

Il faut non seulement donner les soins de base pendant ces années, mais aussi leur donner des soins vétérinaires quand ils vont en avoir besoin (un montant qui est difficile à prévoir).

Les risques de décès sont toujours d’actualité même si les alpagas sont jeunes; un alpaga qui meurt avant la naissance de son premier cria, c’est perdre son investissement.

Dans une façon de faire les choses; se procurer une femelle gestante au lieu d’un cria permet d’avoir un descendant de la même génétique peu de temps après l’achat, épargnant la perte totale de l’investissement en cas de décès.

Et en prime… un adulte qui se sera reproduit est prouvé, réglant le cas des risques d’infertilité génétique.

Attendre toutes ces années (et plusieurs de plus en essais) pour avoir un cria du bébé préalablement acheté et se rendre compte que l’animal est stérile; c’est frustrant ! Très frustrant !

Et même avec compensation de l’éleveur qui a vendu l’animal (s’il est encore en affaire) reste que ça ne rembourse pas les années d’attente perdues ni l’argent investi pendant ce temps sur l’animal.

3. Le bébé alpaga va changer… et parfois pas comme souhaité !

Ce n’est pas un secret; le petit cria va devenir grand et assez rapidement. Les joues se dégarnissent avec le temps, il devient plus grand et peut-être moins sympathique. S’il voulait jouer, il va vouloir bientôt passer presque tout son temps à manger et à ruminer…

Les comportements aberrants

Si le but était d’acheter un bébé alpaga pour le mettre à sa main pour des projets particuliers (comme un projet agrotouristique / de zoothérapie) ou seulement pour le plaisir de le côtoyer et de le flatter pendant qu’il est jeune… Prenez garde !

Avez-vous entendu parler du syndrome de Berseck et des comportements aberrants du lama et de l’alpaga ?

Ce syndrome du camélidé agressif (qui se voit aussi chez les lamas) rend l’alpaga, en particulier le mâle, dangereux à côtoyer une fois adulte parce qu’il va tenter d’attaquer l’humain dès qu’il en a l’occasion. Ce désordre comportemental mis au jour une fois l’animal à maturité, se développe par une trop grande imprégnation à l’humain lorsqu’il y a des rapprochements trop grand avec le bébé alpaga ou que ce dernier est isolé de son troupeau / de son espèce.

Ce n’est pas tous les alpagas qui côtoient les humains de près qui vont le développer (ou du moins, pas dans sa forme la plus sévère).

Le comportement peut être seulement embêtant dans certains cas ou à l’extrême, créer un véritable danger dès qu’un humain rentre dans l’enclos de l’animal.

Un alpaga qui connaît les règles de son espèce va être beaucoup moins dérangeant et agréable qu’un alpaga avec des problèmes comportementaux, aussi léger soit-ils. C’est donc à prendre sérieusement en considération.

Il est possible d’entraîner un alpaga et de faire beaucoup de choses avec lui, mais il est préférable de le faire quand il a appris à se comporter comme un alpaga au préalable, pour éviter ce genre de problèmes.

On ne devrait donc jamais cajoler ou tenter d’entraîner un alpaga en bas de l’âge de 7-8 mois; l’alpaga peut être aisément entraîné facilement tout au long du reste de sa vie.

Conclusion

Vous souhaitez entrer dans le vif de la reproduction rapidement et avoir rapidement un bébé alpaga ?Acheter une femelle gestante au printemps est vraiment la meilleure alternative.

5 raisons pourquoi il est préférable d’acheter un alpaga au printemps

février 2nd, 2016 by

Pourquoi acheter un alpaga au printemps ?

Les alpagas sont sales, le ménage printanier n’est pas fait (dans sa cour et dans celle des éleveurs !), le temps est bouetteux (surtout sur une ferme!) et la carte de crédit est souvent encore remplie des récents cadeaux des fêtes.

Pourtant, c’est la période de l’année la plus propice pour acheter un alpaga ! Vraiment !

Je présente ici les 5 raisons principales qui expliquent pourquoi il est préférable d’acheter un alpaga au printemps.

D’ordre économique ou qualitatif, ces raisons surpassent à coup sûr certaines des défaites qu’on peut se donner pour attendre à l’automne.

Et si l’argent n’est pas tout amassé encore pour cet achat ou que les pâturages ne sont pas prêts encore à recevoir les animaux, la plupart des éleveurs peuvent souvent offrir de financer pendant une période et de garder les animaux en pension un temps… ça permet généralement d’acheter facilement au printemps pour les recevoir plus tard l’été ou à l’automne… 🙂  

1. Les alpagas ont toute leur toison

Dans le milieu, on parle souvent de «full fleece» pour parler de cet espace-temps, vers avril, où la toison de l’animal a presque exactement une année de repousse.

C’est LE moment où il est possible de voir la qualité de la toison sur toute sa longueur (et de voir cette longueur !).

Ce n’est pas pour rien que la majorité des compétitions d’alpaga sont faites durant cette période.

Une belle longueur de repousse sur les pattes ou dans le cou ? Ça ne se voit souvent que sur l’animal parce que ces statistiques sont rarement prises en note par l’éleveur.

Attention cependant à la longueur sur les pattes; certains tondeurs gardent une bonne partie de la fibre sur celles-ci pendant la tonte ce qui pourrait fausser l’analyse au printemps suivant ! Dans le doute, on s’informe sur la façon dont ont été tondues les pattes.

La densité est une des choses qu’il est extrêmement difficile d’évaluer d’un animal, surtout si la toison n’est pas sur le corps de l’animal ! À moins bien sûr que l’éleveur ait fait faire une biopsie pour obtenir la densité des follicules de la peau vers 24 mois d’âge (ce qui est relativement rare au Canada), une visite avant la tonte est l’occasion idéale d’avoir l’heure juste et ne pas se fier à des ouï-dire avant d’acheter l’alpaga.

Certains se fient sur le poids de la fibre récoltée à la tonte pour avoir une idée de la densité de l’animal. Selon la technique de tonte et la fibre gardée dans la toison (ou non !), le résultat peut être trompeur.

Le meilleur atout de l’acheteur pour la densité reste donc, à moins d’avoir une biopsie sous la main ou de pouvoir comparer d’autres données, d’aller voir l’alpaga en personne pour l’évaluer soi-même…

La constance de la finesse ou du crimp sur le corps entier de l’animal est aussi beaucoup plus facile à apprécier quand l’animal est devant nous. Trouver le centre de la cuisse sur une toison ensachée est parfois une épreuve de force et la fibre du cou ne sera peut-être même pas disponible.

Certains éleveurs gardent des échantillons de la fibre des cuisses et des épaules en plus de la toison principale, mais c’est loin d’être le cas de tous et surtout loin d’être le cas pour tous les animaux (il faut imaginer l’espace et la gestion requise pour conserver ça pour un gros troupeau !)

2. Quand on va acheter un alpaga, on le voit mieux… tout nu ! 🙂

La tonte a lieu souvent au milieu mai, parfois un peu plus tard, selon les disponibilités et le contexte météorologique régional. Les éleveurs des régions les plus au nord sont souvent les derniers à tondre et parfois, ce n’est fait qu’en juin.

Après avoir vu un alpaga avec toute sa toison, quoi de mieux que de le voir… tout nu un mois ou deux plus tard !

Ça permet non seulement d’apprécier d’autres de ses qualités (ou de voir des défauts cachés !), mais aussi de le voir une seconde fois avec un regard nouveau.

La tonte fraîchement faite permet en premier lieu d’apprécier certaines statistiques de tonte de l’année (bien qu’il faut prendre le poids de la toison d’un alpaga avec un gros bémol, elle peut nous donner quelques indices supplémentaires sur le niveau de densité de l’animal).

Voir l’animal tondu ensuite permet une inspection plus méticuleuse de son état de chair qui est souvent plus difficile à voir quand la fibre est longue (et dense !) ainsi que son état général.

Des lésions ?
Un problème de parasite ?
On a l’heure juste !

La tonte fraîchement faite permet d’examiner plus facilement la conformité de l’animal dont celle des pattes, bien que certains tondeurs laissent parfois beaucoup de fibre sur celles-ci et rendent l’examen d’un angle un peu plus difficile à voir.

Courbure du dos ou dos bien droit ?
Largeur du devant de l’alpaga ?

Des petites choses qu’on regarde plutôt en aveugle quand la toison est présente… et qui peuvent nous conforter sur notre choix ou nous faire changer d’idée !

3. Tout frais et prêt à se reproduire

Si la transaction se conclus rapidement, il y aura peut-être un cria à peine quelques mois après l’achat (si c’est une femelle gestante).

La femelle était ouverte lors de la vente? Elle sera prête pour la saison des accouplements dès son arrivée (ou presque !) et va permettre de l’accoupler tôt (ou de l’accoupler, simplement; ce qu’on ne peut pas faire si elle est ouverte et achetée en septembre !).

Pour les éleveurs aguerris, acheter un alpaga reproducteur au printemps permet de profiter immédiatement de ses services de reproduction.

Acheter un mâle à l’automne et devoir le nourrir tout l’hiver sans avoir pu l’accoupler est un peu moins sécuritaire comme méthode; nous travaillons avec des êtres vivants et les décès sont possibles.

Un achat au printemps est donc moins risqué côté investissement puisqu’on sait qu’il va se rentabiliser certainement avec les crias à naître et qu’il n’y aura pas de mauvaises surprises.

4. Acheter un alpaga… et une toison pour commencer…

Pour quelqu’un qui est plutôt certain de lui et qui ne souhaite pas voir l’animal après la tonte (ou qui a déjà vu l’animal précédemment), acheter avant la tonte permet de conserver la toison de l’année.

En transformant cette fibre, c’est peut-être un 1000$ en profit supplémentaire sans avoir eu à soigner et nourrir l’animal toute l’année… donc un bon bonus !

5. Les éleveurs font le ménage… c’est le printemps !

Une des raisons principales et non la moindre d’acheter un alpaga au printemps… c’est le printemps !

Il y a beaucoup de changements de statut dans les troupeaux le printemps venu… Les jeunes mâles vont retrouver enfin le troupeau des grands reproducteurs (ou non !).

Les crias, s’ils étaient à part, vont rejoindre les femelles ou les jeunes mâles et vont être divisés à jamais.

Les femelles qui vont donner naissance pendant l’été sont parfois mises dans un troupeau à part pour un suivi plus serré pour la criation.

Et c’est souvent à ce moment que l’éleveur d’alpagas se rend compte qu’il commence à manquer de place, qu’il a beaucoup de femelles avec la même génétique ou qu’il va se résigner sur le fait qu’un de ses jeunes mâles ne va jamais se reproduire à la ferme malgré qu’il soit superbe parce qu’il est lié à une bonne partie du troupeau…

Le printemps est donc souvent l’occasion de dénicher des perles chez les éleveurs et souvent, ces animaux viennent à peine d’être mis en vente.

Conclusion

Que ce soit pour mieux évaluer l’alpaga devant nous ou pour profiter d’un -bonus- comme la toison de l’année ou le cria porté sans avoir eu à débourser pour l’entretien de l’animal pendant un an; il y a beaucoup de raisons d’acheter un alpaga au printemps au lieu d’une autre saison.

Et cela, c’est sans compter qu’on pourra plus facilement profiter de nos nouveaux alpagas et faire les constructions qui s’imposent pour les accueillir avec l’été qui suit.

Élevage d’alpagas | Posséder des alpagas ou les élever, un projet ou un style de vie pour vous ?

juin 16th, 2015 by

L’idée d’avoir un élevage d’alpagas ou de posséder des alpagas a beau être attirante, ce n’est cependant pas un projet pour tout le monde. 

J’ai vu trop de gens démarrer un cheptel pour abandonner le projet quelques années plus tard parce que ce mode de vie n’était visiblemement pas pour eux.

Dans cet article, pas de tapes dans le dos ou de pieux mensonges; le monde agricole n’est pas facile ni agréable tous les jours. Tour d’horizon de ce qu’il faut réellement tenir en compte.

Travail physique et manuel de l’élevage d’alpagas

foin pour élevage d'alpagas

Avoir des alpagas ou faire l’élevage des alpagas, bien que moins exigeant qu’un autre type d’activité agricole, demande un minimum de travail manuel et physique.

Avec des limitations, il est toujours possible de se débrouiller si un membre de la famille ou un employé ( attention, ce n’est pas facile à trouver ! ) peut s’occuper des tâches relatives aux animaux. Par contre, avec un employé, le projet sera beaucoup plus difficile à rentabiliser.

Au quotidien, on doit soulever des poids régulièrement (ex; sacs de moulée ou petites balles de foin), soit des poids de 30-50lb ou pousser des brouettes bien remplies lors du nettoyage (à moins d’avoir un tracteur ou des installations particulières pour s’éviter cette tâche)

Une femme seule est généralement capable de s’occuper des alpagas au quotidien.

Le travail le plus redondant (et journalier) est celui de ramasser les excréments dans les litières, de nettoyer, de nourrir les animaux et de les abreuver.

Pour certains soins directs aux animaux, par contre, il est parfois préférable ou même essentiel d’être deux; pour les vaccins, les vermifuges oraux et la coupe des onglons, par exemple, où l’un tient l’animal et l’autre donne les soins.

Dans ce cas, une personne seule doit trouver l’aide nécessaire; c’est souvent le conjoint, un partenaire d’affaires ou un ami proche/voisin qui joue ce rôle.

On peut généralement prévoir la grande majorité de ces soins, mais d’autres devront être faits rapidement et c’est particulièrement le cas avec des grossesses et des naissances (exemple; aide pour une naissance difficile, problème avec un cria qui a de la difficulté à boire et dont la femelle ne collabore pas… ). En ce sens, il est plus facile de posséder des alpagas quand on est totalement seul dans le projet que d’en élever.

La gestion du foin (engranger le foin) est aussi exigeant physiquement. Ça nous demande souvent d’être bien entouré afin d’avoir de l’aide, à moins qu’il y ait des ententes de prises avec un producteur pour que le foin soit rentré par celui-ci.

L’énergie que demande la tonte et le travail de la fibre

cours tonte alpaga - tondre alpaga toison

La tonte et le travail primaire sur la fibre sont une autre raison d’avoir une bonne forme physique.

Bien qu’il soit possible de faire venir un tondeur pour s’éviter une partie des efforts physiques, cela réduit les profits en fin d’année. Il n’est pas aisé également de trouver des tondeurs qui savent tondre des alpagas dans certaines régions (ou même qui veulent se déplacer, quand le cheptel est trop petit).

Faire la tonte soi-même permet de prendre soin des animaux à notre goût, ce qui n’est pas le cas avec le tondeur, qui va imposer sa méthode et ses façons de faire.

Envie d’avoir une proximité supplémentaire avec les alpagas dans l’année ou plus de temps pour donner des soins pendant que l’animal est attaché au tapis de tonte ? Faire la tonte des alpagas soi-même permet cette flexibilité… mais attention; faire la tonte, c’est aussi très exigeant physiquement !

Il faut se lever et s’accroupir souvent (surtout si on tond sur un tapis) et faire des efforts pour immobiliser l’animal au départ. Les muscles les plus sollicités sont les muscles du bas du dos, des cuisses et le siège.

Si on considère le besoin de rentabilité, le tri de la fibre (qu’on fait après la tonte) demande aussi une certaine dose de temps et d’énergie.

Le tri de la fibre, qui se fait derrière une table spéciale, requiert surtout de rester debout longtemps et de s’étirer d’un bout à l’autre de la table. Le bas du dos est le plus sollicité dans ce cas.

Temps disponible pour le projet

Il faut consacrer au minimum 30-45 minutes QUOTIDIEN aux soins de base des animaux selon la grosseur du troupeau.

Ici, chaque train quotidien demande entre 45 minutes et 1h15 chaque jour, pour environ 35 alpagas. Il pourrait être plus long, mais nous avons beaucoup investi de temps et d’efforts dans les dernières années pour faciliter le tout et limiter le temps passé à faire des corvées.

Périodiquement, on doit prendre un peu plus de temps pour donner des soins moins fréquents.

Par exemple;

  • Peser les animaux / couper les onglons (ici, environ 2-3h chaque mois pour 35 alpagas)
  • Donner les vaccins / vermifuges (très variable selon le nombre d’alpagas à traiter)
  • Soigner un animal malade ou blessé (très variable, encore une fois, selon les soins à donner)
  • Faire la tonte (selon la rapidité du tondeur et les soins effectués pendant la tonte, entre 5 et 40 minutes PAR ANIMAL).
Temps disponible pour l'élevage d'alpagas

Selon le projet et les ambitions, on peut consacrer facilement beaucoup plus de temps au cheptel. Que ce soit pour mieux entraîner les alpagas au licou afin qu’ils soient plus agréables à traîner ou même perfectionner les installations.

Peut-on continuer à travailler à temps plein même avec des alpagas sous nos soins ?

Aucun problème, certains le font !

Il est possible de faire effectuer certains soins par le vétérinaire, la tonte par un tondeur professionnel et avoir un employé pour diverses autres tâches. Les moulins offrent même dans certains cas les services de tri de toisons moyennant un supplément.

Comme l’animal demande des soins tous les jours, il est généralement difficile de partir longtemps sans grande planification à moins qu’ils ne soient en pension ailleurs.

C’est la raison pour laquelle certains propriétaires vont mettre leurs alpagas nouvellement achetés en pension: pour avoir la latitude qu’ils veulent pour voyager régulièrement encore un peu et continuer d’habiter en ville, le temps qu’ils s’installent en campagne.

Mais attention; moins de temps disponible pour les animaux, la gestion de la fibre ou l’élevage veut aussi dire beaucoup moins de chance d’atteindre la rentabilité un jour si c’est ce qui est désiré, à cause des frais supplémentaires.

Il convient donc de bien songer à ses buts avant de se lancer dans l’élevage d’alpagas ou la possession de ceux-ci. Celui qui travaille… ramasse l’argent !

Et il ne faut pas oublier que même en déléguant une grande partie des tâches concrètes et quotidiennes, celui du gestionnaire de projet sera toujours là; il y aura toujours des décisions difficiles à prendre pour des alpagas malades, des problèmes à gérer pour les installations et de la paperasse à faire.

Le temps de transformer la fibre de son élevage d’alpagas ou de sa possession

Fil d'alpaga lopi avec dégradé de couleurs naturelles non-teintes

La rentabilité ne sera pas atteignable en vendant seulement de la fibre d’alpaga brute; il faut procéder à un minimum de transformation des toisons et de la fibre en général pour éviter que les alpagas ne soient uniquement qu’une dépense.

Parce que l’alpaga est intimement lié à la transformation de la fibre, il faut compter ce temps requis supplémentaire dans la balance.

La transformation peut prendre différentes formes selon le projet, mais en gros;

Pour vendre la fibre en fil à tricoter, il faut au préalable la trier et l’envoyer filer au moulin ($) (ou la filer soi-même, mais c’est exponentiellement plus chronophage et demande un investissement de départ plus élevé).

Ensuite, pour avoir une rentrée d’argent plus appréciable, on peut décider de faire la transformation en produits déjà tricotés pour la vente au détail. Dans ce cas, il va falloir soit compter le temps de tricoter (ou tisser, feutrer… ) soi-même ces produits ou engager un artisan pour le faire à notre place (qui demandera de la gestion).

Finalement, que la décision soit prise de vendre le fil ou le tricot, il va falloir aussi du temps pour mettre en vente le produit final.

L’argent est au coeur de tout

L’élevage d’alpagas est un type de production agricole qui ne demande pas de grosses sommes d’argent comparativement à d’autres, pour démarrer.

Quand il est difficile pour quelqu’un d’avoir une ferme laitière aujourd’hui, au Québec, sans avoir déjà des quotas dans la famille, l’alpaga est de son côté possible pour la majorité des gens.

Cela dit, il faut quand même faire ses devoirs et être prêt à mettre un montant minimum pour avoir des animaux intéressants avec qui travailler ou posséder.

Un propriétaire qui démarre avec des alpagas qui ne respectent pas les standards de qualité de fibre d’aujourd’hui n’aura pas beaucoup de chance d’arriver à ses fins ou de débourser sans retour sur son investissement.

Ainsi, je dirais que pour un élevage d’alpagas, en bas de 15 000$ – 20 000$CAN d’investissement au total (ce qui représente 2-3 bonnes femelles reproductrices pour débuter le cheptel et un peu de matériel de base), il est probablement mieux d’attendre d’économiser un peu plus avant de se lancer.

Pour la possession simple d’alpagas, avec des animaux qui assureront un retour sur l’investissement an fonction de la fibre à transformer/vendre (et non une perte sèche), on parle d’environ 5 000$ – 8 000$CAN pour 3 alpagas et un peu de matériel de base (comme il n’y aura pas d’ajout au troupeau comme c’est le cas pour les femelles reproductrices, on parle de 3 alpagas minimum pour leur bien-être).

Et cet investissement, c’est sans compter les installations où mettre les animaux et les clôtures. S’il faut bâtir une grange et des installations, il faut considérer mettre plusieurs milliers de dollars de plus.

Le goût de l’aventure de l’élevage de l’alpaga et de sa possession

Même si l’alpaga est de plus en plus connu au Québec, l’expertise reste rare et un peu déficiente, tout comme c’est le cas pour les services/produits gravitant autour de la possession de l’alpaga (tonte, filage, moulée et minéraux spécialisés… etc.).

En ce sens, on doit avoir un certain goût du risque et de l’aventure parce que les chemins ne sont pas tous battus devant soi, comme pour un cheptel plus conventionnel.

D’ailleurs, il y a beaucoup de travail à faire pour mettre en marché ses produits, aussi basiques soient-ils, étant une industrie avec peu de structure et de mécanismes en place.

Il faut également une bonne dose de résilience parce que les choses ne vont pas toujours comme on le souhaite, surtout quand on travaille avec des animaux qui sont des êtres vivants.

Pour obtenir des réponses à ses questions, il faut parfois faire beaucoup de recherches également; par contre, les réalisations et les victoires sont proportionnellement uniques !

Pour éviter de répéter des erreurs, le soutien et le mentorat d’un éleveur déjà établi et expérimenté est un atout très précieux.

Intérêt pour apprendre et curiosité

Curieux ? Ceux qui aiment apprendre et souhaitent un projet différent sont à la bonne porte !

L’élevage d’alpagas étant généralement une petite entreprise, on doit acquérir des compétences diversifiées, autant en bureautique, en marketing qu’en soins aux animaux.

Quand on trouve les journées monotones derrière un bureau, l’élevage est alors libérateur ! Il y a diverses façons d’apprendre tout ce qu’on doit connaître, mais le plus rapide reste le mentorat, encore une fois.

Même ceux qui ne voudraient que posséder des alpagas devront s’y mettre puisque cette petite bête poilue nous fait toujours vivre de nouvelles aventures et faire face à de nouveaux défis.

Certaines rares formations sont disponibles en français, mais la majorité des formations sont en anglais. Même chose pour les livres et références.

En sachant lire un tant soit peu l’anglais, il est beaucoup plus facile d’apprendre de nouvelles choses; que ce soit en faisant des recherches ou en contactant des spécialistes un peu partout dans le monde.

Élevage d’alpagas: mener son entreprise

Les deux derniers points s’adressent plus particulièrement à ceux qui voudront devenir éleveurs d’alpagas ou avoir un projet autour de ceux-ci, et non seulement en posséder des animaux.

L’élevage d’alpagas est une entreprise comme toute autre; on doit apprendre à bien mener ses affaires pour réussir et progresser dans son projet.

Pour ceux qui ne seraient pas certains d’avoir la flamme entrepreneuriale, il faut s’assurer d’être bien entourés. Des gens d’expérience vont pouvoir aider toute entreprise à progresser et les mener plus facilement vers le succès.

Être entrepreneur s’apprend même si certaines qualités, compétences et attitudes peuvent nous aider grandement à réussir. Il est possible de développer ses compétences en entrepreneuriat en lisant sur le sujet ainsi qu’en consultant les nombreuses ressources disponibles.

Y a-t-il des étapes à suivre pour devenir entrepreneur ? Un mode d’emploi ?

Non, pas vraiment !

Certains cours se donnent dans les centres locaux de développement pour aider à acquérir certaines bases sur l’entrepreneuriat et de nombreux livres sont disponibles.

Il existe, comme dans toutes choses, plusieurs façons de se rendre du point A au point B; chaque parcours sera inévitablement unique.

La perspicacité à apprendre comment les autres ont fait pour réussir va toujours être une grande inspiration.

Et dans tous les cas, on se découvre aussi en chemin; on n’a pas d’autres choix que d’investir sur sa personne et devenir une meilleure version de soi-même. Il est difficile de réussir en affaire quand on ne connaît pas nos forces et nos faiblesses. Il faut parfois expérimenter d’autres façons de voir les choses afin d’atteindre ses objectifs.

Élevage d’alpagas et aimer les gens

porte ouverte UPA alpagas Fibrefine 2019

On s’imagine le propriétaire d’entreprise tout seul dans son grand bureau et l’éleveur d’alpagas seul dans une grande prairie à se promener entre ses animaux… Mais la réalité est toute autre !

La solitude en agriculture, c’est de n’avoir personne qui comprenne exactement ce qu’on vit ou personne avec qui le partager… point !

L’alpaga, surtout, attire les regards.

Même les fermes qui n’ouvrent pas leurs portes au public (voire ceux qui ne font que posséder des alpagas) ont régulièrement des gens qui s’arrêtent pour prendre des photos ou qui veulent venir voir les alpagas de plus près.

Avec une boutique ou en faisant de l’agrotourisme, on voit des centaines de personnes débarquer chaque année, majoritairement l’été ou lors d’événements. Parfois à l’improviste aussi et en dehors des heures d’ouverture.

Parfois ce sera de larges groupes, des fois des plus petits, mais sans arrêt. Quelqu’un qui n’aime pas le monde pourrait se sentir bien vite…envahi !

Et je ne compte pas, bien entendu, les dizaines d’appels téléphoniques par jour; beaucoup pour essayer de nous vendre une publicité, un service ou nous solliciter pour une cause. D’autres pour poser des questions sur l’alpaga, sur la fibre, sur les produits, sur les heures d’ouverture… et j’en passe !

Comme entrepreneur, on veut se rapprocher aussi d’autres entrepreneurs pour faire croître son entreprise, faire connaître ses produits et ses services ou obtenir les services d’un autre.

La vie d’entrepreneur est TRÈS sociale. En faisant calmement ses affaires dans son coin, on peut perdre des opportunités de mieux réussir et s’empêcher de voir le marché évoluer.

Conclusion

Être éleveur d’alpaga, c’est une aventure qui demande du temps, une certaine force physique et de nombreuses caractéristiques d’ouverture sur le monde et sur soi-même.

Ce n’est certainement pas toujours facile (j’ai moi-même eu des périodes très sombres !), alors il faut avoir le goût de plonger pour de vrai dans l’aventure pour éviter d’être déçu rapidement quand ça ne fonctionnera pas à notre goût.

Croyez-vous avoir les qualités requises pour démarrer et devenir éleveur d’alpagas ou du moins, propriétaire d’alpagas ?

Criation | La naissance de l’alpaga

janvier 5th, 2015 by

La criation ou la naissance de l’alpaga débute par une longue gestation. Celle-ci est en moyenne de 345 jours chez l’alpaga (11 mois et demi) mais elle peut être très facilement plus courte ou plus longue de 2 bonnes semaines.

Plusieurs de nos femelles ont une moyenne de gestation personnelle de 363 jours et une autre a une moyenne de 325 jours; c’est 38 jours de différence de gestation !

Notre record à la ferme est une gestation de 378 jours, soit de plus d’un an.

Femelle alpaga et son bébé cria une heure après la naissance
Une femelle alpaga et son bébé, environ une heure après la naissance. La mère dirige son bébé vers les tétines pour que le cria boive bien son colostrum et son lait, par la suite.

Comme nous vivons dans un pays avec un hiver froid et que l’élevage se fait normalement ici dans des abris non chauffés/tempérés pendant l’hiver, il nous faut planifier les mises bas pour la saison plus chaude (fin du printemps ou l’été) afin d’assurer la survie et le bien-être du cria. C’est d’autant plus le cas qu’il est difficile de prévoir l’événement.

Nous prévoyons généralement la période des naissances de nos crias de mai à septembre, au Québec.

Il arrive fréquemment qu’une femelle ne soit pas accouplée pour l’été suivant parce que la dernière naissance a eu lieu trop tard en automne. Dans ce cas, l’accouplement est repoussé tôt au printemps suivant pour éviter une naissance encore potentiellement plus tardive.

Nombre de bébés alpagas par année

L’alpaga n’a presque toujours qu’un seul bébé à la fois, qu’on appelle le « cria ».

La physiologie de l’alpaga fait en sorte que les jumeaux sont rares (et encore plus ceux qui survivent).

Lorsqu’il y a des jumeaux, la femelle avorte très fréquemment au début de la grossesse ou au 7e mois, lorsque tous les organes des bébés commencent à fonctionner.

Lors de naissance de jumeaux vivants, la femelle a souvent plus de difficulté à nourrir les 2 crias suffisamment et leur survie est généralement moins assurée.

Les éleveurs ne souhaitent donc pas vraiment les naissances multiples parce qu’elles sont plus risquées.

Un bébé alpaga prend de grandes inspirations pendant l'accouchement. Sa mère s'est couchée quelques instants pour se reposer.
Un bébé alpaga prend de grandes inspirations pendant l’accouchement. Sa mère s’est couchée quelques instants pour se reposer.

Le déroulement de la naissance

L’alpaga met bas assez rapidement.

On appelle la naissance de l’alpaga la « criation ».

Bien que le travail commence bien des heures avant la sortie du cria, l’étape de l’expulsion se déroule en environ 30 minutes pour les femelles d’expérience. Il faut être attentif puisqu’il est facile de manquer complètement la naissance !

Plusieurs indices nous incitent cependant à observer plus attentivement une femelle gestante qui approche de sa mise bas; des aller-retour à la litière, des « hum » fréquents et insistants, la femelle qui s’isole du reste du troupeau… etc.

La très grande majorité des naissances a lieu entre 10h00 et 14h00, ou du moins, pendant la durée du jour. Les accouchements très tard en journée présagent parfois des difficultés pour la naissance à venir.

Si le cria est dans la position optimale, on commence par voir sortir le nez et les pattes avant.

La mise bas a souvent lieu debout; cette position de la mère permet au cria d’expulser ses sécrétions pendant sa descente, en éternuant et en toussant. Une fois le bébé à terre, le placenta suit généralement rapidement dans l’heure.

Une jeune mère sent son cria après la naissance
Une jeune mère sent son cria après la naissance. Elle reconnaîtra son petit parmi tous les autres bébés alpagas et ne laissera boire que lui à ses tétines. Ces instants sont importants pour la relation entre la mère et son cria.

Après la naissance de l’alpaga

Le bébé alpaga à terme pèse entre 13 et 22 livres.

Il boit aux tétines de sa mère pendant plusieurs mois et diversifie également son alimentation en compagnie du reste du troupeau.

Pâturage, foin dans les semaines suivant sa naissance…puis granulés, autour de l’âge d’un mois environ.

On va le sevrer vers 6 mois et il pèse alors environ 70 lb, soit à peu près la moitié du poids d’une femelle adulte.

Le sevrage laisse une chance à la mère de se reposer et de se refaire des forces avant la prochaine naissance ainsi qu’au cria de prendre totalement son indépendance.

L’espérance de vie et la reproduction

L’espérance de vie de l’alpaga est d’environ 20 ans.

La femelle peut facilement avoir des crias jusqu’à un âge assez avancé bien qu’elle a souvent plus de misère à garder un bon poids pendant sa lactation.

La reproduction se fait de façon tout à fait naturelle; on ne fait pas vraiment d’insémination artificielle chez l’alpaga (le taux de réussite est trop faible encore). Les transferts d’embryons ont un peu plus de succès, bien que les essais et les réussites soient encore rares au Canada.

Il n’y a pas de chaleur chez l’alpaga même s’il y a des périodes dans leur court cycle où les femelles sont plus réceptives; les femelles alpagas peuvent donc être accouplées à l’année.

L’ovulation induite (ou ovulation réflexe/provoquée) se produit grâce à l’accouplement.

Si la femelle n’est pas prête à être accouplée ou est déjà enceinte, elle crache sur le mâle pour lui signifier son désintérêt. Si elle est prête à être accouplée, elle se couche pour laisser l’occasion au mâle de faire son travail.

Généralement, les femelles se laissent accoupler par le mâle environ 3 semaines après la naissance du bébé.

On peut confirme la gestation dans les semaines suivant l’accouplement par un spit check, en mettant la femelle en présence d’un mâle.

Si celle-ci crache sur le mâle et refuse de se coucher, elle est très probablement gestante !

D’autres méthodes sont aussi utilisées pour vérifier la gestation, comme l’échographie.

La naissance de l’alpaga en vidéo

Compétitions d’alpagas | reconnaissance et apprentissage

septembre 28th, 2013 by

Comme c’est le cas pour beaucoup d’animaux de compagnie mais aussi d’animaux de ferme, les compétitions d’alpagas existent aussi chez l’alpaga et ce, partout dans le monde.

En quels points sont-ils différents des autres compétitions animales et à quoi servent ces jugements d’animaux dans l’industrie de l’alpaga ?

Dans cet article, je ferai un tour d’horizon du déroulement des compétitions d’alpagas, aussi appelés parfois jugement d’alpagas.

competition d'alpagas - Alpaga Québec 2014

Les raisons de participer à une compétition d’alpaga

1. L’avancement de la qualité des troupeaux d’alpagas

Ces compétitions jouent pour l’élevage et l’avancement de la qualité de nos troupeaux un rôle évident; pendant un laps de temps précis que dure la compétition, un juge compare et classe les alpagas sur place pour en arriver à reconnaître les meilleurs spécimens de la race présents, ceux qui auront une plus grande chance d’améliorer les cheptels.

Bien entendu, le résultat final reste subjectif; le juge en place, les animaux présents, l’état des animaux pendant la compétition, l’humidité dans l’air et d’autres conditions externes peuvent faire varier les résultats.

Le champion mâle suprême d’une compétition n’est pas LE meilleur reproducteur connu, c’est simplement LE mâle qui a été décerné comme étant le meilleur par le juge comparativement aux alpagas en place à cette date particulière et dans ces conditions particulières.

Mais à quoi servent les compétitions si c’est si subjectif ?

Malgré cette subjectivité, reste qu’un animal qui est coup sur coup décerné champion suprême dans plusieurs compétitions et sous le jugement de juges professionnels différents n’est certainement pas un 2 de pique et mérite quand même notre attention !

2. La notoriété

La deuxième raison la plus logique de participer à ces compétitions, c’est qu’elles sont pour l’éleveur une façon de faire voir ses animaux et d’établir une certaine notoriété pour son élevage.

Bien qu’il puisse être frustrant de ne pas nécessairement finir premier, réussir à décrocher une belle place dans une classe de qualité est une façon assurée pour que les autres respectent la qualité de nos animaux et nous voit plus facilement comme un éleveur sérieux.

Plus le ruban est difficile à obtenir, plus il a de valeur, évidemment ! Un 6e ruban sur 6 n’est pas vraiment prestigieux… tout comme une 1re place gagnée quand notre alpaga est présenté seul dans sa classe et ne peut être comparé à aucun alpaga. C’est donc relatif.

Plus il y a d’animaux contre qui compétitionner et plus le ruban a une valeur.

Aussi, les comparaisons côte à côte entre animaux de fermes différentes sont plus aisées et il y est aussi plus facile de comparer nos animaux à ceux des autres sur place sans parcourir le Québec en entier.

Pour planifier des achats, c’est une occasion idéale parce qu’on peut, coup sur coup, voir certains des animaux des éleveurs et prendre rendez-vous avec lui en face-à-face pour en voir d’autres si ça nous intéresse.

3. Socialiser

Comme les compétitions réunissent une grande quantité d’éleveurs faisant exactement le même travail au quotidien, ces événements sont une place de choix pour développer les contacts et surtout, de socialiser.

Finalement, c’est un peu comme un gros 5 à 7… mais avec une activité à faire/spectacle !

On y jase souvent entre deux classes de sujets qui concernent un peu tout le monde, on y raconte des anecdotes qu’un néophyte ne comprendrait pas et on se fait des amis.

L’isolement, surtout dans le monde agricole, est assurément une faiblesse et avoir des amis dans le milieu peut améliorer notre quotidien.

4. Formation et éducation

Finalement, les compétitions ont aussi un rôle éducatif absolument nécessaire.

Pourquoi un animal a-t-il terminé 1er dans sa classe ?
Pourquoi un autre a-t-il été sorti du «ring» ?

Dire que le premier a terminé premier parce qu’il est «le meilleur» et celui qui a été sorti l’a été parce qu’il n’est «pas bon» est vraiment superficiel.

Une première place l’est parfois parce que tous les autres animaux présentés étaient moyens, d’autres fois, parce qu’un élément en particulier de sa fibre était exceptionnel comparativement aux autres animaux sur place et que le juge porte une attention particulière à ce point.

Quelques fois, la lutte est tellement serrée que les rubans peuvent s’interchanger; mais le juge doit trancher. Un alpaga sorti du ring l’est peut-être pour une question bien particulière qui fait que l’animal ne devrait pas se reproduire même si sa fibre pourrait surclasser les autres animaux présents.

D’autres fois, c’est une simple compétition particulièrement féroce dans la classe qui fait que l’animal doit être sorti. On ne peut pas donner un ruban à tous, sinon ceux-ci n’auraient plus de valeur !

Comprendre les raisons en écoutant le juge expliquer ses choix est UN des éléments éducatifs. Mais certaines fois, l’événement est aussi conjointement associé à d’autres activités éducatives comme des séminaires, des évaluations privées, des ateliers…

Et là, je n’ai pas parlé non plus de tous les apprentissages que l’on peut faire simplement en se côtoyant, en parlant avec d’autres de nos connaissances, de notre expérience, de nos lectures… etc.

Qu’y a-t-il de différent entre une compétition de vache et une compétition d’alpaga ?

L’alpaga est un animal qui n’est pas élevé pour les mêmes raisons que la vache.

Tandis que cette dernière occupe une place sur les fermes pour sa faculté à donner du lait ou à servir pour la boucherie, l’alpaga a pour principale fonction de produire une toison luxueuse qu’on récolte annuellement par la tonte.

La fibre de l’alpaga a donc une place très importante pour notre type d’élevage et elle est prise en grande considération dans les jugements.

Dans une compétition au licou, par exemple, le juge va au départ examiner la conformité des animaux avant de se concentrer sur la fibre de chaque animal présenté en ouvrant différentes sections de la fibre sur le corps (épaules, cuisse, toison principale, derrière de la tête et cou).

Il va ensuite noter l’animal sur ses particularités par rapport aux autres en place. Ce pourcentage varie selon les pays et les compétitions. Il est inscrit dans la réglementation de chacune.

Compétition: première étape

Comment faire pour participer à une compétition d’alpaga au Canada ? 

La première étape est d’avoir des alpagas au préalable enregistrés.

Pour pouvoir enregistrer au Canada, il faut normalement que les deux parents le soient à moins que le père, dépourvu d’enregistrement canadien, soit inscrit au Breed-up program, un programme d’amélioration génétique (alpaga inscrit 0%).

Certaines compétitions au Canada autorisent la participation d’alpagas enregistrés aux États-Unis sans nécessairement l’être au Canada, comme l’Alpaga fait son show, le jugement d’Alpaga Québec.

Les défauts génétiques comme avoir des oreilles en forme de banane (comme les lamas), plus ou moins de deux doigts par pied, avoir des cataractes, avoir plus ou moins de deux testicules pour les mâles, avoir plus ou moins de 4 mamelles fonctionnelles chez les femelles, être hermaphrodite… etc., sont proscrits chez les alpagas enregistrés et peuvent faire en sorte qu’un alpaga soit immédiatement sorti au début du jugement d’une classe si le juge s’en aperçoit.

Les standards de la race au Canada demandent également à ce que l’alpaga ait une grosseur minimale à l’âge de 2 ans, soit 105 lbs et une hauteur de 32 pouces.

Genres de compétitions

Il existe deux genres de compétitions qui fonctionnent différemment. Elles sont parfois associées à un même événement. Dans toutes les compétitions, c’est l’organisation qui décide de ses règles; elles peuvent donc changer d’une compétition à l’autre.

Halter ou compétition au licou; le juge note autant la conformité de l’animal qui parade devant lui que la fibre sur son dos (soit à 50-50% ou à 40% conformité -60% toison ).

Il fait un classement des animaux, donc c’est une compétition qu’on dit comparative. Le classement d’un animal va changer selon les animaux présents à la compétition. Le classement de l’animal risque donc de beaucoup varier selon la compétition auquel il participe.

Fleece ou compétition de toison; le juge note la toison qui lui a été envoyée dans un sac.

La toison est notée (pointage de 100) mais n’est pas comparée aux autres toisons (système absolu). Théoriquement donc, les toisons devraient avoir le même pointage d’un jugement à un autre. Les rubans sont ensuite distribués en commençant par les toisons les mieux notées.

Sous-genre de compétitions

Certaines dérivations des genres de compétitions et classes spéciales viennent s’ajouter pour marquer une diversité des activités de l’événement ainsi qu’une façon différente d’évaluer les animaux. Voici quelques exemples.

Composite; il y a deux façons dont sont faits les composites.

Selon les règles d’AOA, aux USA, le juge note l’animal rasé (partie comparative) ET la toison dans un sac à part (système absolu). Les scores sont comptabilisés et les places sont ensuite décernées.

Au Canada, l’animal et la toison sont généralement amenés en même temps dans le ring. Le juge va juger les deux, uniquement en système comparatif, exactement comme la compétition au licou.

Walking fleece; le juge note seulement la toison sur le dos de l’animal.

La toison est notée (pointage) mais n’est pas comparée aux autres (système absolu). C’est fait sous les mêmes règles exactement que la compétition de toison, à la différence que la toison est encore sur le dos de l’animal.

Ça permet dans un même temps de faire une compétition au licou (comparative) ET une compétition avec système absolu (walking fleece) avec le même animal, à la même compétition.

L’idée est différente que de participer à un composite parce que l’animal est évalué indépendamment dans chacune des compétitions (les résultats ne sont pas additionnés); la toison va être évaluée autant dans la compétition au licou (en comparative) avec la conformité et mais aussi dans le walking fleece (en absolu), sans tenir compte de la conformité.

Get-of-Sire ou progéniture mâle; la classe se compose d’entrées de groupes de 3 alpagas qui sont la progéniture d’un mâle avec trois différentes femelles.

Le critère principal pour juger cette classe est la similarité de la progéniture d’un mâle. Le juge doit donc déterminer quel groupe est de plus grande qualité en ayant en tête la constance de cette qualité chez les 3 alpagas présents.

Produce of Dam ou progéniture femelle; la classe se compose d’entrées d’au plus de 2 alpagas descendant de la même femelle.

Comme le Get-of-sire, c’est le groupe de plus grande qualité avec une constance entre les différents sujets qui l’emporte.

♦ Breeders Best Three ou les 3 meilleurs; La classe se compose de trois alpagas qui représentent les meilleurs sujets du troupeau de l’éleveur.

Contrairement au Get-of-Sire et au Produce of Dam, les alpagas ne sont pas notés sur leur similarité, mais bien pour leurs qualités individuelles. C’est le groupe qui a le plus de qualités combinées avec ses trois alpagas qui l’emporte.

Conclusion

Les compétitions d’alpagas, qui acceptent normalement que les alpagas enregistrés, sont organisés partout dans le monde et constituent des façons pour les éleveurs de faire voir leurs animaux, de se rassembler entre éleveurs et de mieux reconnaître la qualité de leurs alpagas, celle d’alpagas de d’autres fermes ainsi que de faire de la formation continue.

Plusieurs types de compétitions existent, employant autant un système comparatif qu’absolu pour évaluer les alpagas eux-mêmes ou leur toison.