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Camélidés | Le chameau et la survie de l’homme

septembre 4th, 2020 by

Les camélidés sont une famille du monde animal qui a traversé les siècles avec les hommes, comme c’est le cas du cheval.

Leurs premières traces remonteraient à il y a 45 millions d’années.

Ils ont permis à de nombreux hommes de survivre grâce à leur chair, leur lait, leur graisse, leur cuir et leur fibre (pour se vêtir et fabriquer du matériel), mais aussi grâce à leurs excréments (combustible, comme le charbon) et comme un moyen de transport/transport des charges.

Périodiquement, ils nous ont aussi divertis (course de dromadaire ou de chameau).

Encore aujourd’hui, les camélidés sont parmi nous, même s’ils se font plus discrets dans certains pays et dans notre quotidien. Ce qu’ils nous offrent est par contre tout aussi intéressant qu’avant, même pour les pays plus industrialisés.

Quelles sont les espèces dans la famille des camélidés ?

Camélidés d’Amérique du Sud (petits camélidés);
1.Vigogne (ancêtre sauvage de l’alpaga)
2.Alpaga (domestiqué)
3.Guanaco (ancêtre sauvage du lama)
4.Lama (domestiqué)

Camélidés d’Afrique et d’Asie (grands camélidés);
5.Dromadaire (domestiqué)
6.Chameau de Bactriane (domestiqué)
7.Chameau sauvage de Tartarie (ou Mongolie) (espèce sauvage d’environ 1000 individus)

Les pieds des camélidés; sa distinction des autres familles

Pieds d'alpagas; onglons et coussin de l'alpaga (camélidé)
Pieds d’alpaga; ceux des grands camélidés sont encore
plus larges pour mieux marcher dans le sable des déserts.

Les camélidés (dérivé de la racine du latin camelus qui veut dire «chameau») sont des tylopodes (qui signifie «pieds à coussinets» en grec).

Les tylopodes sont représentés uniquement par la famille des camélidés.

Leurs pieds coussinés sont bien particuliers; chaque doigt est recouvert par un onglon sur le dessus de la dernière phalange.

Ça leur sert à marcher efficacement dans le sable (grands camélidés) mais aussi à mieux préserver les pâturages et endroits où ils broutent.

Ces pieds sont une distinction par rapport aux autres ongulés qui possèdent aussi un nombre de doigts pair, mais dont les pieds n’ont pas les caractéristiques des tylopodes.

D’où proviennent les camélidés ?

Les plus vieux fossiles de camélidés ont été découverts en Amérique du Nord et dateraient de 40 à 45 millions d’années.

Au début, ils se présentaient sous la grosseur d’un lièvre puis d’une grosse chèvre; ils n’avaient pas le gabarit qu’on leur connaît aujourd’hui.

C’est la migration de ces spécimens vers l’Amérique du Sud et l’Asie, avant la séparation des continents au pliocène, qui a permis d’engendrer les camélidés qui subsistent aujourd’hui.

De très nombreuses espèces de camélidés se sont éteintes; en particulier en Amérique du Nord, comme c’est le cas pour le chameau occidental1 retrouvé au Yukon2 (celui de l’ère glaciaire, qui est plus parent avec le dromadaire). Diverses espèces éteintes de camélidés ont aussi été retrouvés aux États-Unis et sont plus proche parent avec les petits camélidés d’aujourd’hui.

On estime que toutes ces extinctions sont très probablement causées par une chasse intensive.

Les camélidés et leurs étonnantes capacités

Les camélidés supportent bien les extrêmes et les conditions de vie difficiles même si chacune des espèces a ses particularités propres.

Ce sont des animaux qui s’adaptent étonnement bien aux défis de leur environnement !

Le chameau et le dromadaire

Chameaux de bactriane

Le chameau de Bactriane3 (2 bosses) et le dromadaire (1 bosse), qui habitent l’Afrique et l’Asie, peuvent se passer d’eau et de nourriture longtemps.

Leur bosse est une réserve de graisse. Contrairement à de nombreux mythes, elle ne leur sert pas à s’hydrater, mais à nourrir leur corps quand la nourriture vient à manquer.

Dromadaires

L’animal peut ainsi perdre jusqu’à 100kg sans mourir.

Après une diète, les bosses contenant près de 23kg de graisse peuvent se retrouver d’ailleurs tombantes sur le côté de l’animal. Un animal avec des bosses bien droites a plus de chances d’être bien nourri et en santé.

Chameau avec bosses tombantes

Ces bosses, en plus de servir de réserve calorique, constituent aussi un isolant contre le froid et la chaleur du soleil sur l’échine dorsale sans gêner la régulation thermique de l’animal.

Pour l’hydratation, c’est plutôt la rétention d’eau grâce au fonctionnement méticuleux de leur intestin (qui laisse passer peu d’eau dans les selles) et des reins (qui filtre minutieusement et rend ensuite l’eau au corps) qui leur permet en grande partie de passer autant de temps sans boire.

Ces grands camélidés peuvent survivre à une perte qui va jusqu’à 40% de l’eau de leur corps contrairement à d’autres animaux où 20% de perte d’hydratation amène la mort.

Lorsqu’il boit enfin, il peut absorber plus d’une centaine de litres d’eau en quelques minutes. Amaigri par le manque d’eau, il retrouve après coup une condition physique normale dans la demi-heure.

Des pattes larges pour ne pas s’enfoncer, des narines obturables (qui se ferment) et une double rangée de cils pour contrer les tempêtes de sable ainsi que des callosités aux genoux et au torse (qui leur permettent de se coucher sur du sable brûlant) font d’eux des animaux bien adaptés au désert et à ses difficultés.

Dromadaires avec les hommes

Les chameaux et les dromadaires ont été (et sont toujours dans certaines régions du monde) utilisés comme animaux de trait (déplacements) ou laitier. Leur chair est aussi consommée et ils servent aussi au divertissement (course de chameaux ou de dromadaires).

Le chameau a une fourrure beaucoup plus abondante que le dromadaire, et de ce fait, le sous-poil sert parfois à la confection de vêtements bien que la transformation soit marginale de nos jours. Le chameau peut supporter des températures excessivement froides grâce à cette toison (qui mue au fil des saisons contrairement à l’alpaga et au lama qui demande plutôt d’être tondu pour en être libérés).

La seule population de dromadaire sauvage est… en Australie, où ils ont été introduits au 19e siècle comme animaux de trait et pour cartographier des zones reculées. Avec la venue de l’automobile, ils ont été abandonnés et laissés à eux même.

Sans prédateurs dans cette région du globe, ils pullulent maintenant et s’apprêtent à rendre certains déserts d’Australie (qui ne sont pas tout à fait aussi désertiques qu’on s’imagine) en véritable désert à cause des besoins alimentaires et en eau de l’immense population actuelle.2

Le gouvernement australien tente de contrôler cette population par l’abattage tandis que d’autres croient que ces dromadaires devraient plutôt être utilisés à une production laitière4 ou être exportés5 encore plus massivement dans d’autres pays où ils seraient les bienvenus.

Chameau sauvage de Tartarie

Le Chameau sauvage de Tartarie (parfois aussi appelé Chameau de Mongolie) se distingue du Chameau de Bactriane par 3,5% de différence au niveau génétique.

Il a été déclaré officiellement, après 5 ans de recherche ADN, comme une espèce à part entière en 20086.

Ce chameau sauvage peu populeux (environ 1000 individus) habite dans une petite portion du désert de Gobi, près de la Chine et du Tibet.

Dans certaines régions, ce chameau a la particularité de pouvoir boire une eau presque saturée en sel (on parle d’une concentration de sel supérieure à l’eau de mer !).

Ces populations ont également survécu à 43 essais nucléaires avec une puissance supérieure à la bombe d’Hiroshima dans la région de Lob Nor.

La région de Lob Nor

Même si dans certaines régions de Mongolie, ce chameau vit une vie moins difficile qu’à Lob Nor, l’activité humaine (mines illégales) et les loups les menacent malgré tout.

On tente aujourd’hui de préserver cette espèce qui est aussi facilement hybridée, ce qui nuit à sa conservation.

Les camélidés sauvages d’Amérique du Sud; vigogne et guanaco

Les camélidés d’Amérique du Sud vivent dans de hauts plateaux des Andes où l’air est plus rare, où les rayons solaires sont plus agressants qu’au niveau de la mer et où il subsiste de bonnes variations de température entre le jour et la nuit.

Vigogne petits camélidés
Vigogne, petit camélidé d’Amérique du sud et ancêtre de l’alpaga.

Le guanaco et la vigogne sont les ancêtres sauvages respectifs du lama et de l’alpaga.

Ils ont une fourrure beaucoup moins longue et épaisse que ces derniers.

Guanaco camélidés
Guanaco, petits camélidés d’Amérique du sud et ancêtre du lama

Malgré que ces deux petits camélidés soient aujourd’hui protégés, l’homme contribue grandement à l’extermination de nombreux petits cheptels à cause de la chasse illégale pour la fibre (fibre qui est réputée et recherchée partout dans le monde).

Les camélidés domestiques d’Amérique du Sud; le lama et l’alpaga

Le lama et l’alpaga ont longtemps été vus comme descendant du même animal (guanaco) jusqu’à ce que la vigogne, qui était auparavant mise à part, soit officiellement reconnu comme étant l’ancêtre de l’alpaga.

Les lamas et les alpagas vivent dans les mêmes conditions temporelles extrêmes que la vigogne et le guanaco, mais en compagnie plus étroite avec les hommes.

Le lama sert traditionnellement en Amérique du Sud à transporter les charges et à se nourrir tandis que l’alpaga sert à se vêtir et à se nourrir.

La fibre de l’alpaga y est aujourd’hui commercialisée à grande échelle à travers le monde.

Sources: 1. Chameau occidental | 2. Chameau occidental | 3. Chameau de Bactriane | 4. https://www.youtube.com/watch?v=ZagiXhmrEjU \ https://www.youtube.com/watch?v=uhh9DWF4Ius | 5. Milking camel \ Australian Camels exported to Gulf States | 6.Wild Camel Protection Foundation \

Vigogne | Ancêtre de l’alpaga et douceur ultime

mai 17th, 2016 by

La vigogne (Vicuña), est l’ancêtre de l’alpaga. Elle subsiste toujours dans son environnement naturel.

Qu’est-ce qui fait de la vigogne un animal si intéressant ? C’est un des animaux qui a la fibre la plus douce au monde, soit une finesse de 10-13 microns; c’est plus doux que l’alpaga actuel.

Sa toison est encore plus recherchée que celle de l’alpaga et les articles en fibre de vigogne (aussi appelé carmeline) sont excessivement dispendieux !

Un chandail se vend environ 4200$CAN, un manteau 44 000$CAN et une écharpe 1700$CAN !

Cela est dû à la qualité de la fibre, évidemment, mais aussi à sa rareté puisqu’elle n’est disponible qu’en TRÈS petites quantités.

La vigogne

Plus petite que l’alpaga (1,30m à la tête pour 1,50m chez l’alpaga) la vigogne est aussi plus délicate.

Toujours de couleur brune, elle a le ventre, le dessous de la queue et l’intérieur des pattes plutôt blanchâtre.

Sa fibre est beaucoup plus courte que cette de l’alpaga (environ 3 cm), ce qui équivaut à environ 250g à 400g de fibre par animal (dont 150g de très haute qualité qui pourra être transformée… on est loin des 5lbs de l’alpaga!).

On note certaines différences régionales, puisqu’en Argentine, certaines vigognes ont une fibre un peu plus claire et plus longue, mais en moins grande quantité.

La vigogne vit en altitude élevée, sur les plateaux andins. Les groupes sauvages se composent d’environ 20 individus qui se réunissent la nuit venue; un mâle, des femelles et leurs petits.

Le petit de la vigogne reste 1 an avec le groupe avant d’être chassé pour rejoindre d’autres groupes; ça évite ainsi la consanguinité.

Passée près de s’éteindre il y a quarante ans avec seulement 5000 à 6000 têtes restantes, la population est maintenant d’environ 220 000 spécimens dont la majorité est au Pérou dans des zones à plus de 3500 mètres d’altitude. On estime qu’à l’époque des Incas, la population atteignait plus d’un million d’individus.

La vigogne était à l’époque surtout chassée pour sa viande et pour son cuir duquel on prélevait la fibre. L’homme est son principal prédateur avec le puma et le condor.

Protégée depuis 1976 et interdite de chasse à cause de la décroissance rapide des populations, le commerce de la fibre de la vigogne a également été stoppé puis a finalement repris son cours en 2002 avec des règles plus strictes, des zones protégées, des soins aux animaux et des recensements.

Mâles vigogne se battant

Chasse illégale

De nos jours, ce petit camélidé est pourtant quand même victime de chasse illégale et celle-ci fait des ravages dans les populations.

Plus de 5000 vigognes sont estimés avoir été tuées pour leur fibre au cours des huit dernières années (de 2008-2016).

Certains pays latino-américains ne reconnaissent pas la chasse illégale comme un délit sérieux et n’incitent pas au respect de la loi sur la protection des espèces.

De leur côté, les populations locales, par peur de représailles, ne dénoncent pas non plus auprès des autorités les chasseurs illégaux qui tuent pour raser sans procession les vigognes.

Les effectifs pour protéger la race sont en nombre insuffisant et les caractéristiques géographiques des régions n’aident pas non plus. Des représentants de groupes de protection ont même été menacés en 2017 par des chasseurs illégaux; ça joue dur !

Et comme la chasse illégale est profitable… tous les incitatifs sont là pour que les chasseurs continuent leur massacre. Les autorités trouvent encore périodiquement des groupes de 100-200 vigognes abattues et rasées.

Chaccu

Traditionnellement, la vigogne est capturée vivante et rasée par les indigènes tous les 2 à 3 ans dans ce qu’on appelle le chaccu (annuel). Dans ce rituel, les troupeaux sauvages sont rabattus vers des enclos avant d’être tondus puis ensuite relâchés.

Cérémonies et fêtes font partie du chaccu. Cette chasse traditionnelle est encouragée par les autorités qui protègent la vigogne et souvent organisée par des organismes sans but lucratif puisqu’elle participe à l’économie des populations andines qui sont les plus propices à vouloir ensuite mieux protéger l’animal qui leur apporte un bénéfice durable.

La présence et le travail des ONG empêche les gros groupes textiles d’utiliser les populations comme des employés dans cette chasse, ce qui pourrait amener probablement une recrudescence du braconnage.

Brute, la fibre de la vigogne rapporte entre 300-650$USD par kilogrammes aux populations locales.

Le Pérou exporte maintenant légalement 80 tonnes annuellement de fibre de vigogne.

En 2006, Coprovic a instauré des conditions d’élevage en semi-liberté préservant plus facilement l’espèce et la récolte de la fibre par les populations locales.

Carmeline ou fibre de vigogne

Les articles en carmeline sont pratiquement toujours laissés à leur couleur naturelle; les processus chimiques sont mal supportés par la fibre qui perd douceur et brillance.

On en fait beaucoup de manteaux, de jetées et de chandails, bien que les accessoires aient aussi la cote. 

La maison Scabal, avec l’aide de scientifiques, est parvenue à teindre le tissu de vigogne en bleu et en noir en 2000, ouvrant la voie à de nouveaux produits.

Paco-Vicuñas

Les paco-vicuñas sont en fait des hybrides entre alpagas et vigogne qui serait probablement survenu quand des mâles vigognes se seraient accouplées avec des femelles alpagas, il y a de nombreuses années.

Intentionnellement, ce n’est qu’en 1840 que ça a été fait, afin d’aider à l’amélioration de la finesse dans l’alpaga.

Plusieurs projets ont vu le jour avec les années, mais sont toujours tombés à l’eau faute de ressources.

Comme les gènes de la vigogne se diluent dans l’alpaga après 3 générations seulement, l’approche de ces éleveurs est maintenant de considérer l’hybride 50-50 comme une nouvelle race et de les accoupler entre eux seulement.

Les paco-vicuñas ont les caractéristiques principales de la vigogne au niveau de la finesse, mais présentent une fibre plus longue avec moins de poils secondaires que cette dernière. Ils sont légèrement plus petits que les alpagas (une femelle moyenne pèse 135 lb comparativement à 150 lb pour l’alpaga).

La fibre pousse entre 1 et 4 pouces par année (comparativement entre 2,5 et 7 pouces chez l’alpaga).

L’aspect de la fibre est aussi différent puisque la fibre pousse moins en mèches et que le crimp est aussi différent. La densité est une des forces des paco-vicuñas (venu de leur parenté avec la vigogne), mais par contre, ils héritent aussi d’une bonne quantité de poils de garde (toujours provenant de la vigogne), accentuant les pertes au moulin.

Une dizaine de fermes en font l’élevage aux États-Unis et le troupeau total serait d’environ 600 animaux…

L’idée de ces hybrides est de garder la finesse de la vigogne tout en augmentant la quantité de fibre (longueur surtout) et en diminuant le poil de garde… une méthode qui amène beaucoup de scepticisme de part et d’autres quant à sa réussite.

Sources: Les conséquences sociales du trafic | Wikipedia | Le luxe fragile | Chaccu | La laine des dieux / carmeline | paco-vicuña

Origine | D’où vient exactement l’alpaga ?

septembre 10th, 2013 by

Les pays d’origine

L’alpaga (vicugna pacos), comme tous les petits camélidés (alpaga, vigogne, lama et guanaco), a comme origine l’Amérique du Sud (Pérou, Bolivie, Chili, Argentine…) bien qu’il y en ait maintenant partout à travers le monde.

Les pays d’origine détiennent la plus grande population qui se chiffre à plusieurs millions de têtes. Ce sont eux qui produisent également la plus grande quantité de la fibre d’alpaga qu’on retrouve dans le monde (autour de 6500 tonnes produites par année).

On ne retrouve pas d’alpagas à l’état sauvage; c’est un animal d’élevage depuis des millénaires.

Certaines images artistiques illustrant l’alpaga et des restes de textiles appartenant à la civilisation Moche ainsi que d’exceptionnels manteaux de coton et de fibre de camélidé pour recouvrir les morts produits par la civilisation de Paracas entre le 7e sièce et le 5e siècle av. J-C a fait preuve de la présence des camélidés et de l’utilisation de leur fibre depuis fort longtemps.

Histoire de l’alpaga et de sa fibre

Surnommée la « fibre des dieux » par les incas, la toison des alpagas était réservée à la noblesse qui chérissait et glorifiait ces animaux.

Après l’arrivée des conquistadors en Amérique du Sud et la conquête de l’Empire Inca par les espagnols, vers 1532, l’immense population d’alpaga a rapidement décliné au point de presque disparaître.

Les espagnols, ayant amené avec eux leur bétail (dont les moutons) et boudant les élevages locaux, ont chassé les alpagas des meilleurs pâturages (lesquels se sont par ailleurs dégradés avec l’arrivée du nouveau bétail).

Énomément de petits camélidés ont été abattus en masse pour la viande et aussi, vraisemblablement, uniquement parce que le peuple envahi les voyaient comme un signe de prospérité et culturellement importants.

L’altitude des hauts plateaux a alors été un refuge pour une petite population d’alpagas et leurs alpaqueros, dans des conditions beaucoup plus arides et où les moutons ne s’aventuraient pas.

Pour avoir des animaux plus gros et une plus grande quantité de fibre / viande par animal dans ces temps difficiles, l’alpaga a été souvent par la suite négligemment sélectionné en tenant compte de sa grosseur et/ou croisé au lama (plus gros). Ça lui a fait malheureusement perdre au passage une partie de sa douceur originelle. On travaille aujourd’hui partout dans le monde à retrouver la qualité exceptionnelle d’origine, du temps des Incas.

De nos jours, l’alpaga est élevé essentiellement dans les montagnes et l’altiplano, entre 3000 et 5000m d’altitude. Il est habitué à des conditions de vie assez arides par moment (grands écarts de température, pâturage à faible repousse et/ou peu protéiné…).

Le Pérou a développé une réelle industrie avec la fibre de l’alpaga, avec de grosses fermes commerciales qui fournissent de larges industriels.

Même si les fibres y sont de plus en plus triées selon leur douceur, ce qui n’était pas nécessairement le cas par le passé, la majorité des exportations qu’on retrouve sur le marché actuellement sont de grade péruvien -bébé alpaga- (baby alpaca) ou inférieure. La qualité -bébé alpaga- ne provient pas nécessairement des bébés, n’est pas rare et pas la plus douce non plus, contrairement à ce qu’on entend parfois.

Dans cette industrie péruvienne, les indigènes alpaqueros, sont malheureusement toujours pauvres; les profits sont inégalement distribués et généralement récoltés par les intermédiares.

Les changements climatiques pourraient devenir la prochaine grande menace pour ceux-ci et leurs alpagas; ayant de moins en moins de précipitations, les herbes se font plus rare et de moindre qualité, poussant les alpaqueros à monter toujours plus en altitude pour alimenter les troupeaux, dans des conditions encore plus difficiles. Beaucoup n’ont pas les moyens de construire des abris pour protéger leurs animaux des intempéries ni pour fournir aux animaux les soins qu’on a le potentiel de donner au Canada.

Les alpagas que vous côtoyez au Québec sont nés au Canada ou, plus rarement, aux États-Unis. Les alpagas sont des animaux enregistrés ici et l’importation en provenance du Pérou est maintenant pratiquement impossible…